Histoire naturelle
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Circulation et respiration

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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CIRCULATION ET RESPIRATION DANS LES ANIMAUX ET LES PLANTES.

Je ne me propose pas ici de retracer en détail tous les phénomènes qui se rattachent à la circulation et à la respiration soit végétale, soit animale ; je veux seulement faire remarquer quelques analogies frappantes existant entre les animaux et les plantes, dans la construction des organes (qui accomplissent ces fonctions, dans ces fonctions elles-mêmes et leurs agents, enfin dans la composition des gaz absorbés et dégagés. Je n'ai pas non plus la prétention de n'exposer que des choses neuves ; tout ce que je puis dire a été découvert par d'autres ; je n'ai fait que rassembler des matériaux épars pour en former un tout plus facile à embrasser d'an seul coup d'oeil.

On a souvent comparé l'appareil vasculaire de l'homme à deux arbres dont les parties seraient inverses : l'arbre du sang rouge aurait ses racines dans les poumons, son tronc serait l'artère aorte, ses branches les vaisseaux capillaires répandus dans les organes; l'arbre du sang noir, au contraire, aurait ses racines dans les organes où se fait la nutrition, et ses branches dans les poumons; l'artère pulmonaire serait le tronc. Chacun de ces deux arbres posséderait à la jonction du tronc et des racines, à l'endroit nommé collet dans le végétal, une des moitiés du coeur.

Si je parcours la série des espèces animales, je remarque que le mode de circulation du sang devient de plus en plus simple. Après la circulation double et complète de l'homme et des animaux supérieurs, je trouve la circulation double et incomplète des reptiles et des amphibies, la circulation simple et complète des poissons, la circulation des insectes à l'aide d'un vaisseau dorsal et de lacunes, la circulation purement vasculaire des annélides, et enfin la circulation des zoophytes, chez lesquels le sang est animé de mouvements en général fort irréguliers, et dont l'appareil circulatoire même nous échappe souvent.

On le voit donc, à mesure que l'on descend l'échelle des animaux, leur mode de circulation se rapproche davantage du mode de circulation des végétaux, car cette dernière s'opère uniquement à l'aide de vaisseaux, servant soit à la marche de la sève ascendante, soit à celle de la sève descendante.

Mais ce n'est pas seulement dans la structure des organes de la circulation qu'il existe une grande ressemblance entre le règne animal et le règne végétal; plusieurs des agents moteurs qui servent à la marche du sang dans les artères, les vaisseaux capillaires et les veines, contribuent aussi à la marche de la sève dans les vaisseaux, les fibres, les cellules médullaires Dans ce cas encore, comme tout à l'heure, plus je descends l'échelle animale, plus je trouve d'analogie entre les deux règnes. Chez l'homme, en effet, et les animaux supérieurs, les forces par lesquelles s'opère la circulation sont nombreuses et variées ; les principales sont : les contractions du coeur, l'élasticité des artères, la capillarité, l'anastomose des veines, la présence de valvules toutes particulières situées à l'intérieur des veines et disposées de manière à s'opposer à la marche rétrograde du sang sollicitée par l'action de la pesanteur. Mais dans les degrés inférieurs du règne animal, chez les annélides et les zoophytes, par exemple, le sang qui ne circule plus qu'à l'aide de vaisseaux et de lacunes assez semblables aux vaisseaux et aux micats des végétaux, n'est plus guère poussé que par la force capillaire et par l'anastomose des tubes qui facilite sa marche ; ce sont ces mêmes forces qui mettent la sève en mouvement. Mais de même que dans la circulation des animaux nous trouvons des moteurs qui ne se trouvent pas dans la circulation des plantes, telles que les contractions du coeur et l'élasticité des vaisseaux, de même le phénomène d'endosmose et l'évaporation qui se fait à la surface des feuilles ne se rencontrent pas dans la circulation animale, ou du moins n'y jouent pas un rôle si important.

Après avoir comparé les deux appareils circulatoires et les forces qui concourent a la circulation végétale et à la circulation animale, je vais maintenant examiner le sang et la sève — leur composition — leurs fonctions respectives — enfin le renouvellement du sang et de la sève par le phénomène de la respiration. .

Le sang abandonné à lui-même se sépare bientôt en deux masses distinctes, l'une solide, l'autre liquide : le caillot et le sérum. Ce dernier forme presque les neuf dixièmes du sang ; il est composé presque totalement d'eau tenant en dissolution des gaz, des sels minéraux ou organiques et de l'albumine, substances qui sont toutes d'une grande importance lorsqu'on réfléchit que le sang contient et charrie tons les matériaux premiers de l'organisme. Quant à la sève, elle est aussi composée dans sa presque totalité d'eau tenant en dissolution les sucs ou les sels que la terre contient ; mais à mesure qu'elle se meut, elle se mêle aux liquides que le végétal renfermait auparavant, soit dans les cellules, soit dans les canaux.

La base du sang et delà sève est donc la même : l'eau ; et cette eau, dans le végétal comme dans l'animal, tient en dissolution des sels et des gaz. Cependant il existe une ressemblance encore plus frappante. On a distingué le sang rouge ou artériel allant du coeur aux organes, propre à la nutrition, et le sang noir ou veineux, se rendant des organes au coeur; puis aux poumons. On distingue de même la sève ascendante et la sève descendante, l'une impropre, l'autre propre à la nutrition et circulant principalement sous l'écorce et dans les vaisseaux laticifères, pour former le cambium, élément d'une nouvelle couche d'aubier. Il est facile d'établir une comparaison entre la sève ascendante et le sang veineux, la sève descendante et le sang artériel. — Enfin, chose remarquable, c'est par la respiration que la sève et le sang deviennent propres à nourrir les organes et à réparer les tissus. Car on peut dire que les plantes respirent aussi bien que les animaux, puisque la respiration est une fonction ayant pour but d'introduire dans le fluide nourricier des principes gazeux empruntés à l'atmosphère, et d'y exhaler les gaz impropres à la vie dont ce liquide s'est chargé durant la nutrition ; absorption et exhalaison des gaz, telle est aussi la respiration chez les végétaux.

La respiration animale est essentiellement caractérisée par une absorption d'oxygène et une exhalation d' acide carbonique ; pour la vapeur d'eau qui se dégage, c'est une véritable exhalation aqueuse de toute la membrane interne des voies aériennes. Chez les végétaux ce sont les feuilles qui sont principalement le siège de la respiration et de l'exhalation aqueuse ; les stomates permettent à l'air de s'introduire facilement dans le parenchyme pour circuler autour des cellules qui le forment. Mais le dégagement des gaz se fait en sens inverse dans le règne animal et le règne végétal. Pendant le jour et sous l'influence de la lumière, la plante par ses parties vertes absorbe de l'acide carbonique qu'elle décompose et dont elle retient le carbone ; de pus, elle rend à l'atmosphère l'oxygène provenant de cette décomposition. Mais il se fait aussi une absorption d'oxygène et un dégagement d'acide carbonique. Ce phénomène a lieu d'une manière continue sur toutes les parties non vertes du végétal, et même sur les parties vertes dans l'obscurité.

« La respiration diurne des plantes par leurs parties vertes a donc sur l'air ambiant une influence réparatrice et peut être regardée comme l'une des causes les plus efficaces pour maintenir la composition de l'air, et assurer la régénération de l'oxygène. On a souvent insisté sur les admirables harmonies que nous décèlent des faits de ce genre : la matière minérale, subtilisée sous la forme de gaz ou de dissolution pénètre dans les plantes et se transforme en matière vivante; celles-ci alimentent les animaux, et la matière organisée subit mille métamorphoses jusqu'à ce que la fermentation putride la restitue au règne minéral; parmi les quatre éléments qui ont ainsi passé dans les êtres vivants, le carbone joue un rôle considérable. Les animaux l'empruntent aux plantes sous des formes très diverses : puis ils l'exhalent en acide carbonique à la place de l'oxygène qu'ils empruntent à l'air. Les plantes le reprennent par leur respiration diurne, le ramènent à l'état de carbone qu'elles gardent en elles, et rendent à l'atmosphère l'oxygène indispensable à la respiration animale et même à leur propre respiration nocturne » (A. Focillon, Traité d'histoire naturelle).

Nancy. E. G.

 

 

 

  


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