Histoire naturelle
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Note sur la glacière de la Grâce-Dieu

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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NOTE SUR LA GLACIÈRE DE LA GRACE-DIEU.

La grotte de la Glacière est située à 20 kilomètres environ de Baume-les-Dames (Doubs), à peu de distance du couvent de la Grâce-Dieu. L'accès en est assez aisé. Depuis la maison voisine, qui sert d'auberge, on descend dans la grotte sans difficulté, par un chemin creusé en zigzags dans un sol couvert de pierres et de terre glissante.

La voûte d'entrée a une hauteur de 100 mètres environ; mais celle-ci diminue bientôt, et au milieu même de la grotte, elle n'atteint guère que 35 mètres. De forme à peu près circulaire, cette caverne a une largeur maximum de 35 à 40 mètres. Le sol est couvert d'une couche de glace de 0m40 à 0m50 d'épaisseur, interrompue en certains endroits par des flaques d'eau.

De grands blocs de glace, de forme le plus généralement irrégulière et pyramidale, s'élèvent au-dessus du sol. Leur hauteur varie de 5 à 6 mètres; elle peut descendre jusqu'à 1 mètre au moins. Ils sont formés par la congélation des gouttes d'eau qui tombent incessamment de la voûte.

Il est assez curieux de trouver des glaces qui ne disparaissent jamais entièrement à quelques centaines de mètres seulement au-dessus du niveau de la mer; aussi a-t-on cherché à en expliquer la présence. On a dit que le froid assez intense pour congeler l'eau dans cette grotte, et surtout pour permettre à la glace de s'y conserver pendant les chaleurs de l'été, était dû à des courants d'air particuliers. Je dois avouer que j'ai bien cherché à ressentir ces prétendus courants, mais que ce fut en vain.

Pour nous, voici une explication qui nous paraît plus facile :

La grotte étant creusée à 100 ou 200 mètres au-dessous du sol, lorsque en hiver la température descend à -15° ou -20°, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'eau se gèle. En été, lorsque au voisinage de la grotte le thermomètre marque 20° ou 25°, l'air chaud, moins dense que l'air froid, monte et laisse l'air froid au fond de la caverne. Cet air, en contact avec celui de l'extérieur, lui prend, il est vrai, de la chaleur, mais celle-ci est alors employée à fondre une petite partie de la glace.

De plus, un fait très important à noter, c'est que la grotte se trouve entourée de tous côtés par de hautes futaies qui arrêtent les rayons du soleil et doivent, par conséquent, puissamment contribuer à la conservation de la glace. C'est, en effet, ce qu'on a pu observer il y a quelques années; comme on avait, pendant un été, coupé tous les arbres autour et au-dessus de la grotte, les blocs de glace qui s'y trouvaient disparurent presque entièrement; aussi, dès lors, se garde-t-on bien de toucher à ces futaies.

En admettant ces explications, on comprend facilement pourquoi l'air reste toujours à 0°, température que nous avons constatée à l'aide d'un thermomètre laissé pendant plus d'une heure à l'intérieur de la grotte, la température, à quelques mètres de l'entrée étant de 15° R. Plongé dans les flaques d'eau qu'on trouve en certains endroits, le thermomètre nous a également donné 0°, ce qui était tout naturel, puisque cette eau provient de la fonte partielle de la glace.

Je ne sais si d'autres glacières de ce genre existent en France; mais celle-ci est, sans contredit, une des plus belles curiosités naturelles du département du Doubs.

Paris.
E. Duvernoy,
Membre de la Société d'études scientifiques de Paris.

 

 

 

  


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