Histoire naturelle
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Les Huîtres

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LES HUITRES.

Tout le monde connaît les huîtres ou croit les connaître; mais combien de friands, dont tout le plaisir consiste à les manger, ne se sont jamais demandé où et comment vivent ces mollusques, et par quels soins on les rend propres à satisfaire leur sensualité! Pourtant on pourrait presque dire que les huîtres ont une histoire : elles forment un peuple immense qui compte des milliards de citoyens répandus partout aux abords des continents et des îles. Bien avant que l'homme n'eût fait son apparition sur notre planète, les huîtres avaient colonisé toutes les mers, toutes les côtes et avaient pris leur part du grand travail de minéralisation qui s'accomplit au fond de l'Océan. Le terrain silurien, l'un des plus anciens, nous offre déjà plusieurs espèces de mollusques acéphales, appartenant, sinon au genre ostrea, du moins à des genres très voisins; leur nombre augmente rapidement dans les étages supérieurs. La race des huîtres est donc beaucoup plus antique que la nôtre; quelques naturalistes, quelques philosophes ont même voulu que ce mollusque marquât l'un des échelons de notre perfectionnement graduel et se sont glorifiés d'une pareille origine. Mais laissons là ce grave sujet de discussion pour ne nous occuper que des huîtres qui ne se sont pas perfectionnées et qui forment encore aujourd'hui le genre ostrea.

Ce genre, assez nombreux en espèces, appartient à l'embranchement des mollusques, à la classe des acéphales et à l'ordre des lamellibranches. On distingue une soixantaine d'espèces d'huîtres aujourd'hui vivantes, mais elles sont difficiles à caractériser, car il n'y a pas, peut-être, de coquilles bivalves plus irrégulières et plus aptes à changer de forme ou de taille. Les plus connues sont :

L'huître comestible ou petite huître (Ostrea edulis. Lin), qui vit sur nos côtes de la Manche et de l'Océan : sa valve supérieure est plate et l'inférieure bombée; c'est la plus petite, mais aussi la plus recherchée de toutes. L'huître d'Ostende n'en est qu'une variété et l'huître pied-de-cheval (0. Hippopus. Lam) n'est, pour beaucoup d'observateurs, que la même à l'état de vieillesse ou à laquelle la nature du terrain a donné une croissance très rapide.

L'huître cuiller (0. cochlear. Pauli) ou huître de la Méditerranée, dont la forme est oblongue et la valve supérieure concave.

Le Polacestion (0. lacteolata. Moquin).

L'huître plissée (0. plicata. Chemnitz) ou gravette.

L'huître de l'Adriatique, aux valves minces et denticulées, etc.

Toutes ces espèces et toutes leurs soeurs sont d'une organisation assez simple. Leur corps est enveloppé tout entier par les deux lames du manteau, recouvertes elles-mêmes des valves de la coquille. Ces valves sont d'un gris plus ou moins jaunâtre ou violacé, écailleuses, composées d'une multitude de lames flexibles, translucides, qui ont été successivement formées par le manteau et sont parfois susceptibles de se détacher l'une de l'autre sous l'influence d'une forte chaleur. La plus extérieure des lames est la plus ancienne et aussi la plus petite, en sorte que pendant la croissance la coquille augmente d'épaisseur en même temps qu'elle s'élargit. A l'intérieur, l'habitation de l'huître est doublée d'une épaisse couche de nacre compacte et brillante sécrétée avec les couches extérieures par le manteau du mollusque.

L'huître n'a pas de tête distincte, et partant, ni organe de la vue, ni organe de l'ouïe, ni organe de l'odorat; deux ganglions bilobés constituent le système nerveux central, et l'on distingue facilement, en disséquant le mollusque, une bouche grande et très dilatable, portant 4 tentacules, un estomac à parois très minces, un intestin, un foie volumineux entourant les deux organes précédents, un coeur composé d'une oreillette et d'un ventricule traversé par le rectum. Le sang arrive au coeur par deux gros vaisseaux après s'être vivifié dans les branchies; là, des veines spéciales l'avaient amené directement des différentes parties du corps. Trois artères principales partant du coeur se rendent : la première à la bouche, la deuxième aux organes digestifs et la troisième dans tout le reste du corps; mais, au sortir de ces artères, le sang (qui est ici un liquide transparent et non coloré) se rend dans des lacunes; la circulation n'est donc pas complète.

Les organes de la locomotion font tout à fait défaut, et les seuls mouvements que puisse faire l'huître consistent à ouvrir et fermer les deux valves de sa coquille, à s'y étendre ou s'y contracter quelque peu et à faire osciller d'un mouvement continu les quatre larges feuilles qui constituent ses branchies. Celles-ci s'étendent en une fraise finement striée, transparente et dure presque tout autour du gros muscle central. Quant à ce muscle, très volumineux relativement aux autres organes, il s'attache par une large surface au centre de chacune des deux valves et sert à l'animal à fermer sa coquille, tandis qu'une masse élastique, placée à la charnière, tend toujours à la maintenir entr'ouverte. Cet entrebâillement, quoique assez limité, permet à l'eau de baigner le corps du mollusque et de transporter jusque dans sa bouche toujours béante la nourriture qui lui est nécessaire. Au moindre choc, au moindre attouchement, l'huître, avertie d'un danger, ferme hermétiquement ses deux valves; c'est sa seule ressource, son unique moyen de défense contre ses nombreux ennemis; encore ce moyen laisse-t-il beaucoup à désirer et ne la protége t- il pas contre les murex ou bigorneaux perceurs et les nassa ou courmaillaux (mollusques gastéropodes), qui perforent sa coquille pour l'atteindre et la dévorer; il ne la protégerait pas non plus, s'il faut en croire Valmont Bomare, contre le crabe de vase qui emploie la ruse pour satisfaire sa gloutonnerie, tantôt étouffant l'huître en l'enterrant ou en pesant sur elle de tout son poids, tantôt jetant adroitement entre ses deux valves ouvertes une petite pierre qui les empêche de se refermer et livre ainsi le pauvre mollusque sans défense à son cruel ennemi.

Paris. M. H.
(A suivre)

 

 

 

  


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