Histoire naturelle
Précédente / Remonter / Suivante

Entomologie pratique

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

Accueil
Remonter
Phosphorescence de la mer
Histologie végétale
Les Huîtres
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Communications
Le Congrès scientifique de Bordeaux
Les Antiseptiques dans tous les temps
Sur la Chlorophylle et les matières colorantes
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Insectes électriques
Communications
De la préparation des Limaces
De la préparation des Limaces
Société d'études scientifiques de Paris
Observations d'un amateur d'oiseaux
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Communications
La famille des Solanées
Note sur la glacière de la Grâce-Dieu
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Les Huîtres
Recherches sur le terrain de Trias
Recherches sur le terrain du trias
Communications
La famille des Solanées
Le Martinet et son nid
Le Dytisque bordé
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Entomologie pratique
Le corbeau
Communications
Le chant du moqueur
Les antiseptiques dans le temps
Influence de la lumiere
Comminications
Les borraginées
Les antiseptiques
Influence de la lumière
Coloration et défoliation
Entomologie pratique
Une révolution dans l'architecture des hirondelles
La pie-grièche
Les antiseptiques dans tous les temps (suite)
Les borraginées (suite)

 

ENTOMOLOGIE PRATIOUE.
L'échenillage.
I.

L'étude de l'entomologie offre le plus grand intérêt, lorsqu'on s'attache aux rapports des insectes avec les végétaux sur lesquels on les trouve ou aux dépens desquels ils vivent, et toutes les fois que le hasard ou les recherches font découvrir ces rapports, il est très important de les noter : ce sont des matériaux à ajouter à la science.

La connaissance de la forme et surtout de la disposition des oeufs des insectes est une des parties importantes de l'entomologie, et un coup d'oeil exercé donne la facilité de déterminer sur-le-champ l'insecte auquel appartiennent les oeufs que le hasard présente parfois aux observateurs et que le naturaliste un peu expérimenté parvient aisément à découvrir quelque part qu'ils se cachent.

Détruire ces oeufs, c'est détruire d'un seul coup toute une longue suite de générations d'insectes.

C'est donc l'étude de quelques-uns de ceux-ci que je vais m'efforcer de vous présenter aujourd'hui, aussi complètement que possible.

Je m'occuperai d'abord des quatre espèces les plus apparentes et dont les dégâts sont les plus préjudiciables aux arbres fruitiers de nos jardins et de nos vergers.

Il y a certainement longtemps que tout le monde a remarqué ces bourses soyeuses qu'on voit suspendues, dès le mois d'août, à l'extrémité des branches des arbres, principalement des poiriers et des aubépines.

Mais peu de personnes se demandent comment peuvent se former et qui a façonné si solidement ces amas blanchâtres qui résistent aux plus mauvais temps. Ce sont tout simplement les petites chenilles du bombyx (Porthesia chrysorrhoea) appelé vulgairement phalène blanche à cul brun ou arctie queue d'or.

Dans le milieu de l'été, on pourrait voir sur les feuilles ou sur les branches des arbustes, des haies, principalement sur les feuilles des arbres fruitiers, des masses velues rousses; ces masses contiennent des oeufs déposés en paquets oblongs par la femelle du bombyx en question, qui s'est dépouillée des longs poils placés à l'extrémité de son abdomen pour en recouvrir sa lignée. Les petites chenilles qui en éclosent vers la fin de juillet ou au commencement d'août, filent en société, aussitôt leur sortie de l'oeuf, et forment, en nouant ensemble quelques feuilles, ces toiles blanches peu difficiles a découvrir à la fin de l'été et parfaitement visibles pendant l'hiver; elles sont faciles à enlever et à détruire en coupant les branches sur lesquelles on les trouve placées. Ces toiles, plus ou moins vastes, sont d'ordinaire fixées aux sommités des rameaux des arbres.

Les chenilles de notre bombyx ont une longueur de 36 millimétres; elles sont brunes, avec une tache blanche sur les côtés des cinq ou six derniers segments et un petit tubercule rouge sur les trois derniers; tout le corps est couverts de faisceaux de poils bruns.

C'est principalement contre les bourses de cette chenille que sont dirigées les mesures prescrites annuellement pour l'échenillage; j'ajouterai même que c'est absolument contre elles, ce qui est insuffisant, puisqu'elle n'est point la seule espèce nuisible.

Pour terminer et bien faire connaître ce terrible ravageur, il me reste à décrire sa manière de se métamorphoser et l'insecte parfait lui-même; nous connaîtrons alors l'ennemi an complet.

Arrivées à toute leur taille dans le courant de juin, les chenilles construisent séparément, mais souvent en petits groupes, une coque molle, entremêlée de quelques poils, entre les feuilles ou dans les bifurcations des branches. Le papillon éclôt au bout de trois semaines. Il a les ailes blanches, ainsi que le corps, à l'exception des derniers anneaux qui sont d'un brun obscur.

Tout ce que je viens d'indiquer pour le B. chrysorrhoea se rapporte également, ou à peu près, à son congénère, le B. auriflua (phalène blanche à cul jaune ou arctie cul doré). Seulement, la chenille de ce dernier bombyx est bien moins commune que celle du précédent; elle est par conséquent, moins nuisible, car elle habite de préférence les bois et les haies d'épines. La femelle de ce lépidoptére pond ses oeufs vers la fin de juillet et les petites chenilles éclosent dans le courant du mois d'août. Comme leurs congénères, elles mangent, ou plutôt dévorent, jusqu'aux premières gelées, le parenchyme des feuilles, dont elles font une espèce de dentelle.

Mais elles diffèrent essentiellement de celles du B. chrysorrhoea en ce qu'elles tissent pour se mettre à l'abri, et chacune de son côté, une petite coque d'un brun grisâtre, dans le genre de celles que se fabriquent les araignées. On les trouve, au nombre de trois à six, rarement plus, appliquées sous les écorces de beaucoup d'arbres.

La chenille diffère également de sa congénère. Les poils de son corps sont gris, au lieu d'être roussâtres; la double ligne rouge de son dos commence au deuxième anneau, et elle se dilate en croissant sur le quatrième, lequel, ainsi que le suivant, offre une bosse charnue dont la sommité est blanche; les deux séries de taches blanches sont d'ailleurs plus longues et d'un ton plus gai; outre cela, les tubercules qui avoisinent les pattes sont d'un brun ferrugineux et entourés de rouge; la tête est plus noire, et il y a sur le premier anneau trois traits jaunes, longitudinaux et parallèles.

Ses oeufs se distinguent de ceux de l'espèce précédente en ce qu'au lieu d'être incarnats comme chez le B. chrysorrhoea, ils sont d'un jaune de millet et la bourre soyeuse qui les recouvre d'un jaune doré pâle.

Sa métamorphose en chrysalide comme celle de l'espèce précédente, a lieu vers la fin de juin ou au commencement de juillet entre les feuilles ou à l'aisselle des branches, dans une coque molle, mais serrée, entremêlée de quelques poils. L'insecte parfait éclôt au bout de trois semaines.

Quant au papillon, il ressemble beaucoup au bombyx cul brun. Mais il est d'un blanc plus pur et plus brillant; ses premières ailes ont le bord antérieur visiblement plus arqué; sou dos est tout blanc et son anus d'un jaune doré; ses antennes ont les barbes plus grises que jaunâtres; enfin, il sent le musc lorsqu'il est vivant, tandis que son analogue n'a point d'odeur.

La chenille de ces deux ravageurs vit sur le chêne, le charme, l'orme, le bouleau, le saule, le peuplier, l'aubépine, le prunellier, le poirier, tous les arbres fruitiers, du reste, presque indistinctement; tout lui est bon, arbre, plante ou arbuste. Où le hasard de sa naissance l'a placée, où les vents l'ont jetée, elle dévore encore et toujours.

Amboise.
Ernest Lelièvre,
Membre correspondant de la Société d'études scientifiques d'Angers.
(A suivre.)

 

 

 

  


-----
Pour les personnes plus intéressées par les dessins et gravures


Gravures, illustrations, dessins, images
galerie de gravures, illustrations, dessins, images