Histoire naturelle
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Histologie végétale

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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HISTOLOGIE VEGETALE.
LA FEUILLE (suite).

Après avoir étudié l'histologie générale de la feuille proprement dite, et fait remarquer quel rôle physiologique était en rapport avec les divers tissus qui composent les revêtements successifs du limbe, il me reste à faire l'examen micrographique du pétiole et des différents organes secondaires qui entrent le plus souvent dans l'organisation générale de la feuille.

Pétiole. — Pour bien comprendre l'organisation anatomique d'un pétiole, il est nécessaire de se figurer une moitié de tige repliée sur elle-même, de telle sorte que la partie la plus interne, celle qui est directement en rapport avec la moelle, devienne externe, et que la partie externe devienne interne.

Immédiatement au-dessous de l'épiderme qui revêt le pétiole tout entier, les éléments que l'on rencontre sont ordinairement des trachées déroulables, vaisseaux qui, on le sait, constituent plus particulièrement dans les tiges ce qu'on appelle l'étui médullaire. Viennent ensuite des fibres avec des vaisseaux annulaires, et c'est enfin à la région la plus interne que se rencontrent successivement les fibres ligneuses, celles du liber et les laticifères, qui toujours occupent dans la tige la région la plus externe. Ainsi se trouve démontrée la proposition ci-dessus énoncée, que le pétiole est une moitié de tige retournée.

Pour bien étudier histologiquement la direction des faisceaux fibro-vasculaires qui se distribuent dans le pétiole et la manière dont ils se divisent à leur entrée dans le limbe, il est absolument nécessaire d"associer des coupes transversales à des coupes longitudinales, et cela de distance en distance. Si l'on veut étudier isolément les divers éléments qui entrent dans la composition du pétiole, il est utile de les dissocier en faisant macérer les coupes pendant quelque temps dans la potasse caustique, ou bien encore en les faisant bouillir dans un tube à essais avec un mélange d'acide azotique et de chlorate de potasse (procédé de macération de Schulz de Rostock).

Stomates. — Il serait bien long de passer en revue les différentes théories qui ont été émises au sujet de la nature et du rôle physiologique de ces organes; je me contenterai d'indiquer les moyens de les examiner au microscope; j'ai déjà parlé de leur rôle à propos du tissu lacuneux.

Pour examiner les stomates, il suffit d'enlever avec une pince un léger lambeau d'épiderme, de l'humecter et de le porter sous le champ du microscope. On voit alors de distance en distance des sortes de cellules particulières formées de deux utricules réniformes accolés par leurs deux extrémités et laissant entre eux une ouverture en forme de bouche (stoma) ou de boutonnière; c'est là la stomate avec son aspect le plus général et le plus caractéristique. Les deux utricules qui servent comme de lèvres à l'ouverture stomatique sont le plus ordinairement remplies de granulations de protoplasma et quelquefois de véritables grains de chlorophylle. Suivant que l'on examine ces utricules secs ou imbibés par le liquide du porte-objet, on remarque de grandes différences dans le diamètre de l'ouverture stomatique. Si les utricules sont remplis de liquide, la bouche est béante, tandis qu'elle est presque entièrement fermée si les lèvres sont desséchées.

Les stomates varient beaucoup, soit par leur position, leur nombre, leur groupement et leur grandeur. Le plus souvent, elles se rencontrent en plus grande abondance à la face inférieure des feuilles; mais, chez les plantes aquatiques, dont la face inférieure des feuilles est continuellement en rapport avec l'eau, comme les Potamogeton, les Nymphoea, c'est à la face supérieure seule qu'existent les stomates.

On trouve quelquefois, mais exceptionnellement, des stomates dans les sépales, les pétales, à la surface de l'ovaire et jusque dans l'intérieur de celui-ci. (Ovaire du réséda, des primulacées, des crucifères. Fait signalé par M. Eugène Fournier.)

Les stomates se trouvent quelquefois situées au-dessous de la face supérieure de l'épiderme qui les protège, et semblent alors comme placées au fond d'un puits. Les variations dans le nombre et la grandeur de ces organes ont été l'objet d'études nombreuses, et la conclusion de ces travaux a été que les végétaux ligneux, coriaces, sont plus riches en stomates que les herbes; les feuilles charnues en possèdent moins, au contraire.

Au point de vue de leur formation, les stomates, d'après Hugo MohI, sont d'abord constituées par une seule cellule, qui est divisée en deux chambres par une cloison verticale. Cette cloison se dédouble bientôt : les deux branches de dédoublement s'écartent l'une de l'autre, et c'est cet écartement qui constitue l'ouverture de la stomate.

Poils. — Les poils sont des appendices cellulaires, des excroissances des tissus les plus superficiels qui, la plupart du temps, possèdent une gaine qui leur est formée par l'épiderme. On les divise ordinairement en simples et en rameaux, suivant qu'ils se trouvent formés d'un seul jet, figurant un tronc unique, ou bien qu'ils sont comme arborescents et qu'ils envoient des prolongements à droite et à gauche; ils peuvent, dans ce dernier cas, présenter les formes les plus bizarres et les plus diverses. Dans la famille des malvacées, par exemple, ils sont toujours disposés en étoiles, et dits étoilés. Mais, au point de vue histologique, on doit encore les diviser en unicellulaires et multicellulaires, suivant qu'ils sont constitués par l'allongement d'une seule cellule ou bien par la juxtaposition de plusieurs. Il est généralement très facile de se rendre compte de ces dispositions anatomiques, en plaçant tout simplement le poil à plat sous le champ du microscope ; quelquefois, cependant, il est nécessaire de faire des coupes longitudinales et de les éclaircir au moyen d'acide acétique cristallisable. Les poils, de même que les stomates, se rencontrent en plus grande abondance à la face inférieure des feuilles; ils varient aussi beaucoup en nombre, suivant l'âge el l'exposition du végétal.

Cristaux inorganiques. — Dans l'intérieur des cellules du mésophylle, et aussi de l'épiderme de la feuille, il peut exister des cristaux de matière inorganique, de la silice, du sulfate, du carbonate, de l'oxalate de chaux.

Il est nécessaire de se rendre compte de la présence et de la disposition de ces divers éléments, et de déterminer par des moyens histo-chimiques leur véritable nature. La silice se trouve à l'étal cristallin ou amorphe dans l'épiderme des tiges et des feuilles de graminées, des tiges d'equisetum et des feuilles de saxifrages : pour constater sa présence, on incinère un lambeau de feuille sur une lame de platine, puis on porte le résidu sous le champ du microscope; on peut alors apercevoir facilement la silice et constater l'état dans lequel elle se trouve. Les sels de chaux affectent dans les cellules végétales deux sortes de groupements bien caractérisés qui se nomment l'un Cystolithe et l'autre Raphide. Les Cystolithes constituent un amas de cristaux enfermés dans une pochette ou utricule de nature azotée, avec un petit suspenseur qui la relie aux parois de la cellule (Urticées; feuilles du ficus elastica). Les cristaux des Cystolithes sont presque toujours constitués par du carbonate de chaux. Les Raphides sont des amas de baguettes cristallines prismatiques à sommets pyramidaux, d'oxalate ou de sulfate de chaux; on les rencontre en grande quantité dans un grand nombre de cellules végétales; mais c'est surtout dans la feuille du Bilbergia gigantea (Broméliacée) que l'on peut les observer parfaitement et en place. Voici ce qu'on observe sur une coupe transversale de cette feuille : d'abord, l'épiderme supérieur; puis, la première partie du mésophylle formé d'un parenchyme serré, à cellules presque tubulaires et gorgées de grains d'amidon, qu'il est très facile de rendre sensibles au moyen de la teinture d'iode qui les colore en bleu ; puis, le parenchyme lacuneux et, au-dessous de ce parenchyme, deux ou trois assises de cellules incolores, allongées, remplies de Raphides; enfin, l'épiderme inférieur.

Rien n'est plus simple que de reconnaître maintenant la nature chimique des cristaux que l'on a sous les yeux. On fait passer au moyen d'une pipette quelques gouttes d'acide chlorhydrique sur la préparation. S'il ne se produit aucun phénomène, les cristaux sont de sulfate de chaux; si, au contraire, il y a dissolution des cristaux sans dégagement de gaz, on a affaire à de l'oxalate de chaux. Si enfin la dissolution a lieu avec dégagement de vapeurs d'acide carbonique, on a sous les yeux du carbonate de chaux.

Issoire. (A suivre.)
Gabriel Roux,
Membre de la Société physiophile et de la Société botanique de Lyon.

 

 

 

  


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