Histoire naturelle
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Coloration et défoliation automnales des végétaux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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COLORATION ET DÉFOLLIATI0N AUTOMNALES DES VÉGÉTAUX.
I. — Coloration.

Un des phénomènes qui sans contredit excitera toujours la juste curiosité d'un observateur, c'est la métamorphose que subissent chaque année, en automne, certaines parties des végétaux. En effet, pourquoi, après s'être couverte de fleurs, chargée de fruits, la terre semble-t-elle tout à coup et comme par enchantement vouloir dépouiller de tout ce qui fasait sa parure? Est-elle fatiguée après tant de travaux? Les physiologistes ne se sont pas contentés de simples hypothèses connue celles-ci; ils out recherché scientifiquement quel pourrait être l'agent secret qui pousse la nature à entrer dans cet état léthargique à l'approche de l'hiver. Malheureusement pour celte question, comme pour bien d'autres, on n'a pas encore pu acquérir de vérité certaine; ce ne sont que des hypothèses plus ou moins bien établies et défendues par leurs auteurs.

Je me contenterai donc de parler de ces différentes suppositions, sans m'attacher spécialement à aucune d'elles. Je terminerai ce court travail par une explication rationnelle du phénomène en question.

Avant de nous occuper des causes qui, en automne, peuvent agir sur les feuilles, il ne sera peut-être pas inutile de dire quelques mots sur les différentes parties qui composent l'organe dont nous avons à étudier une transformation. Je dirai aussi brièvement que possible quelle est l'utilité et l'importance des feuilles, et quelles sont leurs fonctions dans la vie des plantes.

Les feuilles sont des organes ordinairement membraneux, fréquemment plats, plus ou moins coriaces et très souvent verts, qui naissent de l'écorce; elles sont continues avec la racine, les tiges ou les rameaux. Les feuilles sont composées de vaisseaux et de fibres qui, après avoir parcouru le pétiole, viennent former une quantité prodigieuse de ramifications qui forment le véritable squelette de la feuille. Un tissu cellulaire ordinairement tendre, que l'on nomme parenchyme, remplit les intervalles de ce réseau, et cet appareil est couvert en dessus et en dessous par l'épiderme.

Les feuilles sont essentielles dans l'économie végétale, puisqu'elles sont les agents principaux des fonctions qui concourent à la vie matérielle des plantes : l'absorption, l'exhalation et la respiration.

Les plantes opèrent l'absorption ordinairement par les racines. Mon ami et collègue M. Ad. Lemaire l'a démontré dans un intéressant article (1). Sans entrer dans de longs détails au sujet des exceptions qui se présentent assez souvent et dont Bonnet, dans ses recherches sur les feuilles, a longuement parlé, on peut dire que, malgré l'importance des racines au point de vue de l'alimentation de la plante, il ne serait pas exact de considérer ces organes comme exclusivement chargés de pourvoir à cette alimentation. Les feuilles sont également des agents nutritifs; elles interviennent de la manière la plus utile pour compléter l'action des racines relativement à l'absorption des gaz, tels que l'acide carbonique ou l'ammoniaque. On constate que, sous l'influence de la lumière, l'acide carbonique est absorbé par les feuilles et les autres parties vertes avec une très grande activité. En même temps, par la surface de ces organes, se produit presque toujours une exhalation plus ou moins considérable d'oxygène, qui est le résidu de la décomposition de l'acide carbonique dont le carbone a été fixé dans les tissus L'absorption de l'acide carbonique ne se produit que sous l'influence de la lumière. Un végétal relégué dans l'obscurité cesse d'absorber de l'acide carbonique, et par conséquent cesse presque complètement de se nourrir; il maigrit et s'étiole, comme un animal réduit à l'inanition.

Tant qu'elles existent, les feuilles concourent à l'ascension de la sève et rejettent l'eau surabondante : c'est en quoi consiste l'exhalation. Toutes les parties d'une même plante n'exhalent pas de l'eau en même quantité et les expériences se résolvent toutes à prouver que, sauf un petit nombre d'exceptions et toutes choses égales d'ailleurs, l'émanation de chaque partie est en raison directe du nombre de ses stomates. Si l'on compare les végétaux entre eux, on arrive aux mêmes résultats généraux; ainsi les feuilles charnues qui ont peu de stomates exhalent peu ; les pétales et les fruits charnus qui n'en ont point ne semblent soumis qu'à une déperdition insensible. Tous ces faits résultent d'expériences faites par Guettard, Saint-Martin, Bonnet et Senebier avant même qu'on connût l'existence des stomates. Kingt les confirme en montrant qu'une feuille de vigne n'exhale de goutlelettes d'eau que du côté inférieur, c'est-à-dire celui où elle a des stomates, et non du côté supérieur.

Vienne.
G. BONAT.
(A suivre. J

(1) Voy. n°2, 1re année : De l'absorption des racines.  

 

 

 

  


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