Histoire naturelle
Précédente / Remonter / Suivante

Les Ilybius des environs d'Evreux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

Accueil
Remonter
A nos lecteurs
Le mois de Mai
Notes sur le Crapaud
Papillons
La grotte d'Osselles
Le mois de juin
Solidarite entre la plante et l'animal
Araignées
La rose
Notes sur le crapausd II
Absorption des racines
La charité enseignée par les insectes
Le mois de Juillet
Circulation et respiration
Notes sur le Crapaud
Transpiration des végétaux
Une observation sur la Salamandre
La pie
De l'absorption des racines
La charité enseignée par les insectes
Les Courtilières
Excursions scientifiques
Le mois d'Août
Des herborisations et des herbiers
Notes sur le Crapaud
Croyances superstitieuses
Observation sur la ponte du Dytiscus
De l'organisation des fougères
La charité enseignée par les insectes
Des herborisations et des herbiers
Aperçu sur Tournefort
L'argyronète
Le hérisson
Le mois d'Avril
De l'organisation des fougères
Du vol chez les oiseaux
Les habitations lacustres
Quelques réflexions sur l'utilité de l'entomologie
Le mois de Mai
Une aurore boréale
Linné
De la respiration végétale
La faune des profondeurs
Aperçu sur la végétation du monde primitif
Conseils aux débutants en entomologie
Le pin maritime
Le tabac, sa culture, sa fabrication
Conseils aux débutants en entomologie
De la respiration végétale
Ravages des chenilles
Conseils aux débutants en entomologie
Les Ilybius des environs d'Evreux
Aperçu sur la végétation du monde primitif
Georges Guvier
Conseils aux débutants en entomologie
Du vol chez les oiseaux
Aperçu sur la végétation du monde primitif
Du rôle du fer dans la végétation
Note sur la chasse du Serica brunnea
Conseils aux débutants en entomologie
Le tabac, sa culture, sa fabrication
Préparation des lépidoptères
Aperçu sur la végétation du monde primitif
Quelques mots sur le vol des insectes

 

LES ILYBIUS DES ENVIRONS D'EVREUX.

Ces insectes, aux couleurs sombres mais luisantes, sont de taille moyenne ; la forme de leur corps est ovale, convexe en dessus et assez rétrécie vers l'extrémité ; le corselet court a le bord postérieur légèrement arrondi ; l'écusson est très petit et les pattes sont assez courtes. Tout le corps, quand ils sont dans l'eau, est revêtu d'une sorte d'enduit huileux plus abondant que chez les autres Hydrocanthares, ce qui fait qu'ils glissent très facilement entre les doigts lorsqu'on les saisit. De plus, quand ils se sentent pris, ils font sortir par les articulations de la tête et du corselet une liqueur visqueuse et épaisse d'un blanc bleuâtre, d'une odeur forte et désagréable qui se rapproche à la fois de celles des fourmis et des coccinelles. C'est évidemment pour eux un moyen de défense.

On trouve aux environs d'Evreux les Ilybius ater, quadriguttatus, fenestratus et fuliginosus. Les trois premières espèces vivent dans les mares ; la dernière préfère les eaux courantes, les fossés et les bassins dont l'eau est fréquemment renouvelée.

L'I. ater a la tête et le corselet d'un noir foncé luisant; les élytres, de même couleur, sont marquées chacune de deux petites taches jaunes fort peu apparentes, l'une allongée, vers le milieu de leur longueur et assez près du bord latéral, l'autre ronde, presque à l'extrémité. En dessous du corps la couleur est le brun noir, comme sur les pattes et les antennes. La longueur du corps est de 13 1/2 millimètres. Il est rare.

L'I. quadriguttatus ressemble beaucoup au précédent; les élytres ont une teinte plus cuivrée et leurs taches sont ordinairement plus apparentes ; en dessous du corps la couleur est plus brune. Cette espèce, longue d'environ 11 1/2 millimètres, est beaucoup plus rare ; elle se plaît dans les mares pleines d'herbes.

L'I. fenestratus a 11 1/2 millimètres ; la tête et le corselet sont d'un brun noir foncé et cuivrés ; les élytres, plus noires et également cuivrées, sont bordées de brun jaunâtre dans leur première moitié, et marquées des mêmes taches que les deux espèces précédentes ; les antennes, les pattes et le dessous du corps sont brun foncé. Cette espèce est commune dans les mares limpides et pleines d'herbes, au milieu des champs et dans la forêt.

L'I. fuliginosus esit un peu plus allongé et moins convexe que les précédents. La tête, le corselet et les élytres sont noirs ou brun noir avec une teinte cuivrée; celles-ci, bordées d'une bande jaune amincie aux extrémités; le dessous du corps et les pattes sont ferrugineux ; la longueur du corps ne dépasse pas 10 1/2 millimètres.

La plupart des hydrocanthares se tiennent d'ordinaire a une certaine profondeur dans l'eau, et ne viennent guère à la surface que pour prendre de l'air ou pour manger. Les Ilybius, au contraire, ne restent presque jamais au fond de l'eau, si ce n'est lorsqu'ils sont poursuivis ou que la surface de l'eau est agitée ; ils aiment beaucoup à se tenir au bord des mares et à marcher sur les plantes et les détritus à demi submergés. Très souvent même, ils courent hors de l'eau sur la vase humide, à la recherche d'une proie. Ils sont, en effet, d'une extrême voracité, comme le prouve un fait que j'ai observé aux environs, à la mare du Coudrai, où le Fenestratus est fort commun. Il n'est pas rare qu'un de ces insectes, courant au soleil sur la vase humide et chaude, rencontre une grenouille ; ses palpes lui indiquant que c'est une proie succulente, il n'hésite point à lui mordre la peau de toute la force de ses mandibules. La grenouille, se sentant ainsi mordue, cherche à se débarrasser de son ennemi ; si elle est grosse, la chose est facile ; mais il n'en est pas de même si elle est petite, car elle a beau sauter, plonger, sortir de l'eau et se frotter dans les herbes, elle ne se débarrasse de son agresseur acharné qu'en lui laissant un morceau de peau ou même de chair. L'Ilybius continue à manger ce qu'il a enlevé, même s'il se trouve hors de l'eau. J'ai vu plusieurs grenouilles mutilées, principalement des têtards opérant leur dernière métamorphose.

Les Ilybius se gorgent souvent d'aliments au point que leur abdomen peut dépasser les élylres de 3 ou 4 millimétres. Dans cet état, ils sont si lourds que même en prenant beaucoup d'air sous leurs élytres, ils tombent au fond de l'eau ; parfois leur gloutonnerie leur cause la mort, car, perdant presque absolument le mouvement, ils ont beaucoup de mal à renouveler leur provision d'air. J'ai observé ces faits sur l'Ater et le Fenestratus ; le Quadriguttatus doit avoir les mêmes instincts; quant au Fuliginosus, il reste souvent au bord, mais je n'ai jamais remarqué qu'il s'aventurât hors de l'eau, si ce n'est pour s'envoler; il mange moins gloutonnement que les autres.

Il est fort intéressant et en même temps très facile de nourrir ces insectes ; ils se contentent d'un peu d'eau, pourvu qu'il y ait beaucoup d'herbes ; si on leur donne une mouche, ils la mangent entièrement, ne laissant que les ailes, les pattes et les parties les plus dures du thorax.

Évreux. A. Régimbart.

 

 

 

  


-----
Pour les personnes plus intéressées par les dessins et gravures


Gravures, illustrations, dessins, images
galerie de gravures, illustrations, dessins, images