Histoire naturelle
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Les antiseptiques

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LES .ANTISEPTI0UES DANS TOUS LES TEMPS.
(Suite)

Les matières employées le plus ordinairement sont celles dont le pouvoir conservateur est assez faible, ou bien celles qui, se détruisant à la longue, perdent avec plus ou moins de rapidité leurs propriétés antiseptiques.

Les procédés employés peuvent se distinguer en deux catégories, suivant le but particulier que l'on se propose. Si l'on veut des pièces pour l'étude ou pour l'expertise légale on suivra une marche prudente et l'on s'interdira certains produits qui troubleraient les recherches subséquentes; tandis que pour prévenir simplement la putréfaction ou la retarder, comme par exemple quand on transporte un corps au loin, on pourra sans inconvénient employer des procédés beaucoup plus grossiers.

Les corps désoxydants sont particulièrement bons pour empêcher temporairement la corruption, car on sait que ce phénomène est principalement une oxydation. Si donc l'oxygène absorbé est immédiatement enlevé, son action est nécessairement détruite, et tant que le produit employé reste en quantité suffisante, il n'y a aucune autre réaction chimique que sa transformation en un composé d'oxydation supérieure.

C'est ainsi que les sels de fer au minimum sont bons antiseptiques et d'une action peu persistante. Le sulfate, principalement, offre le double avantage d'absorber l'oxygène et de décomposer l'acide sulfhydrique qui pourrait se former. Malgré la modicité de leur prix dans le commerce, ces substances ferrugineuses sont peu employées, à cause de la courte durée de leurs effets. On se sert de préférence aujourd'hui, dans les amphithéâtres, de l'hyposulfite de soude, dont la capacité de saturation par l'oxygène est beaucoup plus grande et l'affinité dans ce métalloïde plus forte que celle des substances dont nous venons de parler. On évalue à deux mois environ le temps après lequel les pièces injectées de ce sel commencent à se décomposer. Proposé par Sucquet, l'hyposulfite de soude est actuellement assez employé pour les corps à disséquer. S'il n'est pas aussi bon antiseptique que certains sels de métaux des dernières sections, il offre l'avantage de ne pas altérer si promptement qu'eux les instruments d'acier. Son seul inconvénient est d'endommager les tables de marbre, en les attaquant profondément. On emploie encore aux mêmes usages d'autres sels de potasse ou de soude, tels que les azotates, les chlorates, et diverses substances organiques, telles que le sucre, l'acide phénique, etc., dont nous parlerons plus loin avec plus de détails. Les sels de zinc sont d'un effet moins persistant que les hyposulfites alcalins, quand, pour éviter l'attaque des lames de scalpel, on les emploie en dissolutions très étendues. Toutefois, l'expérience prouve qu'une eau chargée d'un millième de chlorure ou de sulfate de ce métal donne une préservation assez prolongée pour la plupart des circonstances.

Quand on veut simplement conserver des cadavres dont l'inhumation doit être éloignée, on n'a pas besoin de grandes précautions, et l'on doit rechercher d'autres méthodes moins difficiles à mettre en pratique et moins coûteuses que l'injection. Il suffira généralement de mettre le corps dans un cercueil que l'on remplit de substances antiseptiques et que l'on a soin de doubler de métal et de souder. Quelquefois on s'est servi d'alcool, notamment en mer; mais ce liquide est d'un usage trop incommode pour qu'on puisse le recommander; aussi ne l'emploie-t-on qu'en l'absence de tout autre antiseptique.

En 1853, le conseil de salubrité autorisait l'emploi de sciure de bois imbibée d'une dissolution de sulfate de zinc et parfumée d'essence de lavande. Nous avons déjà exposé les inconvénients de ce sel; nous n'en parlerons plus ici. Nous dirons seulement que sans les arsénites contenus dans ce produit, le sulfate de zinc serait d'un emploi très commode.

De son côté, M. Wafflard, directeur des pompes funèbres de Paris, propose un mélange de sciure de bois et d'acide phénique dans le rapport de 4 à 1 . Avec ces substances, la seule chose à craindre est une préservation trop persistante, et même indéfinie si les cercueils sont placés dans des caveaux maçonnés et peu humides. Il est vrai que les cadavres soumis à ce traitement se rétrécissent et perdent presque leurs formes; mais leur destruction est d'une grande lenteur. On pourrait obtenir des résultais immédiats aussi satisfaisants et moins persistants que par ce procédé, en substituant le goudron à l'acide phénique. On doit rapprocher de cette méthode celle de MM. Corne et Demeaux, qui consiste dans l'emploi du plâtre mêlé de coaltar, et celle que conseille le formulaire des hôpitaux militaires en 1869, et qui ne diffère de celle de M. Wafflard que par la substitution du charbon à la sciure de bois. Là encore la conservation est due aux propriétés antiseptiques de l'acide phénique ou des phénates renfermés dans les substances employées.

Autre est l'action de la chaux dont on se sert fort souvent quand on doit inhumer une grande quantité de cadavres, comme sur les champs de bataille ou dans les temps d'épidémies. Cette matière agit moins comme un antiseptique que comme un agent de destruction ou comme un absorbant des gaz putrides. Les phosphures particulièrement se combinent avec elle avec la plus grande facilité, et les matières grasses perdent leur putrescibilité en donnant sous son influence des savons insolubles. Jusqu'ici la chaux a été presque exclusivement employée pour les enfouissements considérables. Cependant, depuis quelques années on a parlé de la crémation superficielle par les huiles minérales comme offrant plus d'avantages, mais outre qu'un tel procédé offre quelque répugnance quand il s'agit d'êtres humains, il n'a pas été suffisamment employé pour qu'on puisse bien le juger.

Paris.
L. D.
(A suivre.)

 

 

 

  


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