Histoire naturelle
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De la préparation des Limaces

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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DES GROTTES DE BOURNOIS (Doubs).

Ces grottes sont situées entre l'IsIe-sur-le-Doubs, et Villersexel, prés du village de Bournois. Elles sont au nombre de deux : l'une, très vaste et très profonde, se divise en un grand nombre de galeries; l'autre, bien moins étendue, est aussi beaucoup moins curieuse à visiter

Les entrées de ces grottes se trouvent sur un plateau peu élevé et rocailleux. On pénètre dans la première par deux trous ou espèces de puits creusés au milieu des champs, dont l'un est à pic, d'une profondeur de 15 mètres environ, et donne accès dans l'une des galeries; mais il est plus facile de descendre par l'autre moins profond, au moyen d'une corde ou d'une échelle. Une fois sur le sol de la grotte, on se trouve au point de réunion des deux galeries principales, dans lesquelles on pénètre aisément en se courbant un peu. Passons d'abord dans celle de droite, longue de 800 mètres au moins, élevée tantôt de 8 à 10 mètres, tantôt de 2 à 3 seulement, ici très large, là rétrécie et barrée par d'énormes masses de stalactites; cette galerie offre à nos pas un sol garni de galets plats et glissants ou de blocs plus gros de carbonate de chaux; en un autre point, nous enfonçons dans une espèce de vase noire ressemblant à de la terre et que l'on nous dit être du guano de chauve-souris. Les plafonds sont comme crépis par une infinité de petites pointes presque toutes terminées par une goutte d'eau et dont l'aspect est charmant. Ces pointes sont les premiers dépôts calcaires qui formeront peu à peu des masses gigantesques de stalactites semblables à celles aux pieds desquelles nous passons; celles-ci réunissent le sol de la caverne à la voûte et offrent à nos regards des sculptures et des ciselures telles que jamais artiste n'en exécutera. De temps en temps, les parois sont creusées en demi-cercles et comme polies.

Ce fait est dû sans doute à d'anciens courants d'eau. A droite et à gauche, se trouvent les entrées de couloirs plus étroits qui, généralement sur une faible longueur, marchent parallèlement à la galerie principale, mais s'en rapprochent bientôt pour venir y aboutir. Sur le sol, humide et glissant à la vérité, nous ne trouvons que peu d'eau qui découle simplement de la voûte.

Cette galerie, quoique déjà très belle, n'égale celle de gauche ni par la hauteur des voutes, ni par la masse et les sculptures réellement admirables des colonnes. On entre dans cette dernière tout aussi facilement que dans l'autre. On descend d'abord sur une pente assez raide, mais peu longue, et couverte de pierres plates mêlées de terre et glissantes. L'on se trouve alors dans une vaste salle très élevée et très large, longue de 200 à 300 mètres. Le trajet en est assez facile; le passage n'est barré que par quelques gigantesques colonnes entre lesquelles on passe sans difficulté. L'extrémité de cette salle semble, au premier abord, être aussi celle de la galerie; il n'en est pourtant rien. Nous ne sommes pas longtemps sans apercevoir un endroit par lequel nous pourrons peut-être passer. En effet, après nous être hissés des pieds et des mains et nous être poussés les uns les autres, nous arrivons à une fente qui sépare deux colonnes et dont la largeur nous permet tout juste de passer. Encore un peu de courage et nous sommes dans la plus jolie salle de toutes. Derrière cette barrière que pendant un instant nous avons cru infranchissable, nous entrons, après quelques pas. au milieu de masses calcaires, dans une salle immense qui l'emporte de beaucoup en grandeur et en majesté sur celles que nous avons déjà vues. De 8 à 10 mètres de large, de 200 mètres de long peut-être, elle est d'une hauteur telle que, malgré les six torches qui servent à nous éclairer, nous ne pouvons en voir le plafond. Au fond s'élèvent, grandioses et imposantes, trois énormes colonnes de trois mètres de diamètre, dont les sommets se perdent presque dans l'obscurité. Nous n'osons en dire davantage sur cette salle, car toute description plus longue serait de beaucoup au-dessous de la réalité. Les colonnes qui la terminent nous laissent pourtant encore passer, et, en nous enfonçant toujours plus avant, nous trouvons encore, superposées l'une à l'autre, deux autres galeries moins importantes, mais dont l'accès est plus difficile et même dangereux. Le sol, en pente assez raide, couvert de carbonate de chaux et complètement lisse, est très glissant; et malheur alors au maladroit qui manque les rares et petites aspérités où il peut poser le pied. Au fond de la dernière grotte, nous trouvons encore un trou; mais nous n'avons pas de corde et, sans cela, la descente est impossible, car nous ne savons ni ou il aboutit, ni quelle est sa profondeur.

Il est facile d'évaluer à quelle profondeur nous devons nous trouver, puisque depuis l'entrée de la grotte nous n'avons pour ainsi dire fait que descendre. La grandeur des blocs et des colonnes de stalactites atteste l'origine très ancienne de cette grotte; des milliers d'années nous séparent de l'époque de sa formation.

En parcourant ces galeries, on se demande assez naturellement si elles n'ont pas été le refuge d'animaux antédiluviens. On peut, je crois, répondre que non, si l'on considère que les entrées de celle grotte sont inaccessibles aux animaux et que les masses de stalactites qu'on y voit ne se trouvent pas en quantité pareille dans les vraies cavernes à ossements. Les seuls habitants actuels de ces galeries sont les chauves-souris, et les seuls ossements, des débris de squelettes de chevaux ou de boeufs, évidemment modernes. Quant à faire des fouilles dans celle grotte, les difficultés seraient grandes, à cause de l'épaisseur des couches calcaires. L'autre grotte, dont nous allons parler maintenant, serait beaucoup plus propice à de pareils travaux.

Elle est située à quelques pas de la précédente, et l'on y arrive en descendant un peu dans une espèce d'entonnoir entouré d'arbres. L'entrée est une voûte de 4 à 5 mètres. La longueur de la grotte est d'environ 300 mètres; la hauteur ne dépasse pas généralement 6 à 8 mètres. Le sol, un peu en pente, est entièremenl recouvert de galets plats. On n'y trouve point de stalactites et aucun dépôt calcaire. Visitée après l'autre, cette grotte ne fait plus aucune impression ; mais son accès facile, la nature de son sol et quelques autres circonstances font supposer qu'elle a pu être le refuge d'animaux antédiluviens ; du reste, des fouilles y seraient, sinon faciles, au moins très praticables.

Il est à croire que dans des temps bien antérieurs, les deux grottes communiquaient entre elles; c'est même ce qu'on dit encore dans les villages voisins; aujourd'hui il ne reste plus aucune trace de communication.

Ces grottes, qui ne sont guère connues que des habitants du pays, sont pourtant assez remarquables par leurs dimensions et la beauté de leurs stalactites pour être signalées aux naturalistes; et il est certain que tous ceux qui les visiteront y trouveront un plaisir réel et ne se repentiront pas de leur course.

Audincourt.
Ed. DUVERNOY.

 

 

 

  


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