Histoire naturelle
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Phosphorescence de la mer

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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PHOSPHORESCENCE DE LA MER.

La phosphorescence de la mer est un phénomène analogue au pouvoir d'émettre de la lumière dont sont doués certains insectes. Elle est due, en effet, à la présence d"un nombre plus ou moins considérable de zoophytes dans les couches supérieures de la mer; parmi ces zoophytes, dont la plupart appartiennent à la classe des acalèphes, celui qui joue le rôle le plus important au point de vue du phénomène qui nous occupe est un animalcule extrêmement petit, le Noctiluca miliaris.

Il est bien rare de se trouver la nuit au bord de la mer, après une chaude journée d'été, sans avoir l'occasion de jouir du magnifique spectacle de sa phosphorescence; de longues traînées lumineuses sillonnent les vagues écumantes; le mouvement des bateaux ou le souffle d'une brise un peu forte soulèvent de toutes parts des gerbes étincelantes de lumière. Le moment est alors propice pour s'emparer du noctiluca, car il est à remarquer que dans l'eau de mer puisée en plein jour on ne trouve jamais un seul de ces zoophytes, qui vont sans doute éclairer des couches plus profondes jusqu'au retour de la nuit.

Si l'on verse dans un bassin de l'eau recueillie dans les circonstances indiquées et que l'on se trouve dans l'obscurité, la moindre agitation imprimée à la surface de cette eau la rend phosphorescente, et cette phosphorescence apparaît principalement sur les bords du bassin; souvent même, si l'on se trouve dans une chambre, il suffit de frapper fortement du pied pour produire le phénomène. Un fait curieux est l'attraction que ces animalcules semblent avoir les uns pour les autres; viennent-ils à se rencontrer, ils se forment aussitôt en groupes compactes et présentent ainsi l'aspect d'un globe de feu où chacun apporte sa petite étincelle. Considérés à la lumière du jour, ils apparaissent comme de minces gouttelettes de graisse. Leur existence est très délicate; ils meurent promptement dès qu'on les a retirés de la mer; aussi est-il nécessaire de se hâter si l'on veut faire quelques observations sur leurs moeurs. Quant à leur constitution physiologique, elle est tout à fait rudimentaire. Leur corps n'est pas plus gros qu'une graine de pavot; vu au microscope, il affecte la forme d'une sphère, ou encore d'un ellipsoïde de révolution légèrement déprimé suivant un petit cercle; au centre de ce petit cercle se trouve une mince ouverture entourée de six ou neuf filaments d'une délicatesse extrême, propre à leur permettre de se mouvoir dans l'eau et peut-être même de s'emparer d'autres animalcules plus petits qu'eux, pour les avaler.

Les zoophytes semblent n'avoir pas seuls le pouvoir d'illuminer la mer; il paraît très probable, sinon hors de doute, qu'un certain nombre de crustacés microscopiques partagent avec eux ce privilège (1).

Avant de terminer, qu'il nous soit permis de saisir l'attention de nos lecteurs d'une théorie assez récente, émise par un naturaliste anglais, M. William Swainson, à l'endroit de la phosphorescence des poissons. A considérer, dit ce savant, combien de centaines d'espèces de poissons vivant dans les eaux les plus profondes sont revêtues d'écailles argentées extrêmement brillantes, et qui doivent l'être encore davantage lorsqu'au lieu d'être retirés de leur élément naturel ces poissons y nagent pleins de force et de vitalité, il est très probable que cette belle parure qui les recouvre est plus qu'un simple ornement et que ces familles sont destinées à éclairer les couches profondes de la mer, où la lumière ne pénètre que difficilement, ou même jamais. En faveur de celte hypothèse, M. Swainson fait remarquer que la plupart des poissons, tels que les serrans, les perches, les blennies, les gobies et une foule d'autres dont le corps n'est point couvert d'écailles argentées et miroitantes, mais de couleurs vives, tranchées et souvent foncées, n'habitent que des eaux relativement peu profondes dans le voisinage des côtes; — tandis que ceux qui sont argentés et brillants se trouvent presque exclusivement dans les régions les plus profondes de la mer : témoin la plupart des gymnétères, à l'exception des genres ophidium et cepola ; témoin encore la phosphorescence bien établie des moles et qui provient de la substance gélatineuse qui se trouve sous leur peau; or, si l'on a pu reconnaître cette propriété à ces poissons même après leur mort, n'est-il pas naturel de supposer qu'elle doit être bien plus puissante lorsqu'ils se trouvent pleins de vie dans leur élément propre?

Cette théorie, presque exclusivement basée sur l'induction, est cependant revêtue d'un certain cachet de vraisemblance digne d'arrêter l'attention des naturalistes.

Londres. C. L.

(1) Nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireraient approfondir cette question à un ouvrage spécial écrit sur la matière par le savant Viviani et publié à Gênes en 1805, sous le titre de Phosphorescentia Maris.

 

 

 

  


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