Histoire naturelle
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Le tabac, sa culture, sa fabrication

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LE TABAC, SA CULTURE, SA FABRICATION.

On donne vulgairement le nom de tabac à la plante elle-même ou aux différentes préparations qu'on lui fait subir. L'espèce cultivée se nomme Nicotiana tabacum. L'origine du mot tabac a été vivement discutée. Deux versions, que j'expose brièvement, le font venir l'une de Cuba où Colomb le vit pour la première fois, l'autre de l'île de Tabago, l'une des petites Antilles. Ce nom a, du reste, varié suivant les pays et les personnages qui l'y importèrent. C'est ainsi qu'il s'appela : nicotiane, herbe du grand prieur, herbe de la reine, herbe de Sainte-Croix et de Tornabonne ; ses vertus vraies ou supposées lui valurent ensuite les noms de buglosse ou panacée antarctique, herbe sainte, herbe à tous les maux, jusquiame du Pérou, etc.

Comme toutes les choses dont l'usage se répand rapidement, le tabac eut bientôt ses détracteurs et ses défenseurs. En 1699 il devint le texte de violentes disputes entre les médecins. Déjà cependant avait paru, vers 1622, le Tabacologia de Néandri. Un peu plus tard on trouve la dissertation de Braun, de fumo tabaci, et celle de Simon Pauli, sur l'abus du tabac.

Il serait trop long de rappeler ici tous les ouvrages qui furent écrits sur le tabac. Je citerai, seulement une thèse du docteur Contugi : Non ergo nocet cerebro tabacum, et une autre du docteur Fayou : Ergo ex tabaci usu frequenti vita summa brevior. Enfin, je rappellerai les observations plus récentes de Portal, de Pia et de Gordanne, sur les fumigations du tabac dans les asphyxies, les analyses de Vauquelin, et les remarques de Guiton-Morveau.

Le tabac a besoin d'un terrain frais, substantiel et bien fumé pour produire de grandes et belles feuilles. On le sème par couche dès le mois de mars, puis on repique les jeunes plants à 2 ou 3 pieds de distance. Il faut avoir soin d'empêcher la plante de fleurir, en coupant l'extrémité des tiges avant le développement des panicules. La récolte commence environ 40 jours après la transplantation ; on cueille d'abord les trois ou quatre feuilles inférieures, qu'on range parmi celles de médiocre qualité, à cause des taches dont elles sont empreintes. Cette opération se renouvelle tous les huit jours. Lorsque le tabac est cueilli, on procède au triage et à l'èboulardage. (Je n'expliquerai pas le détail des opérations, qu'on lira avec plus d'intérêt dans les ouvrages spéciaux). On dessèche alors le tabac, puis on le fait fermenter en tas. Vient ensuite l'écotage. On prépare alors le tabac pour être fumé ou prisé.

Après ce rapide aperçu sur sa fabrication, je terminerai par son signalement. Le tabac a été classé dans la famille des Solanées, pentandrie monogynie du système sexuel. Sa tige s'élève à 4 ou 5 pieds ; ses feuilles sont grandes, sans découpures, et un peu visqueuses ; ses fleurs, en entonnoir, sont de couleur rosée, et forment d'élégants rameaux (panicules) à l'extrémité des liges. Ses graines sont renfermées dans une capsule oblongue ; Linné a compté sur un seul pied 40.320 graines, qui conservent pendant plusieurs années leur vertu germinatrice. La plante exhale une odeur forte et vireuse ; sa saveur est acre et amère ; annuelle dans nos climats, la Nicotiana est vivace en Amérique et peut persister pendant dix à douze ans. On en cultive encore une autre espèce, la Nicotiana rustica.

Nancy. E. Bagneris.

 

 

 

  


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