Histoire naturelle
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La famille des Solanées

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LA FAMILLE DES SOLANEES.

Les solanées sont, à tous les points de vue, très intéressantes à étudier : les unes, comme la pomme de terre, la tomate, l'aubergine, jouent un grand rôle dans l'alimentation; les autres, comme la belladone et la jusquiame, ont reçu de nombreuses applications en médecine. D'autre pari, plusieurs d'entre elles étaient employées dans les opérations magiques de l'antiquité et du moyen âge. Les solanées habitent, pour la plupart, la zone intertropicale; le nombre de celles qui croissent dans les régions tempérées est assez restreint. Le Solanum nigrum et le S. dulcamara seuls atteignent une altitude un peu élevée.

Dans cette famille, les tiges sont herbacées ou ligneuses et atteignent parfois un mètre ou deux de hauteur (Atropa, Nicotiana); les feuilles alternes simples ou composées; le calice monosépale persistant; la corolle monopétale plus ou moins régulière; les étamines insérées sur le tube de la corolle et alternes avec ses divisions; le fruit capsulaire ou baccien; les graines nombreuses.

Nous ne pouvons passer en revue tous les genres de cette nombreuse famille; nous nous contenterons de dire quelques mots des suivants : Solanum, Physalis, Atropa, Mandragora, Capsicum, Lycium, Hyoscyamus, Datura, Nicotiana.

Le genre Solanum renferme de nombreuses espèces.

Le Solanum dulcamara L., connu vulgairement sous le nom de Douce-Amère, à cause de sa saveur. I1 est très répandu dans les haies humides, sur le bord des ruisseaux. C'est une plante sarmenteuse dont les feuilles inférieures sont ovales en coeur et les supérieures plus allongées. Ses fleurs forment de jolies grappes violettes; ses étamines sont cohérentes, saillantes hors de la corolle; ses baies rouges, ovoïdes.

La Douce-Amère fut proclamée panacée universelle, mais on ne l'emploie plus que dans les maladies chroniques de la peau.

Le Solanum nigrum Lord., croît aux abords des habitations, sur les décombres, dans les lieux vagues. Ses fleurs sont blanches, ses baies sphériques noires lors de leur maturité. Ces dernières produisent les symptômes narcotiques les plus graves, souvent elles occasionnent la mort. On assure pourtant que la cuisson fait perdre à la plante ses propriétés vénéneuses et qu'on peut manger ses feuilles en guise d'épinards.

La pomme de terre (Solanum tuberosum) est le don le plus précieux que l'Amérique ait fait à l'ancien continent. Elle est originaire des Cordillères du Pérou et du Chili, où elle servait à l'alimentation des indigènes longtemps avant la découverte du Nouveau-Monde. On n'est d'accord ni sur la date précise de son apparition en Europe, ni sur le pays où elle fut d'abord cultivée. Les uns disent qu'elle fut importée en Galicie vers 1530; les autres disent que le marchand d'esclaves Hawkins l'introduisit le premier en Europe (Irlande) en 1545 et que ce ne fut qu'en 1578 que Franz Drake la vulgarisa en Angleterre. Chacun sait que la culture en fut répandue en France par Parmentier. Depuis cette époque, cette précieuse plante a rendu de véritables services : peu de temps après son apparition en France, elle nous sauva de la disette de 1793, et elle nous a rendu les mêmes services en 1816 et en 1817. On en retire une grande quantité de fécule, qui peut se convertir en sucre et en alcool.

Voici les produits de l'analyse du tubercule de S. tuberosum :

Cellulose et parenchyme 6,8
Fécule 13,3
Albumine 1,0
Glucose. 3,3
Acides et sels 1,3
Matière grasse 0,1
Eau. 74,
Total 100,0

Vers le milieu de ce siècle, la pomme de terre a été attaquée par deux maladies. La première, appelée gangrène sèche, a sévi dans une grande partie de l'Allemagne, en 1830. Le tubercule attaqué se transformait progressivement en une masse dure, brune. Elle a été attribuée à un champignon, le Peristorium solani. La seconde s'est déclarée en Hollande en 1845; de là, elle a gagné rapidement la Belgique, l'Angleterre, la France et l'Allemagne. Elle est caractérisée par des taches brunes sur les fanes et sur les tubercules. On l'attribue à une altération des matières azotées du tubercule. On a proposé bien des remèdes, mais aucun n'est efficace.

Les feuilles, la lige et le tubercule lui-même, lorsqu'il n'est pas encore mûr, contiennent, comme tous les Solanum du reste, un alcaloïde nommé solanine, qui les rend narcotiques.

La tomate (Solanum lycopersicum L.), est cultivée dans les potagers. C'est une plante haute de 3 à 8 décimètres, velue, à feuilles irrégulièrement pennées, à corolle jaune. Ses baies, employées comme condiment, sont très grandes, orangé foncé, à 5 ou 8 côtes plus ou moins saillantes. On l'appelle encore pomme d'Amour.

L'aubergine (Solanum melongena L.) est une plante annuelle, à feuilles simples, velues, ovales, à fleurs solitaires, à corolle blanche, rose ou bleuâtre. Ses baies sont très grandes, oviformes, blanches, roses ou bleuâtres; on la cultive pour la pulpe de ses baies, qui est comestible.

Le Physalis alkekengi L. est très répandu dans les vignes et les lieux vagues. Il est haut de 3 à 4 décimètres; ses feuilles sont ovales, velues; ses fleurs, d'un blanc jaunâtre, velues, solitaires ; ses baies sont rouges, de la grosseur d'une cerise, complètement renfermées dans un calice vésiculeux, renflé et d'un rouge vermillon lors de la maturité. Son fruit aigrelet est employé, dit-on, en Espagne, en Suisse et en Allemagne, en guise de tomates. Les femmes d'Athènes trouvaient son fruit si beau qu'elles s'en servaient pour orner leur coiffure.

Le genre Atropa comprend une vingtaine d'espèces, dont une seule croît en France, l'Atropa belladona L., très répandue dans nos forêts. La belladone atteint la taille de 1 à 2 mètres; elle a un aspect triste, dû à la couleur violacée de sa tige, de ses nervures et de ses fleurs. Sa tige est rameuse dés le milieu; ses feuilles inférieures sont alternes, pétiolées, ovales, elliptiques, entières; les supérieures sont géminées. Les fleurs sont solitaires, pédiculées, placées entre deux feuilles géminées; sa corolle est campanulée. Ses baies sont nues, globuleuses, d'un noir luisant, à suc pourpre cramoisi; elles ont la grosseur d'une cerise. Toute la plante renferme un principe narcotique actif nommé atropine. La poudre, la teinture et l'extrait de belladone sont d'un fréquent emploi comme calmants. Elle jouit de la curieuse propriété de dilater les anneaux musculeux; aussi, si on en fait avaler à un animal quelconque, on ne tarde pas à remarquer que ses pupilles se dilatent. Les baies appétissantes de la belladone occasionnent souvent des accidents, surtout parmi les enfants, qui mangent sans défiance ces fruits douceâtres. On raconte l'histoire d'un détachement français qui fut tout entier empoisonné par la belladone. Les soldats voulurent se désaltérer avec les baies, mais les uns tombèrent foudroyés; les autres, pris de délire, errèrent dans la forêt et allèrent se faire prendre par l'ennemi. Quelques auteurs affirment pourtant avoir vu manger les baies de la belladone sans fâcheux accidents. Il est certain que les chèvres peuvent manger cette plante impunément; elles paraissent même la rechercher. Il peut être utile d'indiquer le contre poison; il suffit de prendre du café, du lait ou un vomitif.

Bellevue.
Pourchot.
(A suivre.)

 

 

 

  


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