Histoire naturelle
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Influence de la lumiere

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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INFLUENCE DE LA LUMIERE SUR LA VEGETATION.
(Suite.)
SON ROLE SUR LES MOUVEMENTS.

Si l'on jette un coup d'oeil sur l'ensemble des êtres qui composent le règne végétal, on est surpris de voir que les organismes les moins développés, ceux qui ne sont formés que d'un seul élément simple, que d'une cellule, jouissent de la propriété de se transporter d'un milieu dans un autre, propriété qui est, comme on le sait, commune à la plupart des animaux.

Il n'en est pas de même des êtres plus supérieurs qui sans cesse fixés aux corps qui les environnent et desquels ils tirent une partie de leur nourriture sont incapables de se déplacer. Il est vrai cependant qu'il existe des mouvements chez des plantes d'un ordre assez élevé ; mais ces déplacements ne sont point, il faut le dire, effectués par l'organisme tout entier; ils ne sont produits que par des organes spéciaux, comme les feuilles et les corolles. Qui de vous, cher lecteur, n'a pas été une fois à même d'observer les curieux mouvements des feuilles de la sensitive, ou n'a pas entendu parler des oscillations qu'exécutent les folioles d'une légumineuse exotique, de l'Hedisarum gyrans? Qui de vous enfin n'a pas remarqué les déplacements de certaines corolles dont les pétales étalés pendant le jour se ferment à l'approche de la nuit pour se rouvrir aux premières heures de la matinée suivante?

Tous ces déplacements totaux ou partiels, qui sont produits, soit par un organisme élémentaire, par une cellule, soit par une réunion d'éléments, peuvent être désignés sous le nom de mouvements de masse ; mais, indépendamment de ces mouvements, il y en a d'autres qui ont leur siège dans l'intérieur des cellules à l'état jeune, dans cette matière vivante de nature albuminoïde à laquelle on a donné le nom de protoplasma.

1° Mouvements du protoplasma.

Le protoplasma est cette matière azotée, ordinairement transparente, qui fait partie intégrante de la cellule végétale. Sa composition chimique, ainsi que les réactions qu'elle forme avec certains produits minéraux, l'ont fait ranger parmi les substances albuminoïdes. Ce protoplasma qui dans la plupart des cas est entouré d'une membrane extérieure constituée par de la cellulose plus ou moins pure, pour le principal rôle dans la vie cellulaire et par suite dans la vie végétale, c'est lui qui transforme les principes inorganiques (acide carbonique, eau, ammoniaque) puisés dans le sol ou dans l'atmosphère, en principes organiques (chlorophylle, amidon, graine, sucre, matières albuminoïdes), capables d'accroître et de modifier les éléments préexistants, et de produire de nouveaux éléments, qui suivant leur différentiation et leur intégration, constituent les divers tissus et organes végétaux.

Le protoplasma est donc le siège d'une foule d'opérations chimiques dont le résultat est la formation des principes élaborés et la production de forces qui organisent la matière brute et concourent avec la lumière, la chaleur, etc., à l'accomplissement des fonctions vitales. Il est la substance véritablement active, sans lui la vie végétale n'aurait point sa raison d'être.

Le protoplasma est, comme je l'ai dit plus haut, contenu dans une membrane cellulosique plus ou moins épaisse. Cet état existe chez tous les phanérogames, chez les cryptogames vasculaires, chez les mousses, les lichens et une grande partie des algues et des champignons; mais chez la plupart des êtres les plus simples, chez ces êtres ambigus qui tiennent à la fois de la plante et de l'animal et forment, pour ainsi dire, la limite entre les deux règnes vivants, le plasma constituant un organisme élémentaire se présente à l'état libre, sans être entouré d'une enveloppe. Dans cette classe se trouvent les amibes, les myxomycètes, etc.

Ce protoplasma contenu ou non dans une membrane est composé de molécules qui affectent, d'après Noegeli, des formes géométriques, comme les substances minérales, et sont enveloppées chacune d'une atmosphère d'eau plus ou moins considérable. Lorsque cette matière albuminoïde est jeune, ses molécules sont imprimées d'un mouvement tantôt continu, tantôt intermittent, qui souvent est suivi d'une modification dans la forme de la masse protoplasmique elle-même.— Un assez grand nombre de plantes se prêtent à l'observation de ces déplacements moléculaires. Telles sont, par exemple, les Chara, les Vallimeria, les Tradescantia, les Cucurbita, etc. Si l'on examine à un faible grossissement une cellule d'un Chara, algue assez commune dans les eaux dormantes et calcaires, on remarquera que le protoplasma, qui forme une bande étroite tapissant l'intérieur de la membrane cellulaire, charrie, sans changer de forme appréciable, des granules de chlorophylle et de matières étrangères.

Que l'on porte maintenant son attention sur les cellules des poils staminaux du Tradescantia, on sera témoin de déplacements un peu différents. Dans ces cellules, en effet, le protoplasma, au lieu de former une bande pariétale, se présente sous l'aspect de filaments déliés partant de divers points de l'enveloppe cellulaire, qui viennent converger dans l'intérieur des utricules vers une masse plasmique entourant le nucléus. Il résulte de cette disposition que les molécules ne se meuvent point le long des parois, mais circulent dans diverses directions.

Tous ces changements s'opèrent, pour ainsi dire, sans interruption, tant que les cellules ne sont pas trop avancées en âge; mais outre ces déplacements moléculaires continus, il en existe d'autres qui s'en rapprochent et cependant en diffèrent en ce qu'ils ne s'effectuent qu'à une période limitée de la vie cellulaire. On classe dans cette catégorie les mouvements qui ont leur siège dans le plasma, lorsqu'une cellule est sur le point d'en former deux ou plusieurs autres. — Personne n'ignore qu'au moment où un utricule va donner naissance à des éléments semblables, il se produit généralement et en premier lieu deux ou plusieurs nucléus qui deviennent chacun un centre d'attraction autour duquel vient se grouper une partie de la masse protoplasmique auparavant répandue dans tout l'intérieur de la cellule mère. Ces courants, dits intermoléculaires, qui, selon Hoffmeister, proviennent de la variation de la proportion d'eau dans les diverses régions du plasma, sont activés ou ralentis par les agents physiques et chimiques.

Ce serait ici l'occasion de faire connaître l'influence de la chaleur et de la lumière, de certaines bases et de certains acides sur les courants protoplasmiques; mais le sujet que je me suis proposé de traiter ne me permettant pas d'insister davantage sur tous ces points, je me vois forcé d'abandonner pour le moment, sauf à y revenir plus tard, ces diverses questions intéressantes, pour étudier immédiatement l'action exercée par la lumière sur les changements des molécules albuminoïdes.

A. Mouvements du protoplasma nu. — Quelques êtres inférieurs, comme les amibes et les myxomycètes, nous offrent des exemples remarquables d'organismes constitués uniquement par du protoplasma qui n'est point contenu dans une membrane. Si l'on examine attentivement une amibe au microscope, on sera témoin, non seulement de la production de courants moléculaires dans l'intérieur du protoplasma, mais encore d'un changement continu de forme de la masse elle-même. Ces modifications dans les contours de la substance plasmique résultent de la formation en divers points de prolongements qui d'abord faibles, grandissent peu à peu, puis arrivés à leur maximum de longueur, diminuent et disparaissent enfin en même temps que d'autres pseudopodes prennent naissance sur d'autres points du sarcoïde.

Les Myxomycètes exécutent à une certaine période de leur existence des mouvements analogues.

On sait positivement qu'une élévation de température, si elle ne dépasse pas une certaine limite, rend plus actifs les mouvements amoeboïdes. Quant au mode d'action de la lumière sur l'émission de ces pseudopodes, il est, jusqu'à ce jour, encore peu connu. Les seules recherches qui aient été dirigées de ce côté sont dues à un naturaliste allemand, et encore ces recherches n'ont-elles porté que sur quelques myxomycètes dont les plasmodia assez considérables se prêtent très bien à l'observation des déplacements sous l'influence des rayons lumineux. Voici un des procédés que ce savant mit en oeuvre. Un Plasmodium. d'AEthalium septicum fut exposé en partie à la lumière, en partie à l'obscurité. Des prolongements dont le nombre et la longueur variaient à chaque instant s'étendaient de distance en distance sur le côté éclairé, phénomène qui ne se manifesta point sur le côté placé à l'ombre. Ce seul fait nous apprend que les Plasmodia de ces êtres exécutent des mouvements amoeboïdes lorsqu'ils sont soumis à l'action de la lumière, tandis qu'ils ne changent point de formes quand ils sont mis à l'abri de cet agent.

Ces recherches jettent quelque jour sur la question de l'influence de la lumière, sur les mouvements du protoplasma nu; mais elles ne la résolvent point complètement. On n'aura des idées véritablement précises qu'en expérimentant sur un plus grand nombre d'espèces et en étudiant l'action non seulement de la lumière diffuse, mais encore de la lumière solaire directe.

Nancy.
Ad. Lemaire,
Membre de la Société d'études scientifiques de Nancy
(A suivre).
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