Histoire naturelle
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De la respiration végétale

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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DE LA RESPIRATION VÉGÉTALE.
(Suite et fin.)

Les expériences du même savant prouvent que les organes souterrains sans chlorophylle respirent comme les organes non verts. Si l'on place, par exemple, une racine dans un récipient rempli d'oxygène, elle absorbe une quantité de ce gaz qui varie avec son volume, en éliminant un volume d'acide carbonique un peu moindre que celui de l'oxygène absorbé qu'elle retient en partie dans ses tissus; mais si on transporte cette racine saturée d'oxygène dans un autre récipient, elle dégagera alors un volume d'acide carbonique égal à celui de l'oxygène absorbé.

Dans les plantes à chlorophylle, le phénomène devient plus compliqué lorsque, sous l'action seule des rayons solaires, les parties vertes absorbent de l'acide carbonique que la plante décompose en carbone qu'elle s'assimile, et en oxygène qui se dégage. De Candolle a cherché si la lumière artificielle produirait le même effet que la lumière solaire. Il employa, dans ce but, des lampes d'Argant, qui, produisant une lumière équivalente à peu près à celle du jour, ne suffirent point pour déterminer le phénomène; aussi, certains physiologistes pensent que la décomposition de l'acide carbonique est due à l'action chimique qu'exercent seuls les rayons solaires. — L'élimination d'oxygène, provenant de cette décomposition, varie avec la lumière et la température; à l'ombre, le dégagement de ce gaz est moins énergique qu'en plein soleil; de plus, parmi les rayons qui ont le plus d'influence sur ce phénomène, ce sont les rayons jaunes, rouges et verts, tandis que les bleus et les violets ont une influence presque nulle. Je ne citerai point les expériences faites sur ce sujet, car il ne m'est pas permis, dans un si court travail, de traiter la question du rôle de la lumière sur l'assimilation végétale.

Il n'y a pas que les feuilles vertes qui absorbent de l'acide carbonique pendant le jour; certaines feuilles de couleurs diverses jouissent de la même propriété. Dans celles-ci, l'élimination d'oxygène est due, d'après Corenwieder à la présence de granules verts, dispersés dans le tissu des feuilles. Certaines algues sont dans ce cas; dans les unes, on peut faire paraître la couleur verte en les transportant dans une eau douce. Sachs remarqua qu'une algue rouge (Laminaria saccharina) devenait verte lorsqu'on la plaçait dans une dissolution de potasse. Pendant la nuit, les plantes vertes absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique. D'après Th. de Saussure, cet acide serait formé par une partie de l'oxygène absorbé aux dépens du carbone situé dans le tissu de la plante. D'après Liebig, ce gaz, qui proviendrait du sol, serait absorbé par les racines, et s'exhalerait sans être décomposé.

Comme je l'ai dit plus haut, les physiologistes ont d'abord donné les expressions de respiration diurne et de respiration nocturne aux deux phénomènes différents qui se produisent pendant le jour ou la nuit dans les plantes à chlorophylle ; mais aujourd'hui que la physiologie végétale a fait des progrès immenses, le terme de respiration diurne a été remplacé avec raison par celui d'assimilation. Pendant longtemps on croyait que les plantes vertes n'absorbaient que de l'acide carbonique pendant le jour ; mais les expériences de Carreau ont prouvé que pendant le jour comme pendant la nuit les feuilles vertes absorbent de l'oxygène et éliminent de l'acide carbonique. Celle élimination diminue avec la température. Pour arriver à ce résultat. Carreau fit l'expérience suivante : dans un flacon rempli d'air purgé d'acide carbonique, et dont le fond contenait une dissolution pure de chaux ou de baryte, il introduisit, à travers un bouchon, un rameau d'arbre qui tenait encore aux branches. Il remarqua que pendant le jour l'eau de chaux se troublait et laissait déposer du carbonate de chaux ou de baryte. Il est évident que ce carbonate provenait de l'acide carbonique exhalé par le rameau, acide formé par l'oxygène dont s'était emparée la plante aux dépens du carbone. De là, il conclut que les plantes vertes s'emparent même pendant le jour de l'oxygène de l'air, gaz qui concourt à la formation de leurs tissus et qui sert à produire les divers acides organiques (oxalique, malique, tartrique, etc.).

Les expériences de Carreau, de Grischow, de Lory et de Th. de Saussure, ont servi à distinguer l'assimilation de la respiration végétale, qui est la fonction par laquelle la sève des végétaux vient se mettre au contact de l'air pour s'emparer de l'oxygène sans lequel elle serait impropre à former de nouveaux tissus. Ainsi, comme on le voit, la respiration des plantes a la plus grande analogie avec celle des animaux : comme eux, elles absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide carbonique, et si autrefois on a confondu sous le terme général de respiration deux fonctions bien différentes, c'est parce qu'on ne s'était pas rendu compte de l'absorption continuelle d'oxygène dans les organes souterrains, dans les fleurs et dans les végétaux, dépourvus et munis de chlorophylle. Ce n'est qu'après de longs travaux qu'on est parvenu à établir les distinctions qui existent entre l'assimilation et la respiration végétale proprement dite, et aujourd'hui, comme le dit Sachs, il est aussi faux d'employer le terme de respiration diurne que de dire d'un animal qu'il respire sa nourriture.

La science physiologique est donc parvenue à combler la grande lacune qui existait entre la respiration des plantes vertes et celle des plantes dépourvues de chlorophylle. La nature aurait fait un trop grand saut si elle avait donné une respiration différente aux êtres connus sous le terme général de plantes, et sur ce point on n'aurait pu dire avec l'Ecole : Natura non facit saltus.

Lunéville. A. Lemaire.

 

 

 

  


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