Histoire naturelle
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Influence de la lumière sur la végétation

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LA VÉGÉTATION.
VII. — De l'héliotropisme des tiges et des racines.

Tout le monde sait que les deux parties qui constituent l'axophyte d'un végétal se dirigent dans un sens tout opposé; que la tige s'élève vers le ciel, que la racine tend vers le centre de la terre. Ces directions sont celles que prendraient ces deux organes, si aucune cause perturbatrice ne venait agir sur eux; mais très souvent il arrive que ces tendances sont altérées sous l'influence de certains agents, parmi lesquels on range en première ligne la lumière. Que des rayons lumineux d'égale intensité viennent frapper toute la surface d'une tige par exemple, il n'y aura aucune déviation dans la route de celle-ci; mais qu'un côté de cet organe soit soumis à un éclairage plus fort que l'autre, il en résultera une courbure tantôt concave, tantôt convexe, du côté le plus éclairé. On dit que dans le premier cas la tige recherche la. lumière; que dans le second elle la fuit; ou bien qu'il y a en premier lieu héliotropisme positif, en second lieu héliotropisme négatif.

A. — Rôle de la Lumière sur la production des courbures qu'affectent les tiges.

De toutes les plantes qui végètent sur le globe qui nous porte, les unes, et c'est le plus grand nombre, possédant des tissus d'une grande solidité, élèvent verticalement leur tige vers le ciel ; les autres, trop faibles pour se soutenir dans l'atmosphère, rampent sur le sol ou s'enroulent autour de corps qui leur servent de point d'appui. Ce dernier fait, qui se remarque sur le liseron et le houblon, a reçu la dénomination de volubilisme.

Quelques physiologistes ont recherché si la lumière n'a point d'action sur la torsion en spirale de certaines tiges. De Candolle, Knigt et M. Isidore Léon ont cru pouvoir expliquer ce phénomène par la répartition inégale de la lumière sur les deux côtés d'une tige voluble. D'après ces botanistes, la partie de la tige soumise au plus fort éclairage prendrait un accroissement beaucoup plus grand que l'autre moins exposé à l'action des rayons lumineux, et de cet allongement inégal il résulterait une courbure concave du côté de la lumière la plus faible.

Celte théorie ingénieuse, il est vrai, a été réfutée par MM. Mohl et Sachs. — Les expériences de ce dernier sur les tiges d'Ipomea, du Phaseolus multiflorus, sur les vrilles de Bryonia dioïca et de Cucurbita pepo; celles de M. Mohl sur les vrilles de Pisum sativum et de Lathyrus odoratus, etc., démontrent d'une manière évidente que la plupart des tiges volubles peuvent s'enrouler autour de leurs supports dans l'obscurité la plus profonde. — Il ne faut pas cependant considérer ce fait comme général; car il existe, d'après les recherches de M. Duchartre, des plantes, comme le Dioscorea Batalas et le Mandevillea, dont le volubilisme ne peut s'effectuer qu'autant qu'elles sont soumises à l'influence de la lumière.

De l'Héliotropisme des tiges.

Lorsqu'une plante végète dans un milieu qui ne reçoit la lumière que d'un seul côté, sa tige s'infléchit vers la partie où l'éclairage est le plus fort. Ce fait, que tout le monde a été à même d'observer d'une manière générale dans un appartement ou sur le bord des forêts, a été particulièrement étudié par Payer.

Ce physiologiste ayant fait germer des graines de cresson alénois dans une boîte à une seule ouverture, reconnut que la tigelle s'inclinait vers celle-ci, et que tous les points de cette jeune crucifère étaient capables de présenter des courbures concaves vers la surface exposée au soleil, courbures qui pouvaient s'effacer et devenir ensuite convexes dès qu'on retournait ce végétal. Payer ne s'arrêta pas à cette expérience pour ainsi dire connue des botanistes qui le précédèrent, il voulut encore rechercher quelle action exercerait sur les tiges une lumière variable en intensité.

Deux trous turent percés sur une même face d'une caisse rectangulaire. Lorsqu'une lumière également vive pénétrait par chacune de ces ouvertures, les tiges ne se recourbaient ni vers l'une ni vers l'autre, mais vers une ligne intermédiaire entre les deux. L'inflexion des tiges vers une de ces petites fenêtres n'avait lieu qu'autant que celle-ci était la plus éclairée.

Au lieu de deux ouvertures sur une même face, deux petites fenêtres furent pratiquées sur deux faces opposées, et si chacune d'elles recevait une certaine quantité de lumière égale en intensité, il arrivait que les tiges sollicitées avec la même énergie en sens inverses restaient droites. Il n'en était pas de même lorsque les rayons lumineux qui pénétraient par chacun de ces trous n'avaient pas la même puissance. Dans ce cas, il y avait courbure concave sur la partie la plus exposée cà la lumière.

Ces expériences, qui furent répétées sur un grand nombre d'autres végétaux, prouvent que la plupart des tiges tendent vers la lumière. On ne connaît guère que le lierre qui s'écarte de cette règle générale. Dutrochet a en effet observé que l'extrémité des rameaux de ce végétal séparé de son support s'y applique au bout de quelque temps en se détournant de la fenêtre.

Si les rayons solaires occasionnent les courbures héliotropes des tiges, la lumière artificielle est-elle capable de produire le même phénomène? MM. Hervé Maugon et Hallier sont venus démontrer par leurs observations que l'inflexion des liges peut s'effectuer sous l'influence de toute source lumineuse. Ainsi, d'après le premier de ces savants, des germes de blé se dirigèrent sur la lumière électrique, et, d'après Hallier, une lige d'ornithogallum se courbe sous l'action d'une lanterne éloignée de 80 pieds.

Toutes ces recherches nous font connaître l'influence qu'exerce la lumière blanche sur la flexion des tiges ; mais elles ne nous disent rien du rôle que jouent les rayons colorés sur ce phénomène remarquable.

Payer entreprit les premières études sur ce sujet. Ses expériences l'ont porté à conclure que les tiges se courbent vers les rayons violets et bleus, tandis qu'elles ne subissent aucune déviation sous l'action des rayons rouges, oranges, jaunes et verts.

Quelque temps après, Dutrochet soumit à l'expérimentation les faits énoncés par ce dernier botaniste. Une jeune tige de cresson alénois fut placée dans une boîte noircie à l'intérieur et présentant une ouverture munie d'un verre rouge. La tigelle de celte plante n'affecta aucune courbure ; mais le hasard ayant fait germer dans l'appareil une graine d'alsine madia, celle-ci s'inclina fortement vers l'ouverture qui recevait les rayons colorés. Comment se faisait-il que les mêmes rayons agissaient d'une manière si diverse sur ces deux plantes? Dutrochet pensa que ce fait était dû à la différence d'épaisseur de ces tiges. Cette opinion devint bientôt pour lui une réalité, lorsque après avoir fait germer dans le même appareil de petites graines (trifolium agrarium, mercurialis annua, Senecio vulgaris, etc.), capables de donner naissance à des tiges délicates, il vit des courbures se produire sur la partie éclairée. Dés lors, il n'y avait plus de doute pour lui que les plantes se fléchissent non seulement vers les rayons bleus et violets, comme l'avait indiqué Payer, mais encore vers les rayons rouges.

Senones. Ad. Lemaire.
(A suivre.)

 

 

 

  


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