Histoire naturelle
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Des herborisations et des herbiers

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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DES HERBORISATIONS ET DES HERBIERS.
(2° partie.)
Herbier. — Dessiccation des plantes.

Dans notre précédent article nous avons laissé le botaniste au moment où il revient de sa lointaine excursion chargé de son précieux butin. Dès son retour au logis, il doit s'occuper du soin de la dessiccation des plantes, car s'il tardait plus, il verrait ses plantes se crisper et il ne pourrait plus les étaler convenablement entre les feuilles de papier.

Pour sécher les plantes, le botaniste étale avec précaution sur une feuille de papier une première plante; il étend les organes de celle-ci, sépare les parties trop rapprochées; il cherche, en un mol, à conserver autant que possible à la plante sa physionomie et à lui laisser son port naturel; il superpose une autre feuille de papier, sur laquelle il étale une autre plante avec les mêmes précautions, puis une troisième feuille de papier et une troisième plante, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il en résulte un cahier d'une certaine épaisseur, quatre à cinq décimètres, par exemple. Ce premier paquet achevé, il procède a la confection d'un second, et ainsi de suite jusqu'au complet épuisement de sa récolte. Le produit d'une bonne journée, surtout en été, peut composer plusieurs de ces cahiers.

Pour la dessiccation des plantes, le papier généralement employé est le papier gris non collé, format in-folio ordinaire. Cette sorte de papier a plus que toute autre la propriété d'absorber l'humidité de la plante, à mesure qu'elle se dégage pendant la période de la dessiccation. Toutefois, dans quelques cas, lorsque les organes de la plante sont trop délicats, il y a inconvénient à employer ce papier, dont la pâte trop grossière pourrait altérer le tissu très fin de la plante; alors on lui substitue du papier fin, mais encore non collé. Ce dernier papier a aussi sur le précédent l'avantage de conserver les couleurs.

Les paquets une fois terminés, il faut les soumettre à une certaine pression. Le moyen que nous conseillerons comme le plus commode consiste à prendre deux planchettes assez fortes, à placer le paquet entre elles et à les serrer avec deux bonnes courroies. La pression ainsi obtenue a pour but de tenir les organes des plantes constamment étendus, malgré leur dessiccation, et de prévenir la crispation, qui suivrait immanquablement si elles étaient laissées à l'état libre.

Les paquets restent serrés environ douze heures; ensuite le botaniste les défait feuille par feuille, et renouvelle le papier, car le premier se trouve considérablement imbibé des sucs exhalés des plantes, qui dans un pareil milieu seraient exposées à moisir. On les remet sous presse pendant douze heures, et on répète cette opération jusqu'à ce que chaque plante soit parfaitement sèche.

Lorsque les herborisations doivent se renouveler souvent, il devient nécessaire de hâter la dessiccation pour éviter l'encombrement. On a proposé différents moyens tels qu'un fer chaud passé sur les plantes en interposant un papier, ou une plaque de tôle chaude, ou enfin un four doux. Les deux premiers nous paraissent dangereux, le dernier peut être employé, mais il ne faut pas oublier qu'une chaleur qui dépasserait 35 degrés centigrades nuirait à la plante, en désorganisant ses tissus.

Une fois la dessiccation achevée, le botaniste n'a plus qu'à intercaler les individus dans l'herbier.

Du classement des plantes en herbier et de leur conservation.

Le papier de même qualité que celui qui est employé pour sécher les échantillons peut aussi servir pour la conservation des plantes en herbier, mais généralement on fait choix d'un papier plus fort, plus fin et blanc, toujours cependant non collé.

On place avec précaution entre les deux feuilles de papier la plante desséchée, on recouvre la feuille d'un simple feuillet, qui sert à absorber l'humidité de la plante s'il en reste encore.

On peut fixer les plantes dans l'herbier; pour nous, nous croyons que l'usage de fixer les plantes avec de la gomme présente un inconvénient, celui d'attirer des insectes qui seraient nuisibles.

Pour prévenir l'action de certains insectes, en particulier des genres Anobium, Scolites, Lepismus, qui occasionnent souvent de grands dégâts dans un herbier, nous conseillerons de passer la plante dans une dissolution d'esprit-de-vin et de sublimé corrosif (chlorure de mercure —poison extrêmement violent), à raison de 20 grammes de sublimé pour un litre d'esprit-de-vin. On plonge la plante rapidement, de manière qu'elle n'ait pas le temps de se ramollir, ou on passe la dissolution sur la plante au moyen d'un pinceau. Pour plus de sûreté, on peut en faire autant au papier. Ce que nous avons dit jusqu'à présent de la manière de récolter les plantes, de les sécher et de les conserver en herbier, ne s'applique pas rigoureusement dans toute espèce de cas : il est une manière particulière de récolter certaines plantes, telles que fucus, varechs, différentes conferves; de dessécher les plantes grasses, certains champignons; de conserver les fruits, charmes, pulpes, etc. Nous nous réservons de traiter plus tard chacun de ces sujets en particulier.

L'ordre à adopter pour la classification des plantes dans un herbier peut varier de même que la classification scientifique des plantes. On connaît plusieurs méthodes : celle dite naturelle et celle dite artificielle. On peut encore les classer suivant l'ordre alphabétique de noms, de genres ou d'espèces; d'autres enfin les classent par régions et suivant l'ordre géographique.

Telle considération particulière peut faire adopter un mode plutôt qu'un autre, nous ne nous arrêterons pas ici.

L'herbier une fois disposé, il ne reste plus qu'à le conserver dans un lieu sec, bien aéré et d'une température moyenne.

Nancy. E. Bagneris.

 

 

 

  


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