Histoire naturelle
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Les Courtilières

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LES COURTILIÈRES — LEUR CHASSE.

On compte environ huit espèces de courtilières; je ne parlerai ici que de la courtilière commune  (Gryllotalpa vulgaris). Cet orthoptère a une forme allongée, un abdomen assez gros, terminé par deux prolongements filiformes; son corps est généralement de couleur fauve. Ce qui caractérise la courtilière, c'est une tête petite, emboîtée en partie dans un corselet long, formant une sorte de carapace qui enveloppe les côtés du protothorax; des ailes repliées eu filets dépassant les élytres. Mais le caractère surtout propre à ce genre, c'est la forme des pattes antérieures. Elles ont acquis chez elles un développement considérable et une vigueur correspondante; les extrémités se sont allongées et ont formé une sorte de main assez analogue à celle de la taupe; aussi leur a-t-on donné le nom de taupes-grillons (Gryllotalpa). Le mot courtilière semble venir du vieux mot français courtille (jardin), à cause de leur abondance en ces endroits.

Les courtilières habitent ordinairement les potagers, les champs de blé et en général les terrains friables, où elles creusent très prés du sol de nombreuses galeries. Elles passent la mauvaise saison dans un trou pratiqué sous terre, qui correspond toujours à l'extérieur par une ouverture plus au moins verticale, suivant la nature du terrain.

La femelle pond, à la fin du printemps, deux à trois cents oeufs, qu'elle dépose dans un nid creusé dans la terre, où correspondent des galeries nombreuses. Les petits éclosent bientôt; d'abord blancs, ils prennent ensuite là couleur de leurs parents, auxquels ils ressemblent en tout, à l'exception des ailes qui leur font défaut. On assure qu'ils mettent deux et trois ans pour atteindre leur développement complet.

On a cru pendant longtemps que les taupes-grillons étaient herbivores, et que c'était dans le but unique de se repaître, que ces orthoptères coupaient les racines des végétaux. Quelques observateurs ont assuré depuis qu'ils étaient insectivores, et ne confiaient les racines des végétaux que pour se frayer un passage et chercher des insectes.

Quelle que soit leur manière de vivre, le voisinage en est toujours pernicieux aux cultivateurs; aussi a-t-on cherché de nombreux moyens de les détruire, je ne parlerai ici que d'une chasse fort agréable, en même temps que très utile à faire au printemps.

Pendant le mois de mai, une heure environ après le coucher du soleil, les courtilières accourent à l'entrée de leurs galeries et là, leur abdomen à moitié en dehors, la tête dans la direction de leur retraite, produisent un bruit strident, tout aussi monotone que celui de la cigale, quoique plus rapide. C'est le moment propice pour la chasse : deux individus partent, armés l'un d'une torche ou d'une lanterne, l'autre d'une petite bêche. Le plus grand silence et la marche la plus mesurée sont indispensables, sous peine de voir l'opération manquer. Guidé par le chant de la courtilière, on peut s'avancer ainsi en silence jusqu'au-dessus du trou où elle se trouve. On en approche la lumière sans qu'elle en soit nullement troublée, et dés qu'on l'aperçoit, celui qui porte la bêche donne un coup un peu au-dessous de l'animal, de façon à l'enlever avec un peu de terre qu'il retire vivement à lui. On n'a plus alors qu'à chercher sa courtilière et à en user à sa guise. Cela fait, on marche dans la direction où l'on entend encore du bruit. Si par hasard la courtilière vient à percevoir quelque bruit suspect, celui de là marche de ceux qui la chassent par exemple, elle se tait, et il serait alors fort difficile de la découvrir. Le plus sage à faire est de se diriger d'un autre côté; bientôt le taupe-grillon n'entendant plus rien, recommencera de plus belle à chanter et l'on pourra de nouveau revenir à l'attaque. On ne saurait trop se livrer à cette chasse pendant les charmantes soirées de mai; c'est d'ailleurs une distraction agréable en même temps qu'un grand service rendu aux champs voisins. Il n'est pas rare que deux personnes d'adresse médiocre prennent ainsi en une heure une cinquantaine de ces insectes. On voit sans peine qu'il suffira de quelques-unes de ces séances pour débarrasser son potager de ces hôtes incommodes.

J. Bétous.

 

 

 

  


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