Histoire naturelle
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La rose

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LA ROSE.

La rose fait partie d'une vaste famille, celle des rosacées, que l'on peut considérer comme une association de plusieurs groupes, mais qu'il est impossible de séparer tout en les dissociant. Elle se divise en six ou sept tribus différentes; nous les laisserons de côté pour ne nous occuper que de celle des rosacées proprement dites.

En commençant cette petite étude de la rose, nous devons justement séparer le rosier sauvage ou rosier églantier du rosier cultivé. Autant celui-ci charme la vue et l'odorat, autant celui-là a des fleurs moins parfumées et d'une forme plus simple. A l'état sauvage, la rose ne possède que cinq pétales qui forment sa corolle, le plus souvent d'une couleur pâle, tandis que la rose de nos jardins varie depuis le rouge le plus vif jusqu'à l'éblouissante blancheur de la neige. Les étamines, si nombreuses chez la rose sauvage, sont plus rares dans la rose cultivée; la culture change en pétales les étamines jaunâtres qui occupent la plus grande partie de la fleur de l'églantier et recouvrent son ovaire.

On connaît aujourd'hui environ cent soixante espèces différentes de roses, mais la culture en a créé plusieurs milliers de variétés diverses. Dans son savant travail : Monographia rosarum, publié à Londres en 1820, M. John Lindley range toutes les espèces en onze sections. Nous donnons ici leurs noms accompagnés d'une courte description et du nom d'un rosier qui puisse servir de type à la section et guider les recherches de ceux qui seraient tentés de réunir les diverses espèces de roses :

1° Rosae simplicifoliae, dont les fleurs simples n'ont que cinq pétales, comme le rosier à fleurs de Berberis.

2° Rosae feraces, dont la tige est armée de fortes épines; telle est la rose du Kamtschatka, dont les grêles rameaux sont couronnés de fleurs d'un violet clair.

3° Rosae bractaeatae, à feuilles accompagnées de bractéales, comme le rosier à bractées, originaire de la Chine, à fleurs doubles, blanches ou couleur de chair.

4° Rosae cinnamomeae, qui ont pour type le rosier cannelle, ainsi nommé à cause de la couleur de son écorce; cette espèce a donné naissance à de nombreuses variétés, notamment à la rose de mai.

5° Rosae pinpinellifoliae, dont la principale espèce est le rosier à feuilles de pimprenelle; il croît dans les haies de toute l'Europe et fournit par la culture des variétés simples, semi-doubles et doubles.

6° Rosae centifoliae, tel est le rosier à cent feuilles, si remarquable par la grosseur, la forme arrondie et globuleuse de ses fleurs, ainsi que par leur odeur exquise et leur teinte délicate; à cette section se rattachent le rosier mousseux, le rosier des quatre saisons, le rosier de Provins, etc.

7° Rosae villosae, dont toutes les parties sont recouvertes d'un duvet cotonneux, comme le rosier blanc qui croît le long de toutes les haies.

8° Rosae ruhiginosae, qui ont pour type le rosier rouillé, dont les feuilles sont couvertes à leur face intérieure de petites glandes couleur de rouille qui distillent un suc résineux dont l'odeur rappelle celle des pommes de reinette.

9° Rosae caninae, qui ont pour type le rosier de chien ou rosier églantier commun; on rapporte aussi à cette section le rosier du Bengale, dont les fleurs d'une grande fraîcheur sont inodores.

10° Rosae systyloe, dont les fleurs ont leurs styles réunis en un faisceau allongé dépassant la fleur, comme dans le rosier toujours vert, espèce indigène, à feuilles persistantes, à fleurs blanches ou incarnat.

11° Rosae Banksianae, à tiges grimpantes, sans aiguillons, à fleurs blanches et odorantes, ou jaunes et inodores; le type de celte section est le rosier de Banks.

Disons, pour terminer, quelques mots de la culture de la rose. Cette fleur demande une terre légère, en général l'exposition au midi, et des soins assidus. Il faut, pendant l'hiver, garantir les rosiers du froid, soit en les mettant à l'abri dans une serre, soit en les empaillant, c'est-à-dire en les couvrant de paille, de toile, ou d'autres matières qui empêchent le froid de les pénétrer. On reproduit les rosiers de différentes manières, ou par semis, ou par boutures, mais le moyen le plus sur et le plus expéditif est la greffe sur églantier.

Colmar. Paul Mossmann.  

 

 

 

  


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