Histoire naturelle
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Du vol chez les oiseaux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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DU VOL CHEZ LES OISEAUX.
I.

Avant de nous occuper de la théorie du vol et d'étudier dans son ensemble le mécanisme qui produit ce phénomène, il est indispensable d'examiner rapidement les différents organes qui concourent à son accomplissement.

Les ailes, au moyen desquelles l'oiseau s'élève dans les airs, ne sont qu'une transformation des membres antérieurs des autres vertébrés : nous y retrouvons en effet le bras, l'avant-bras et la main, cette dernière partie cependant passablement atrophiée. Sur ce bras de levier sont fixées, par leur base, des plumes raides et légères, qui portent le nom de pennes; les plus grandes, qui terminent les ailes, sont appelées rémiges. Elles sont composées d'un tuyau creux, d'une tige spongieuse qui y fait suite, et de barbes fixées sur les deux côtés de cette tige. Ces barbes, vues au microscope, nous apparaissent comme de véritables tiges garnies elles-mêmes de barbules qui, à l'aide d'aspérités dont elles sont couvertes, relient ensemble les barbes en s'enchevêtrant les unes dans les autres : la plume devient ainsi à peu près impénétrable à toute résistance de l'air. D'un côté de la tige les barbes sont beaucoup plus larges que de l'autre ; le côté étroit repose sur la partie large de la plume suivante, et lui sert de point d'appui lorsque l'aile s'abat. Les muscles qui impriment le mouvement aux ailes s'insèrent sur le sternum ; aussi cette partie, en raison du volume qu'occupe le tissu musculaire, présente une surface très large ; de plus, le poids relativement considérable du sternum a pour but de placer le centre de gravité aussi bas que possible dans la partie antérieure du corps, qui est celle qui doit vaincre par sa masse la résistance de l'air. Les vertèbres, qui chez les mammifères sont articulées et mobiles, sont soudées ensemble chez l'oiseau, sauf celles du cou et de la queue et présentent ainsi une très grande solidité. Ces deux parties ne pourraient évidemment pas être construites comme le reste de la colonne vertébrale, le cou étant en général excessivement mobile, de même que la queue, qui doit, par ses impulsions en différents sens, modifier la direction du vol. Pour maintenir ses ailes à distance, l'oiseau est muni de fortes clavicules ; mais une chose à remarquer, c'est que ces clavicules ne sont pas seulement solides : elles sont encore douées d'une certaine élasticité et impriment ainsi à l'aile qui s'est abattue un mouvement de ressort qui aide à la relever. Eh bien ! malgré son extrême solidité, la charpente osseuse de l'oiseau est très légère. Ces os, en effet, au lieu d'être, comme ceux des mammifères, lourds et remplis d'une substance huileuse, qui en augmente le poids, non seulement sont presque tous vides, mais de vastes cellules aériennes les parcourent dans tous les sens. Ce qui contribue surtout à l'alléger, c'est l'organisation particulière des organes respiratoires : les poumons, d'une dimension considérable, sont soudés aux côtes et communiquent, par les nombreux canaux qui les traversent, avec des poches membraneuses appelées sacs aériens, qui tapissent la cavité thoracique et la masse intestinale. Ces sacs aériens conduisent de l'air chaud aux vertèbres du cou, aux clavicules et à presque tous les os du tronc et des membres : aussi le corps de l'oiseau acquiert-il de cette façon une légèreté spécifique remarquable : et non seulement cela, mais cette puissance de la respiration donne aux oiseaux la vivacité et l'énergie dont ils ont grand besoin, et en même temps les rend très peu accessibles au froid intense des hautes régions de l'atmosphère.

Comme nous connaissons à peu près la structure de cette machine admirable, voyons maintenant comment elle fonctionne.

L'air est un milieu bien peu dense et bien peu résistant, et au premier abord il doit paraître étonnant qu'il offre un point d'appui suffisant à l'oiseau ; cependant, voici ce qui se passe dans le vol : « Lorsque l'aile, sous l'impulsion du muscle, pousse violemment l'air au-devant d'elle, cet air, retenu de proche en proche par les couches atmosphériques voisines, ne peut les traverser, ayant la même densité qu'elles, et tend seulement à les repousser. Mais l'air est compressible, et comme l'inertie des couches environnantes empêche le mouvement de se propager bien loin au milieu d'elles, il s'ensuit que, à quelque distance du point frappé, l'air reste immobile, de sorte que l'abaissement de l'aile a eu pour effet de comprimer de proche en proche les couches d'air les plus voisines. Mais entre la paroi inférieure de l'aile et les couches d'air immobiles, la portion d'air qui s'est comprimée prend une force élastique qui repousse l'aile de bas en haut, et, en même temps que l'aile, soulève l'oiseau. »

Maintenant que le mouvement d'abaissement de l'aile a imprimé une force ascensionnelle, qu'arriverait-il si l'oiseau, ayant ainsi les ailes étendues, voulait les relever vivement dans cette position pour frapper un second coup? L'air, comprimé cette fois au-dessus de l'aile par ce choc en sens inverse du premier, se joindra à la pesanteur pour déterminer un mouvement de haut en bas de l'oiseau. Il en résulterait un va-et-vient continuel, et l'oiseau, en définitive, resterait à la même place. Mais les choses ne se passent pas ainsi : au lieu de relever ses ailes étendues, il les replie et les ramène vers son corps immédiatement après les avoir abaissées, et les relève dans cette position sans éprouver grande résistance de la part de l'air; puis il les étend violemment par un mouvement oblique de bas en haut, fendant ainsi l'air de la partie antérieure de l'aile. Revenues à leur première position, les ailes sont abaissées de nouveau comme auparavant, et une nouvelle vitesse vient ainsi s'ajouter à la vitesse acquise. (A suivre.)

G. Weiss.

 

 

 

  


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