Histoire naturelle
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Aperçu général du phénomène de la germination

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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APERÇU GENERAL DU PHENOMENE DE LA GERMINATION.

La germination, un des sept phénomènes de la végétation dans les plantes, est l'acte par lequel l'embryon rompt les téguments de la graine et poursuit en dehors son développement.

Pour qu'une graine puisse germer, il lui faut le concours de plusieurs agents sans lesquels le principe de vie que renferme l'embryon reste inerte et pour ainsi dire à l'état latent. Ces agents sont : l'humidité, l'air et la chaleur (1).

L'humidité agit de trois manières différentes sur la germination : 1°en pénétrant dans l'amande, elle l'humecte et la gonfle; 2° elle ramollit les téguments de la graine et les prépare à se rompre pour livrer passage à la jeune plante ; 3° elle dissout les principes solubles qui doivent servir de première nourriture à l'embryon.

L'air. Cet agent doit être en abondance et le plus pur possible, car il est aussi indispensable aux graines pour germer qu'aux animaux et aux végétaux pour vivre. Dans le vide, aucune graine ne se développe, et les expériences de Th. Saussure nous montrent qu'une graine complètement privée d'air ou d'oxygène ne germe pas (C'est sur ce principe que repose l'usage de conserver les graines en les enfouissant dans les cavités souterraines nommées silos, où elles sont à l'abri de l'air et de l'humidité). Voilà aussi pourquoi des graines enfouies trop profondément dans la terre peuvent se conserver pendant un temps indéfini sans que la végétation se produise.

La chaleur est indispensable à la germination ; c'est elle qui, jointe à l'humidité, accélère surtout le développement de l'embryon. La température qui convient le mieux est celle de 15° à 25° centigrades, et ne doit pas dépasser 40° à 45°, car au lieu de favoriser le développement des graines, elle ne ferait que les dessécher et détruirait en elles le principe de la vie.

Dés que ces trois conditions sont remplies, la graine se gonfle en absorbant de l'humidité ; la substance des cotylédons se change en partie en une liqueur douce et laiteuse que l'on nomme la diastase, et qui doit fournir à la jeune plante une nourriture proportionnée à ses forces. Grâce à cette merveilleuse propriété les masses féculentes, réunies dans le corps cotylédonaire, se transforment peu à peu en une matière sucrée, le glucose, qui transportée par l'eau dans les organes rudimentaires de l'embryon, va leur fournir les matériaux de leur accroissement. Ces premières dissolutions fournissent les éléments de la sève du jeune végétal, et la matière sucrée qui s'y trouve s'oxyde peu à peu par la respiration et fournit de l'acide carbonique qui s'exhale dans l'atmosphère. « Celte combustion lente, analogue à celle qui constitue la respiration des animaux, est accompagnée dans la germination d'une élévation de température parfaitement appréciable. — Focillon. »

Les enveloppes se ramollissent et ne tardent pas à se rompre ; la radicule paraît la première, s'allonge et se dirige vers l'intérieur de la terre, puis la plumule se redresse, s'allonge aussi, mais pour se porter vers la superficie de la terre et se montrer à l'air libre. Les cotylédons s'étalent, et tantôt restent cachés dans la terre, tantôt s'élèvent au-dessus du sol, semblables à deux feuilles épaisses qui verdissent à la lumière et prennent le nom de feuilles séminales. Après avoir rempli l'office d'organe nourricier par rapport à la plantule, les cotylédons se flétrissent, tombent ou se détruisent naturellement; dès lors la germination est terminée, et la jeune plante pourvue de ses racines et de ses premières feuilles pourra puiser elle-même, dans le sol et dans l'atmosphère, les matériaux propres à son accroissement et parcourir les diverses phases de sa végétation.

La terre est le lieu habituel de la germination des graines, mais elle n'est pas absolument indispensable pour que la germination réussisse; elle a l'avantage de réunir les conditions de chaleur, d'humidité et d'aérage les plus favorables au phénomène. Elle a aussi de plus l'avantage de fournir à la jeune plante les sucs nourriciers et un point d'appui. Cependant la terre n'est pas indispensable à la germination : ainsi, il y a des graines qui germent dans le fruit même, qui se développent dans l'air sur des éponges imbibées d'eau dans du sable.

La durée de la germination varie suivant les circonstances; elle varie aussi à circonstances égales, suivant les espèces. Ainsi le millet et quelques graminées lèvent parfois dans un jour; il faut deux jours au cresson alénois; trois aux navets, aux haricots, aux épinards; quatre aux laitues ; sept à l'orge; huit au blé; dix au chou; un an au pêcher; deux ans au rosier, etc.

I1 y a des semences, telles que celles du café, du thé, qui perdent la faculté de germer quelques jours après leur maturité. Les graines du manglier, arbre qui croît dans les marais des pays chauds, doivent germer et se développer complètement sur l'arbre même, dont elles se détachent bientôt d'elles-mêmes pour s'implanter aussi d'elles-mêmes dans la vase.

La plupart des graines peuvent conserver la faculté de germer pendant un temps plus ou moins considérable, pendant un an, deux ans et même des siècles.

Un botaniste de Londres est parvenu à faire germer des graines du Chili qu'il conservait dans des boîtes depuis trente ans. Des graines de bluet et d'autres plantes trouvées sous la tête d'un squelette dans un tombeau gallo-romain, qui remontaient peut-être à quinze siècles, ayant été semées, ont germé rapidement, et après avoir parcouru toutes les périodes de la végétation, ont rapporté de nouvelles graines. Toutes ces causes se rapportent à ce que j'ai dit plus haut; cette longue durée est due en partie à la privation de l'air et de l'humidité. Aussi, le sein de la terre, les mortiers des bâtiments qui tombent en ruine, ceux qui proviennent des démolitions, la mare qui s'accumule au fond des étangs et des fleuves renferment et conservent des amas prodigieux de graines, qui n'attendent, pour se développer, que des circonstances favorables.

Vannes-le-Châtel. De Mercy.

(1) MM. Davy et Becquerel ont démontré que l'électricité exerce une influence très prononcée sur la germination ; l'électricité négative la rend plus vive, tandis que l'électricité positive l'entrave et finit par tuer la jeune plante.

 

 

 

  


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