Histoire naturelle
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Aperçu sur Tournefort

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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APERÇU SUR TOURNEFORT.

Le XVIIe siècle a introduit dans l'étude de toutes les sciences un nouvel esprit, une nouvelle méthode. Ne voyons-nous pas, en effet, dans ce brillant siècle d'érudition, Kepler, Galilée, Bacon, Harvey, Huygens, Papin, Pascal, Desargues, faire les découvertes les plus importantes en physique, en astronomie, en histoire naturelle et en mathématiques? N'est-ce pas à cette époque qu'appartiennent la découverte des lois qui régissent les mouvements planétaires, celle du mouvement du soleil autour de la terre, celle de la circulation du sang, et bien d'autres encore d'une aussi grande importance? C'est aussi dans ce siècle qu'a vécu le savant qui devait illustrer la botanique et en faire une science très importante, en tentant de faire une classification des plantes. Cet homme, que nous appellerons même un génie, c'est Joseph Pitton de Tournefort, né à Aix en 1656, et mort en 1708.

Dans un court aperçu, nous tenterons de montrer quel fut son esprit, quelles furent sa méthode et sa supériorité sur ses devanciers. Mais, avant de le faire, il ne serait pas superflu de rappeler en quelques lignes quel était avant lui l'état de la botanique.

Avant Tournefort, la plupart des auteurs se taisaient sur la classification des plantes. L'Ecluse, Lobel, éminents botanistes, n'avaient osé entreprendre une tâche aussi difficile que celle d'une méthode de classification : et pourtant c'est là la condition fondamentale de la constitution de la botanique. Gessner avait tenté d'établir des genres, en considérant la fleur et le fruit. Césalpin avait fait sous ce rapport un essai important. Dans son livre de Plantis, il expose une méthode de classification qu'il base sur la considération du fruit. Son oeuvre fut continuée par Morisson; mais les organes sur lesquels reposait sa classification étaient trop peu importants pour qu'elle pût subsister et donner de grands résultats. Ray avait aussi entrepris de poser des règles pour distribuer les plantes, mais sans y réussir. Rivin, botaniste célèbre de l'époque, dans un traité intitulé : Introductio generalis ad rem herbariam, divise le règne végétal en deux grandes divisions. Dans une même classe il met les plantes qui produisent mêmes fleurs et mêmes fruits. Quand, dans une même classe, le fruit est dissemblable, il forme des subdivisions fondées sur la forme du fruit. L'auteur n'eut pas le bonheur de réussir.

Tel était à peu près l'état de la botanique à l'époque où Tournefort publia ses Eléments de botanique.

Dans la plante, l'illustre botaniste considère certaines parties, selon leur importance relative, à savoir :

La fleur, le fruit, les feuilles, la tige, les racines, la saveur et l'aspect extérieur.

Les cinq premières de ces parties constituent la plante; en les connaissant parfaitement, en les étudiant bien dans telle plante, il est facile de reconnaître que telle autre plante est la même, ou du moins qu'elle en diffère peu, lorsque toutes les parties de ces deux plantes sont semblables ou à peu près.

En rangeant dans une même classe toutes les plantes qui ont même fleur, même fruit, mêmes feuilles, même tige, mêmes racines, même saveur et même aspect extérieur, Tournefort a créé une classification méthodique. Il a formé des classes qui se divisent en genres, subdivisés eux-mêmes en espèces.

Chacune de ces divisions, classes, genres et espèces est déterminée par certaines parties de la plante. La corolle détermine les classes, divisions évidemment les plus grandes. Dans une même classe sont rangées toutes les plantes qui ont une corolle de même forme. Les genres dépendent de la fleur et du fruit. Les espèces se forment au moyen de toutes les parties accessoires : feuilles, tiges, racines, saveur et aspect extérieur.

Telle est, en quelques mots, la méthode qu'a suivie Tournefort dans l'étude de la botanique. En s'appuyant sur ces principes, il ne prétendait pas créer une classification universelle des plantes; il ne visait nullement à ce but : il le croyait irréalisable. Il ne voulait qu'établir des groupes de plantes qui fussent commodes et faciles tant à comprendre qu'à appliquer. Il prit, autant que possible, la Nature pour modèle, condition essentielle d'une bonne classification.

Tournefort fut donc, on peut le dire, le premier qui se soit appliqué à fonder une classification en botanique. Il divise le règne végétal en deux grands groupes naturels : arbres et herbes.

Je ne mettrai pas sous les yeux du lecteur le tableau de distribution des plantes d'après le système de Tournefort, car on peut le trouver dans bien des livres. .Je dirai seulement que ce système était le plus clair, le plus précis et le plus complet qui ait paru jusqu'alors. Tournefort, en le créant, a rendu un grand service à la science. Il a ouvert à l'étude de la botanique une voie plus facile et plus abordable. Il a — devons-nous le dire? — donné naissance aux grands esprits qui, venant après lui, devaient profiter de ses travaux, et continuer avec gloire et succès l'oeuvre qu'il avait si bien commencée.

Audincourt (Doubs), 18 août 1870. Ed. Duvernoy.

 

 

 

  


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