Histoire naturelle
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Les antiseptiques dans le temps

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LES ANTISEPTIQUES DANS TOUS LES TEMPS.

Après avoir suivi les développements de la science des antiseptiques, il peut être intéressant de considérer l'état où l'ont laissée les plus récents travaux. Aussi nous allons jeter un coup-d'oeil rapide sur les dernières découvertes et passer en revue les principaux produits conservateurs que nous offre la chimie moderne.

Quelques nouveaux procédés de préparation des cadavres ont été proposés pour remplacer ceux de Gannal et des embaumeurs de son époque, mais la plupart sont restés inconnus jusqu'ici. Cherchant dans leurs découvertes une source de profits, les inventeurs gardent, en général, le secret de leurs méthodes pendant un temps plus ou moins considérable, afin de pouvoir, après des épreuves suffisantes, en retirer les fruits qu'ils en attendent. C'est ainsi que l'Institut reçut, il y a quelques années, des pièces préparées par Gorini en Italie, et offrant toutes les apparences d'une conservation parfaite, sans que l'on sache le moyen employé pour parvenir à ce résultat. Ces pièces étaient lourdes, pétrifiées pour ainsi dire, et pouvaient se scier à la manière du marbre. Ce procédé est perdu pour la science, car l'inventeur a emporté son secret en mourant.

Sans nous arrêter plus longuement sur ce sujet, nous terminerons en d'écrivant la méthode trouvée récemment par M. Brunetti. D'une application longue, coûteuse, et par conséquent peu pratique, ce traitement n'aurait qu'un faible intérêt s'il ne donnait des préparations particulièrement remarquables. Aussi nous nous y arrêterons un instant. Brunetti ouvre comme Gannal la carotide et les jugulaires; à la première, il adapte un tube qui communique avec un récipient d'eau sous pression, et permet d'entretenir un courant de ce liquide jusqu'à expulsion complète du sang et des autres fluides du corps. Celle opération préliminaire terminée, le cadavre est soumis à une injection d'alcool qui se pratique de la même manière, et dont le but est d'expulser l'eau que les vaisseaux sanguins avaient retenue après le lavage. Une troisième injection succède à celle-ci, mais cette fois ce que l'on cherche est d'éliminer autant que possible les portions graisseuses. On se sert à cet effet du dissolvant par excellence des corps gras, de l'éther sulfurique. Reste à procéder au véritable traitement chimique. Celui-ci est d'une grande simplicité; il consiste à faire circuler une dissolution de tannin de la même manière que les liquides laveurs. Quand on juge que la substance préservatrice a pénétré intimement toutes les parties du corps, on arrête l'opération. La pièce est alors portée dans une étuve dont la température doit être maintenue constante, tandis que par les voies ouvertes pour les injections, on fait arriver un courant d'air à 50°. Cette dernière opération est très importante, et du soin que l'on y apporte dépend en grande partie le succès final. Son action est en effet de permettre un dessèchement régulier et complet. — Les pièces soumises au traitement Brunetti sont tout à fait incorruptibles et gardent leurs formes naturelles, si la pression de l'air injecté est convenablement réglée. Elles présentent une légèreté remarquable, et sont comparables en ce point aux momies blanches d'Arabie.

Quant à leur teinte, elle est grise, uniforme, et si l'on voulait reproduire les apparences de la vie, on serait obligé de recourir au fard pour masquer la couleur désagréable qu'offrent ces préparations.

Nous ne développerons pas ici tous les procédés mis en pratique actuellement et qui parlent tous des mêmes principes que ceux dont nous avons parlé. L'énumération en serait fastidieuse et inutile, car chaque praticien a sa méthode particulière plus ou moins bonne, qui le plus souvent ne diffère que par des détails insignifiants de celles de ses concurrents. Quoi qu'il en soit, nous ne terminerons pas cette question intéressante sans dire un mot des embaumements temporaires.

Jusqu'ici, nous n'avons exposé que les principales solutions du problème de la conservation indéfinie, proposées jusqu'à nos jours. L'histoire des embaumements temporaires est toute contemporaine; aussi ne sera-t-elle pas longue.

La population si resserrée de nos contrées civilisées, et surtout de nos grandes villes, a rendu nécessaires les études d'hygiène, et naturellement on s'est trouvé conduit à chercher les moyens de combattre le terrible fléau des miasmes cadavériques qu'engendrent si facilement les épidémies. Les amphithéâtres, les hôpitaux et les cimetières étaient les plus dangereux foyers de ces émanations pestilentielles. Dans les derniers, il suffit de précautions fort simples dont la sévérité de la police assure la pleine exécution. Mais dans les hôpitaux et les salles de dissection, où les morts peuvent séjourner pendant un temps considérable, il fallait recourir à des traitements chimiques pour prévenir la corruption, et de nombreuses études ont été faites pour obtenir un assainissement complet de ces différents lieux.

Pendant longtemps, les fumigations furent le procédé presque exclusivement employé; mais outre qu'elles donnaient des odeurs souvent insupportables, elles ne réussissaient pas toujours à arrêter la putréfaction. On avait bien la ressource de l'embaumement, mais en présence du nombre de cadavres pour lequel on devait l'employer et de son prix coûteux, il ne fallait pas songer à l'employer, et d'un autre côté il eût été tout à fait inapplicable aux sujets d'études anatomiques. Ce n'était pas encore là le plus grand inconvénient de cette pratique. Il en est un autre infiniment plus grave, dont on se rend facilement compte en songeant aux conséquences qu'entraînerait l'entassement de milliers de corps garantis d'une corruption prochaine.

En présence de ces obstacles de toute nature, la question se montre sous un tout autre aspect que celle que nous avons étudiée jusqu'à présent. Il s'agit de trouver le moyen d'obtenir une conservation parfaite, mais limitée. Tel qu'il se pose, ce problème est plus facile à résoudre qu'on ne le croirait au premier abord, et les recherches bien dirigées des savants de notre époque ont conduit à des solutions trés satisfaisantes.

Paris.
L. D.
(A suivre.)

 

 

 

  


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