Histoire naturelle
Précédente / Remonter / Suivante

Influence de la lumière sur la végétation

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

Accueil
Remonter
Phosphorescence de la mer
Histologie végétale
Les Huîtres
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Communications
Le Congrès scientifique de Bordeaux
Les Antiseptiques dans tous les temps
Sur la Chlorophylle et les matières colorantes
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Insectes électriques
Communications
De la préparation des Limaces
De la préparation des Limaces
Société d'études scientifiques de Paris
Observations d'un amateur d'oiseaux
Influence de la lumière sur la végétation
Recherches sur le terrain de Trias
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Communications
La famille des Solanées
Note sur la glacière de la Grâce-Dieu
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Les Huîtres
Recherches sur le terrain de Trias
Recherches sur le terrain du trias
Communications
La famille des Solanées
Le Martinet et son nid
Le Dytisque bordé
Coloration et défoliation automnales des végétaux
Entomologie pratique
Le corbeau
Communications
Le chant du moqueur
Les antiseptiques dans le temps
Influence de la lumiere
Comminications
Les borraginées
Les antiseptiques
Influence de la lumière
Coloration et défoliation
Entomologie pratique
Une révolution dans l'architecture des hirondelles
La pie-grièche
Les antiseptiques dans tous les temps (suite)
Les borraginées (suite)

 

INFLUENCE DE LA LUMIERE SUR LA VEGETATION.
(Suite.)

Dutrochet a eu le mérite de découvrir l'héliotropisme négatif des radicules, en observant dans une serre les racines aériennes de Pothos digita.

Pager reconnut plus tard que des graines de Sinapis alba, Brassica, Sedum telephium, Chicerium, Rhagodiolus lampsanoïdes et quelques autres plantes, germant sur du coton placé dans l'eau, donnent naissance à des radicules qui se dirigent vers l'obscurité, tandis que les tigelles se courbent vers la partie la plus éclairée.

Il faut ajouter à ces recherches celles de M. Hoffmeister qui constata des courbures héliotropes négatives sur les radicules de Cordyline vivipara, et surtout celles de M. Durand qui vit le même effet se produire sur les racines de vingt-six espèces végétales, entre autres de Raphanus sativus, Cheiranthus, Isatis et Laihyrus odoratus.

Il existe donc une différence entre la flexion des tiges et d'un grand nombre de racines; mais, indépendamment de leurs tendances opposées, ces deux parties de l'axophyte ne produisent point leurs courbures de la même manière. — Toute la longueur de la racine n'est pas, en effet, comme celle de la tige, capable d'affecter des arcures héliotropes. Il n'y a qu'un faible espace au dessus de l'extrémité qui puisse être dévié de sa direction normale. Vient-on à renverser l'orientation d'une radicule, dès quelle aura été soumise à l'influence de la lumière, celle-ci n'effacera pas toute sa courbure primitive, comme cela a lieu pour les tiges ; il n'y aura que la partie la plus jeune et développée postérieurement qui fuira l'espace éclairé; aussi, après plusieurs retournements successifs, la racine offrira une apparence zigzaguée où des parties convexes seront séparées par des parties droites et concaves.

Telle est l'action de la lumière blanche sur les racines; mais quels rayons colorés exercent le plus de répulsion sur ces organes?

D'après Dutrochet, la fuite de la lumière par les racines a son maximum dans le rayon violet, et la flexion latérale, nulle dans le rayon indigo, commence dans le rayon jaune pour se terminer dans le rayon bleu. Ainsi, l'héliotropisme des racines, comme celui des tiges, a sa plus grande énergie dans les rayons chimiques; seulement « les mouvements dans les racines sont inverses de ceux des tiges. Chez les tiges, il y a flexion vers la lumière et flexion vers l'espace éclairé par les rayons indigos ; tandis que chez les racines, il y a flexion pour fuir la lumière et flexion pour fuir l'espace éclairé par les rayons indigos. » (Dutrochet, Comptes rendus.)

Causes de l'héliotropisme.

Quelques physiologistes, frappés de la tendance des tiges vers les rayons lumineux, ont voulu accorder à ces organes une espèce d'instinct qui les porte à la recherche de la lumière. Celle opinion a été combattue par de Candolle qui, se basant sur le fait que la croissance des végétaux étiolés est beaucoup plus rapide que celle des plantes placées en plein air, émit le premier l'idée que les courbures héliotropes sont le résultat d'un inégal accroissement. D'après ce physiologiste, en effet, le côté le plus éclairé s'allonge moins que l'autre.

Cette théorie a été confirmée dans ces derniers temps par l'expérience suivante, due à M. Hoffmeister.

Les deux extrémités d'une tige furent fixées par deux épingles à deux morceaux de liège collés sur une lame de verre, à une distance à peu près égale à la longueur de la tige. Cette plaque fut ensuite adaptée à l'ouverture d'une boîte, noircie intérieurement et rendue humide au moyen de papier buvard imbibé d'eau. Au bout de quelques jours, celle tige, placée à la partie supérieure de cet appareil, fut recourbée, le côté concave tourné vers la lumière, et de plus, les épingles et les lièges ne furent pas dérangés de leur position primitive. Cette expérience fort simple prouve donc qu'il y a allongement des deux côtés de la tige, et non raccourcissement de la partie la plus éclairée, comme l'ont prétendu quelques botanistes.

D'où provient celle inégalité de croissance?

De Candolle a pensé que les tissus de la partie la plus exposée au soleil s'allongent beaucoup moins que ceux du côté opposé, à cause de la solidité qui résulte de la décomposition plus grande d'acide carbonique et par suite de la fixation plus considérable de carbone. Celle hypothèse, qui pouvait à la rigueur expliquer l'héliotropisme des organes verts, est incapable de rendre compte de l'héliotropisme des racines qui pendant toute la période de la vie végétative absorbent de l'oxygène au lieu d'acide carbonique.

M. Sachs a proposé une autre théorie. D'après ce physiologiste, la lumière ferait subir aux membranes des modifications chimiques qui ne leur permettraient pas d'emmagasiner autant d'eau que dans l'obscurité. M. Sachs, il faut le dire, ne prétend pas que la cause de l'héliotropisme soit due à une évaporation plus grande du côté le plus éclairé; pour lui, « les modifications causées par la lumière atteignent l'état moléculaire des membranes, et non la sève. » (Sachs, Physiologie végétale.)

Senones.
Ad. Lemaire.
(A suivre.)

 

 

 

  


-----
Pour les personnes plus intéressées par les dessins et gravures


Gravures, illustrations, dessins, images
galerie de gravures, illustrations, dessins, images