Histoire naturelle
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Le hérisson

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LE HERISSON.

Le hérisson appartient à l'ordre des carnassiers et à la famille des insectivores. Il a le corps allongé, quoiqu'il paraisse en être autrement, comme nous l'expliquerons bientôt. Ses membres sont très courts; ses pattes, assez semblables à celles de la taupe, sont munies de cinq doigts terminés par des ongles assez faibles. Sa tête est petite : elle est assez large vers le cou, mais elle s'allonge et se termine en un museau qui ressemble assez à un groin de cochon. Les yeux sont cachés et petits. Le nombre des dents du hérisson est de 36, dont 20 à la mâchoire supérieure et 16 à la mâchoire inférieure; les incisives manquent. La queue est fort courte, nue et grêle. La peau de cet animal, au lieu d'être recouverte de poils comme celle des animaux du même ordre, est munie d'une cuirasse, si je puis parler ainsi, composée de piquants d'une grande dureté, longs de 6 à 8 centimètres, larges à leur base de 2 à 3 millimètres et se terminant en une fine pointe. Lorsque le hérisson n'est pas inquiété, ses piquants sont étendus horizontalement sur son dos; mais, vient-il à percevoir quelque danger, à éprouver quelque crainte, il se roule aussitôt en boule et présente à ses ennemis une surface à peu prés invulnérable : ses piquants se hérissent sur son corps et quiconque a la témérité de vouloir s'emparer de l'animal, n'est pas sans s'en trouver fort incommodé. Le ventre est moins inattaquable; les piquants qui le défendent sont beaucoup moins nombreux; aussi cette partie du corps est-elle la seule que le renard ose attaquer pour se rendre maître du hérisson. La tête est repliée sous le ventre, entre les jambes de l'animal, lorsque celui-ci est roulé en boule; en sorte qu'on ne voit partout que baïonnettes menaçantes. Le seul moyen infaillible de forcer le hérisson à se dérouler, c'est de le plonger dans l'eau, car alors il cherche à se sauver à la nage et, pour cela, il est forcé de reprendre sa forme première. Comme on voit le hérisson plus souvent sur ses gardes qu'autrement, il en résulte que l'on pourrait, à première vue, lui attribuer une forme massive; mais on n'a qu'à le voir marcher pour se convaincre du contraire.

Le hérisson possède deux facultés particulières fort curieuses : celle de pouvoir, sans inconvénient, manger de grandes quantités de cantharides et celle de ne pas se ressentir de la morsure des vipères. La première de ces facultés fut révélée par le naturaliste Pallas, l'autre par l'Allemand Lenlz. Malgré l'air stupide qui caractérise cet animal, il n'est pas sans une sorte de prévoyance. Il sait parfaitement que, s'il n'est pas sur ses gardes, les putois, les martres ont raison de lui : aussi a-t-il soin de se rouler en boule avant de s'endormir. Il ne sort guère qu'à la nuit tombante; c'est alors qu'il se met à marcher d'un pas lent pour se procurer sa nourriture, qui consiste en insectes de toutes sortes, en vers et en limaçons. Il fouille la terre avec son museau pour y trouver de quoi se nourrir. Il attaque aussi parfois les racines des plantes, mais les dégâts qu'il occasionne de cette façon sont largement compensés par la destruction qu'il fait des insectes, ces ennemis du jardinier. Pendant le jour, il reste endormi dans un coin obscur, dans une haie, dans un tas de bois.

Dans notre pays, il est très difficile de l'apprivoiser; mais sur les bords du Volga, paraît-il, on l'élève en domesticité comme le chat. Autrefois, on lui faisait la chasse pour avoir ses piquants qui servaient à carder la laine; plus tard on l'employa en médecine; aujourd'hui, il est à peu près inutile.

Le hérisson habite presque toute l'Europe, et il y est fort répandu. On le trouve principalement dans les bois, au pied des arbres, dans la mousse et les buissons; on l'aperçoit même quelquefois dans les champs ou les prés.

Audincourl. Ed. Duvernoy.

 

 

 

  


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