Histoire naturelle
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La charité enseignée par les insectes

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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Aperçu sur la végétation du monde primitif
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LA CHARITÉ ENSEIGNÉE PAR LES INSECTES.

Il y a quelques années, à mon retour d'une excursion champêtre, je mis dans un flacon rempli d'eau des agabes, et je les laissai pendant plusieurs jours abandonnés à eux-mêmes. Bien que ces petits êtres soient très voraces de leur nature, et qu'ils dussent avoir faim, aucun d'eux n'attaquait son voisin et ne pensait qu'il est permis de se nourrir aux dépens de ses pareils. C'était, il faut l'avouer, déjà beaucoup; l'héroïsme humain ne va pas toujours jusque-là.. . Cependant je devais assister à des scènes plus intéressantes. Etant à considérer mes hôtes, j'en remarquai un vers le fond du vase, qui, la tête en bas, et l'abdomen placé presque verticalement, semblait faire de vains efforts pour se déplacer. Soit oubli, soit faiblesse, il était resté trop longtemps avant de renouveler sa provision d'air, et son corps alourdi ne pouvait remonter a la surface. L'asphyxie commençait selon tonte apparence ; l'animal allait périr. Ses camarades s'en aperçurent, et trois ou quatre, le prenant vivement par les pattes, lui firent traverser la colonne liquide, afin de mettre ses stigmates en contact avec l'atmosphère. Là, le malade ayant respiré un instant reprit ses forces et sa vigueur ordinaire, puis il redescendit joyeusement, précédé de ses charitables compagnons.

Ce trait me surprit tellement que, dans le moment qui suivit mon observation, je doutai de sa réalité, et il en fallut une nouvelle pour me convaincre que je ne rêvais pas. Depuis, j'ai joui plusieurs fois de ce curieux spectacle que m'ont aussi offert les dytiques ; j'ai même constaté chez les uns et chez les autres, un second fait qui est comme le complément du premier.

Un agabe ou un dytique vient-il à mourir, ceux qui restent essayent aussitôt de le rendre à la vie. De nombreuses et inutiles tentatives ne les découragent point. Ils remontent sans cesse au-dessus de l'eau le corps inanimé du défunt, et font à chaque ascension une sorte de halte, environ le temps qu'exige la respiration pour se rétablir. Croyant avoir sauvé leur frère, ils l'abandonnent à lui-même : le cadavre retombe et demeure inerte ; ils le saisissent de nouveau et répètent leur manoeuvre sans plus de succès, sans moins de persévérance. Lorsque la fatigue les accable, ils se reposent, mais dés qu'ils se sentent assez forts, ils reprennent leur tâche et la continuent longtemps encore.

S. de Prinsac.

 

 

 

  


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