Histoire naturelle
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Le Dytisque bordé

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LE DYTISQUE BORDÉ.

Le dytisque bordé (Dytiscus marginalis L.) a un peu plus de trois centimètres de long. Son corps, ovale, allongé, est d'un brun foncé, à reflets olivâtres; une bande jaunâtre, qui borde son corselet et ses élytres, lui a valu le nom qu'il porte. La femelle se reconnaît presque toujours aux dix profondes cannelures qu'elle a sur les élytres, le mâle n'ayant sur celles-ci que deux ou trois sillons très fins, à peine marqués.

Les pattes de devant, qui servent surtout à l'insecte à saisir sa proie et à s'accrocher aux plantes et aux parois de la mare où il vit, offrent, chez le mâle, une disposition particulière : les trois premiers articles des tarses se dilatent, en formant par leur réunion une sorte de disque; les pattes postérieures servent à la nage : elles sont déprimées, très longues, munies de poils assez longs, et constituent une véritable paire de rames à l'aide de laquelle le dytisque se meut avec rapidité dans l'eau. Cet insecte est très carnassier et s'attaque à des ennemis souvent beaucoup plus grands et plus forts que lui, qu'il déchire à belles dents. Ayant un jour laissé un moment dans le même aquarium un dytisque et une tortue d'eau d'environ dix centimètres de longueur, je ne tardai pas à voir celte dernière tuée par l'insecte, qui lui creva les yeux, puis, de ses mandibules tranchantes, lui coupa les muscles du cou, l'empêchant ainsi de rentrer la tête sous sa carapace.

Pour respirer, le dytisque monte à la surface de l'eau, s'y tient la tête en bas, l'extrémité de l'abdomen émergeant un peu, soulève légèrement ses élytres et remplit d'une provision d'air l'intervalle que celles-ci laissent entre elles et le corps de l'insecte; c'est dans cette sorte de réservoir à air que viennent s'ouvrir les trachées qui se distribuent dans tous les organes, où elles vont vivifier le sang.

La larve du dytisque bordé atteint, après plusieurs mues, une longueur de six centimètres environ; son corps est composé de onze anneaux; sa tête porte de chaque côté six petits yeux distincts, placés les uns à côté des autres, comme dans le 6 du dé à jouer; sa bouche est armée de deux fortes mandibules, dont elle se sert pour saisir les larves, les insectes et les crustacés dont elle se nourrit, ou pour attaquer des têtards et même de petites grenouilles. Ces crochets sont creux et percés d'un trou par lequel, d'après Lyouet, la larve sucerait le sang de ses victimes.

Lorsqu'elle va se changer en nymphe, c'est-à-dire dix jours environ après sa dernière mue, elle sort de l'eau, se creuse un trou près du bord et s'y enterre. Les stigmates sont alors bien visibles sur le côté des anneaux, tandis que, après les mues précédentes, on ne les apercevait pas encore, la larve respirant par l'extrémité de l'abdomen qu'elle portait de temps en temps à la surface de l'eau, à peu près à la manière de l'insecte parfait. Le dytisque reste un mois environ à l'état de nymphe; puis il en sort avec des élytres à peine développées, mais qui se forment en quelques heures.

Le dytisque bordé se trouve communément dans les eaux tranquilles. Il voyage d'une mare à l'autre et peut parcourir ainsi de très grandes distances; car il vole très bien, quoique bruyamment et assez lourdement : il n'est pas très rare d'en prendre le soir au vol.

On peut facilement élever les dytisques dans des bocaux ou des aquariums, en les nourrissant de viande crue ou de vers, de larves, etc.; ils vivent fort longtemps, relativement à la plupart des autres insectes, à l'état d'insectes parfaits, et passent l'hiver sous cette forme. On les voit assez souvent nager sous la glace.

Les femelles pondent au printemps plus d'une fois, et chaque ponte est d'environ 40 à 50 oeufs, qui sont blancs, oblongs et un peu courbes; mais il est rare que ces oeufs éclosent dans les vases où l'on élève des dytisques; ils sont très délicats et meurent presque toujours avant l'éclosion des jeunes larves.

Bâle.
H. H.

 

 

 

  


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Le Dytisque bordé