Histoire naturelle
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Transpiration des végétaux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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TRANSPIRATION DES VÉGÉTAUX.

Tout le monde sait que pendant la respiration les animaux exhalent de la vapeur d'eau, et l'on a une preuve bien concluante dans les petits nuages de vapeurs qui s'échappent de notre bouche pendant les froides matinées d'hiver. Les plantes aussi exhalent de la vapeur d'eau, et par les mêmes organes qui servent à leur respiration, par les feuilles; seulement cette eau n'a pas la même origine que chez les animaux. Chez ces derniers, elle provient de la combustion complète des aliments respiratoires; chez les plantes, au contraire, l'eau a été puisée dans le sol avec les sucs nutritifs qui constituent la sève. Ce n'est qu'au moment où cette eau est complètement dépouillée de ses fluides nourriciers quelle est rendue à l'atmosphère.

Pour donner une preuve convaincante de ce que j'avance, en même temps qu'une idée juste de la quantité d'eau évaporée, je citerai l'expérience que fit en 1721 un célèbre naturaliste anglais, Etienne Haies. Ce savant prit deux hélianthes, plantes qui tirent leur nom tant de la ressemblance qu'a leur fleur avec l'aspect apparent du soleil que de l'habitude qu'elles ont de tourner toujours leur disque vers la face du soleil Haies prit donc deux hélianthes à peu près de même taille et les mit chacun dans un pot vernissé. De plus, il recouvrit le vase d'une feuille de plomb, afin d'empêcher l'évaporation du terreau.

Avec une telle disposition, il était impossible à l'eau du vase de se perdre soit par les parois du pot qui étaient vernissées, soit par l'ouverture supérieure qui se trouvait fermée par un couvercle en métal. Cela fait, il dépouilla complètement l'un des hélianthes de ses feuilles, pesa exactement le matin ses deux plantes, nota leur poids et alla les déposer eu plein air au milieu de son jardin, par un magnifique soleil d'été. Le soir, il pesa de nouveau ses hélianthes et constata que celui qui avait toutes ses feuilles avait perdu près d'un kilogramme de son poids du matin, tandis que celui qui était dépouillé n'avait éprouvé qu'une perte très minime.

D'où provenait cette perte? Evidemment de l'évaporation. Mais nous avons vu plus haut qu'elle ne pouvait se faire par le vase ; elle a donc eu lieu par la plante et par les feuilles de la plante, puisque la perte la plus grande a été éprouvée par celle qui les possédait toutes.

Avec celte connaissance sommaire du phénomène de la transpiration, il ne nous sera pas difficile d'expliquer pourquoi, après un temps assez long de sécheresse, les plantes meurent. En effet, pour vivre, la plante puise dans le sol les principes solubles destinés à lui fournir la sève; elle les puise avec leur dissolvant, l'eau, qui va être ensuite évaporée comme nous l'avons vu. Mais si le végétal se trouve dans un terrain sec et qu'il s'écoule un temps assez considérable avant qu'il ne vienne à pleuvoir, les racines auront bientôt épuisé la provision d'eau qu'elles avaient à leur disposition, et la plante, ne recevant plus en quantité suffisante les fluides nourriciers, pâlit d'abord, se flétrit ensuite et puis meurt.

La quantité d'eau vaporisée par les différents végétaux à la surface de la terre est énorme, car si un hélianthe, une plante d'assez petite taille, munie de peu de feuilles, réduit en vapeur près d'un kilogramme d'eau, prés d'un litre d'eau liquide, combien en exhalera un grand chêne ? Combien une grande forêt ? Combien tous les végétaux du monde et surtout dans les régions tropicales où la végétation est si luxuriante ? Des quantités incalculables. Et si l'on compare la surface évaporante des végétaux à celle de la mer, on est à se demander qui des deux fournit le plus de vapeur d'eau à l'atmosphère. Car si l'on étendait l'une à la suite de l'autre les feuilles de tous les végétaux, de façon à produire une surface continue, il y en aurait pour couvrir, je ne dis pas la surface des mers, mais une et deux fois la superficie du globe. Qu'on juge donc de la quantité de vapeur d'eau mise chaque jour en liberté !

Quel ordre admirable règne dans toutes ces opérations de la nature ! L'eau, après s'être acquittée de sa fonction de fournir les particules nutritives à la plante, devient un ouvrier inutile; elle s'en va alors, devient vapeur, puis brouillard, puis ensuite nuage, et retombe enfin sous forme de pluie pour alimenter de nouveau les plantes qui l'avaient renvoyée comme un serviteur à charge.

Je terminerai ce rapide aperçu sur la transpiration par l'examen de l'utilité de cette fonction des végétaux pour arrêter les inondations. Quand il y a un mois, deux mois, qu'il n'a pas fait de pluie considérable (ce qui se présente souvent pendant nos étés), tout à coup un orage s'élève et des torrents d'eau s'écoulent du ciel. Qu'une pareille ondée tombe sur une région accidentée et dégarnie de bois, les eaux, arrivant avec trop de rapidité et d'abondance pour permettre au sol de les absorber, se précipitent comme un torrent furieux vers le bas de la colline, emportant avec elles la terre végétale et ravageant les plantations. Elles affluent en telle abondance dans le lit des ruisseaux ou des rivières qui coulent dans la vallée, que, ne pouvant y trouver place, elles se répandent dans les propriétés riveraines el produisent le fâcheux désastre des inondations. Mais si une telle quantité d'eau venait à tomber sur des collines boisées, ces milliers de bouches végétales, altérées depuis longtemps, s'entrouvrent pour absorber en abondance l'eau qui leur est nécessaire. La masse spongieuse de terreau formé par le détritus des feuilles se charge de la partie excédante, s'en gorge et la garde pour la transmettre goutte à goutte au sol qui se trouve au-dessous. Ainsi se trouve prévenu le désastre de l'inondation.

Isidore Bétous.

 

 

 

  


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