Histoire naturelle
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Observations d'un amateur d'oiseaux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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OBSERVATIONS D'UN AMATEUR D'OISEAUX.
I. — Mois d'avril.
LE MERLE.

Le merle noir (Merula vulgaris Ray, Turdus merula Linn.) appartient à la famille des turdidés, au groupe des subulirostres, Il a le bec comprimé et arqué; mais sa pointe ne se recourbe pas comme chez les pies grièches; sa longueur est de 9 pouces; à l'état adulte, son plumage est d'un noir brillant plus vif que celui du corbeau ; le bec et le tour des yeux sont jaunes ; les pieds noirs. La femelle diffère du mâle par son plumage d'un noir sale et roussâtre; son bec est noirâtre, sa poitrine parée de taches brunes et son ventre cendré. Dans sa vieillesse, les ailes et le dos du merle peuvent devenir blancs; il m'est arrivé dernièrement encore de voir un individu de cette variété; c'est donc un proverbe menteur que celui qui parle du merle blanc comme d'un oiseau imaginaire; mais revenons au merle noir : il est farouche et solitaire; outre son chant, il a un cri particulier qu'il fait entendre lorsqu'il est effrayé; il a l'ouïe très fine; cependant, comme il est facile de le remarquer, il est plus peureux que rusé, car on le prend facilement au piège, pourvu qu'on se rende invisible.

A l'approche de l'hiver, il quitte les bois pour se rapprocher des champs labourés, qui lui fournissent une nourriture plus abondante. Dès que le froid se fait sentir, il se réfugie le soir dans les touffes de lierre pour y trouver un abri sûr contre la neige et la gelée. Le merle est assez gourmand de sa nature; il aime les vers de terre, et voici le procédé qu'il emploie pour les faire sortir, procédé qui est commun aux grives et aux étourneaux. Il fouille le sol avec son bec, et quand il voit ramper un ver sous une couche de terre trop épaisse, il se met à frapper cet endroit avec ses pattes; puis, dès que l'annélide montre la tête, l'oiseau le saisit avec son bec, et le tirant doucement, le fait bientôt sortir tout entier; il s'envole alors avec sa proie sur un arbre et la dévore à son aise.

C'est au mois d'avril, avant tous les autres oiseaux, que le merle commence son nid. La demeure est construite avec beaucoup d'art; elle est recouverte à l'extérieur de mousse, de petites branches et de racines menues que réunit de la terre mouillée; à l'intérieur, pour recouvrir ce mortier, sont accumulés des crins, des plumes, de la paille et d'autres matières molles destinées à recevoir les oeufs et à procurer aux petits une plus douce chaleur.

La confection du nid dure une dizaine de jours, pendant lesquels le mâle et la femelle rivalisent d'activité. Ce temps écoulé, la femelle pond quatre à cinq oeufs d'un gris verdâtre, tachetés de points brun clair. Le mâle, pour charmer les ennuis de la couveuse, se perche auprès d'elle et lui fait entendre ses airs les plus mélodieux, ses notes les plus éclatantes. IL ne s'interrompt de temps en temps que pour s'élancer sur un insecte qu'il apporte triomphant à sa compagne.

L'incubation dure 18 jours, au bout desquels les petits éclosent couverts d'un duvet blanchâtre. La mère les couvre de ses ailes pendant une semaine, puis les laisse seuls pour leur chercher, de concert avec le mâle, des vers, des limaces et tout ce qui est nécessaire à les nourrir. Rien ne peut suffire à rassasier ces gosiers toujours ouverts et à calmer les cris des petits; la mère distribue à chacun une part égale, et malheur à celui qui voudrait saisir la pâture destinée à un de ses frères; un coup de bec punirait bientôt sa gourmandise. Au bout d'une vingtaine de jours, les petits, déjà forts, quittent leur nid et essayent leurs ailes aux environs de la branche qui les abrite; après 4 ou 5 jours d'essais, ils se sentent le courage d'abandonner pour toujours leurs parents, et s'en vont plus loin chercher un gîte nouveau.

Les mâles choisissent de préférence pour y nicher les haies d'épine blanche, les murs tapissés de lierre, les branches inférieures des gros arbres, les pépinières et les bords des étangs. Ils sont communs aux environs de Paris. On les apprivoise aisément et l'on peut leur apprendre des airs variés; leur chant, bien connu, est très mélodieux.

Pour contenter mes lecteurs gastronomes, je dirai en terminant que le merle est très bon à manger et qu'il y a fort peu de différence entre sa chair et celle de la grive.

Paris.
E. Albanel,
Membre de la Société d'éludés scientifiques de Paris.
(A suivre.)

 

 

 

  


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