Histoire naturelle
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Les borraginées

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LES BORRAGINEES.

La famille des borraginées est certainement une des plus intéressantes à étudier; ce n'est pas que ses fleurs soient d'une beauté qui charme les yeux, mais leurs propriétés nous fournissent toujours un objet de curiosité et d'étude qui n'est pas sans attrait. Celle famille est certainement la plus connue pour ses usages et c'est aussi la plus utile, car non seulement elle n'offre aucun danger à l'imprudent, mais elle fournit encore de nombreux remèdes contre le mal.

Elle se distingue par ses feuilles toujours alternes qui sont dans la plupart des espèces hérissées de poils rudes. Les fleurs affectent une disposition uniforme et singulière; elles sont en grappes unilatérales, roulées en queue de scorpion avant leur épanouissement. Le fruit est très remarquable : il se compose de quatre carpelles (rarement deux ou un) disposés carrément au fond du calice qui les protège.

Nous remarquons surtout dans celte famille les genres : Borrago, Symphytum, Anchusa, Myosotis, Cynoglossum, Lithospermum, Orcanum, Pulmonaria et Heliotropium qui prêtent à une étude intéressante et en même temps d'une certaine utilité.

Le genre Borrago est le type de la famille et lui donne son nom. Il ne contient qu'une seule espèce :

Le Borrago officinalis L. (de la bourre, poils rudes dont les tiges et les feuilles sont hérissées). La bourrache est une plante dont les feuilles sont épaisses, nervées, crispées ondulées, oblongues. les inférieures rétrécies en un long pétiole ailé, les supérieures sessiles et demi-amplexicaules. Les fleurs sont d'un beau bleu ciel, en étoiles, quelquefois roses ou blanches, en grappes terminales ou feuillées.

Point de jardin un peu pharmaceutique où la bourrache ne soit cultivée pour ses feuilles et ses fleurs. C'est un des meilleurs émollients, sudorifiques et diurétiques à employer dans les affections inflammatoires. On l'utilise en infusions et cataplasmes. La bourrache est alimentaire; ses feuilles se mangent en potage ou en friture. Ses fleurs donnent une couleur verte pour la teinture. La bourrache est originaire d'Orient, elle vient partout; il suffit de l'introduire une fois dans un jardin pour qu'elle s'y perpétue d'elle-même et sans culture.

Le Symphytum officinale L., croît dans les prairies couvertes et humides. Sa tige est anguleuse et rameuse au sommet, hérissée de poils blanchâtres. Ses feuilles sont ovales, molles, un peu rudes et le pétiole est d'autant plus long que les feuilles se rapprochent du bas de la lige. Les fleurs sont d'un blanc jaunâtre, quelquefois violettes, en grappes penchées, latérales et terminales. Son fruit représente une noix lisse à rebord saillant et plissé. Le nom de consolide (du latin consolida) qu'on donne vulgairement à cette plante indique assez les propriétés tant vantées de la consoude. Elle est employée dans les phtisies, les fluxions de poitrine et les crachements de sang. Ses sommités et ses racines sont comestibles.

Anchusa italica Retz. Le nom de langue de boeuf qu'on donne encore à cette plante pour la rudesse et la forme de ses feuilles est la fidèle traduction du mot grec buglosse. Celui d'Anchusa fait présumer que les anciens la croyaient bonne contre les maux de gorge. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle jouit des mêmes avantages que la bourrache, étant comme elle émolliente, sudorifique et pectorale. Elle a mérité pour cela le surnom de bourrache bâtarde.

Il est peu de borraginées aussi belles; ses liges majestueuses, ses longues feuilles velues et ses fleurs bleues ou rosées d'une certaine grandeur en font un des plus gracieux ornements des terrains calcaires et desséchés où elle se plaît de préférence.

Myosotis palustris With. Qui ne connaît et n'a cueilli cette petite fleur sur le bord des prairies humides et des ruisseaux ombragés? Ses feuilles sont oblongues lancéolées et sessiles. Les radicales forment ordinairement une rosette. La fleur est petite, en soucoupe et à gorge jaune.

Le myosotis prend dans le langage des fleurs les noms de : Ne m'oubliez pas. Souvenez-vous de moi..., etc., et on raconte que cette dénomination a une origine vraiment touchante : Un jeune homme se baignait dans une onde pure, une touffe de myosotis le tente, il nage vers elle, la cueille et la jette à ses amis en s'écriant : « Ne m'oubliez pas. » On ne le revit plus, mais la plante a gardé ses derniers mots et sa mémoire.

Tous les myosotis sont mucilagineux et antiophtalmiques, appliqués en cataplasme.

Le Cynoglossum officinale L., et le C. pictum sont, parmi les espèces intéressantes de ce genre, les seuls qui méritent le nom de langue de chien par la forme de leurs feuilles et la douceur de leur duvet. On les trouve sur le bord des chemins calcaires, leurs fleurs sont d'un rouge faux ou d'un bleu veiné, et leurs feuilles d'une odeur désagréable rappelant celle des solanées; aussi participent-ils, surtout par leur racine, prise à une assez forte dose, aux propriétés narcotiques de ces dernières. Mêlés à l'opium, ils servent à faire des pilules, et la plante réduite en poudre est un remède contre la morsure des serpents; ses feuilles appliquées à l'extérieur sont émollientes.

Georges Levassort,
Institution Saint-Vincent, à Senlis.
(à suivre).

 

 

 

  


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