Histoire naturelle
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Notice sur Parmentier

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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NOTICE SUR PARMENTIER.

Antoine-Augustin Parmentier naquit à Montdidier, en 1737. Son peu de fortune ne lui permit pas de faire des études approfondies ; il reçut seulement de sa mère et d'un ecclésiastique quelques leçons de latin; mais il se vit bientôt obligé de choisir une profession, afin d'apporter quelques secours à sa mère, devenue veuve avec trois enfants. Cette éducation mal achevée laissa toujours des traces dans ses ouvrages.

Il entra en 1755 au service d'un apothicaire de Montdidier; puis il obtint d'être employé comme pharmacien dans l'armée de Hanovre (1757), arrivé à son poste, il parcourut le pays, examinant toujours les fabriques, les pharmacies, les pratiques des fermiers, en un mot tout ce qui offrait quelque analogie avec ses études. Il fut bientôt remarqué par Bayeux et par Chamousset, les chirurgiens en chef du corps d'armée: ceux-ci s'intéressèrent à lui et lui procurèrent, en 1766, une charge d'apothicaire aux Invalides. La subsistance était ainsi assurée; il pouvait désormais se livrer sans crainte à ses chères études.

Il commença la série de ses ouvrages par un mémoire, adressé à l'Académie de Besançon, sur les matières qui en temps de disette pourraient remplacer le pain. Puis il soutint de toutes ses forces la pomme de terre, récemment introduite en France; c'est là ce qui est et sera toujours sa gloire. Il lui fallut résister aux vexations, aux plaisanteries de tout genre qu'occasionna sa démarche; mais il eut, par contre, dans ses vieux jours, la joie de voir la pomme de terre employée avec succès dans son pays. Aujourd'hui son nom est inséparable de celui du précieux tubercule. Ce fut aussi lui qui améliora et perfectionna la culture du mais ; il fit ensuite des études sur les châtaignes qui n'amenèrent point de résultat; enfin il donna des conseils salutaires sur la manière de moudre le blé, que l'on avait jusqu'alors employé sans le séparer du son. Plus tard il fut adjoint à Bayeu dans la pharmacie militaire et mourut bientôt après, en 1813, âgé de 77 ans.

Parmentier a été un des bienfaiteurs de l'humanité; s'il ne fut pas un de ces génies supérieurs qui brillent de temps à autre dans les sciences, il a cependant fait plus de bien au peuple que beaucoup d'autres savants. Sa vie nous montre une fois de plus jusqu'où peut mener le travail uni à la persévérance.

Mulhouse. L. B.

 

 

 

  


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