Histoire naturelle
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Quelques réflexions sur l'utilité de l'entomologie

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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QUELQUES REFLEXIONS SUR L'UTILITE DE L'ENTOMOLOGIE ET DE L'ÉTABLISSEMENT DE JARDINS ENTOMOLOGIQUES.

Le goût de l'histoire naturelle devrait être plus répandu qu'il ne l'est aujourd'hui. Après avoir collecté maintes petites bêtes, on finit par désirer les mieux connaître, par vouloir s'initier aux moeurs si frappantes de ces êtres, à leurs instincts souvent si prodigieux, puis par vouloir les apprécier au point de vue de leur utilité, ainsi que des dégâts qu'ils peuvent causer. L'entomologie est intimement liée à l'ornithologie et à la botanique. Rien n'est nuisible dans la nature, pourvu que l'équilibre primitif soit conservé; entre la nature animée et inanimée, il y a des affinités merveilleuses. Un élément prédominant dans cette dernière peut aider au développement de l'animal ou de la plante, tout aussi bien qu'il peut concourir au dépérissement de l'un ou de l'autre, ou de l'un par l'autre. Le dépérissement ou l'appauvrissement des plantes peut aussi contribuer à la propagation de vermines qui jusqu'alors étaient étrangères aux plantes dans leur état normal et sous l'influence de leur climat propre. D'un autre côté, on prouve facilement, et par de nombreux exemples, que si la nature s'oppose souvent à une trop grande multiplication de certains insectes, elle prend, par contre, les plus ingénieuses précautions contre la disparition complète des espèces qui sont nos plus grands ennemis. Cela provient de l'état artificiel dans lequel les besoins de l'humanité entretiennent la nature autour des habitations humaines. Pour lutter, que nous a donné Dieu ? — Beaucoup : l'intelligence. Quel parti en tirons-nous ? Cela dépend du libre arbitre de l'homme, et c'est pourquoi sa sagesse est méritoire.

Quand ces charmantes petites bêtes sont mûres pour la lutte, la nature les abandonne à leur instinct de conservation, leur unique force. Mais si leur propagation devient trop envahissante, des ennemis naturels seront la pour les exterminer. C'est à nous à savoir profiter de tout, à tout discerner et à tout peser pour faire prospérer nos cultures suivant nos besoins. L'insecte au repos est naturellement faible; vous avez sans doute remarqué que, dans cet état, presque tous ont une telle identité avec l'objet sur lequel ils dorment, qu'il est difficile de les en distinguer. Le papillon vulgairement appelé Aurore « Tachyptera aurora » se repose habituellement sur les fleurs de persil sauvage, et a, pendant son repos, ses ailes parfaitement fermées, de sorte que l'on n'en voit plus que le dessous dont le dessin a une analogie si complète avec le persil, qu'il faut, le soir, une attention soutenue pour arriver à distinguer le papillon de la plante.

Les chrysalides, plus exposées que les papillons à des attaques multipliées, ont la propriété de photographier sur leurs enveloppes la couleur du milieu où elles attendent leurs métamorphoses. La même chrysalide sera brune, suspendue à un mur coloré de brun, ou verte derrière une treille. D'autres encore ont des couleurs d'or ou d'argent qui les défendent contre les oiseaux ; ceux-ci les prennent peut-être pour un morceau de métal. Les exemples sont nombreux, mais je me bornerai à ceux mentionnés ci-dessus, et dont il est facile, d'ailleurs, de faire l'expérience. L'intelligence doit nous guider pour nous faire profiter de tout, et l'observation la plus oiseuse en apparence peut nous devenir excessivement utile.

Un entomologiste, M. Déforge, m'en causait souvent dans de charmants entretiens. C'est de ces conversations à bâtons rompus qu'est née l'idée de créer des jardins entomologiques dans des localités qui s'y prêteraient favorablement. Il faudrait, pour cela, disposer chaque groupe de plantes, de manière à ce qu'ils répondissent à un groupe d'insectes qui y seraient attirés par le besoin de trouver les moyens de subvenir à leur existence. N'aurait-on pas de cette manière sous ses yeux les insectes phytophages, leurs parasites, ainsi que les carnassiers qui y viendraient, attirés par une proie facile à saisir? Les oiseaux eux-mêmes seraient pris en fonction d'utilité. Quelles révélations curieuses pour la science; quel enchevêtrement de preuves, de faits et de déduction! Ne croyez pas, comme me le faisait observer M. Desmarest, secrétaire de la Société entomologique de France, qu'une grande dépense serait nécessaire. Il suffirait de beaucoup de bonne volonté. Il faudrait diviser ces expériences par localités; le fractionnement ici, comme en pisciculture, donnerait de meilleurs résultats qu'un établissement modèle, presque chimérique pour l'entomologie appliquée. Beaucoup d'entomologistes n'ont-ils pas un jardin, si modeste qu'il soit? Puis quelques loisirs pour cette besogne si récréative ? Je ne dis pas qu'après quelques difficultés surmontées par une pratique journalière, l'on n'arriverait pas à faire servir les jardins botaniques aux travaux qui nous occupent en ce moment. Mais ceci ne serait fait que pour l'instruction d'un public que l'on voudrait initier à ses intérêts.

Colmar. A. Claudon.

 

 

 

  


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