Histoire naturelle
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De l'Oronge et de la fausse Oronge

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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DE L'ORONGE ET DE LA FAUSSE ORONGE.

L'oronge (Amanita aurantiaca) appartient au genre des agarics. Son chapeau, d'abord convexe, s'aplatit avec l'âge; il est lisse et d'une belle couleur rouge. Sa chair est blanche. Les lames en sont épaisses, lisses et sinueuses, inégales, jaunes; le stipe est à peu près cylindrique, plein et de la même couleur que les lames. Vers son tiers supérieur, on trouve une collerette. Comme la plupart des agarics, l'oronge se reconnaît au voile ou cortina qui rattache les bords du chapeau au stipe. Ce voile se déchire à un certain âge et ne laisse sur le stipe qu'une sorte de collerette ou de collier. Dans l'oronge, le cortina prend une plus grande extension. Il part de la base même du pédicule et enveloppe alors complètement le champignon. Quand il se déchire, il en reste une partie qui, comme une gaine, enveloppe le stipe jusqu'à une certaine hauteur. Il échange le nom de cortina contre celui de volva, propre aux autres agarics.

L'oronge est un des plus beaux champignons; on pourrait même dire que c'est le type du genre agaric. Il se plaît dans les bois et surtout dans ceux de châtaigniers. Il pousse vers le mois de septembre. Assez commun à l'ouest et au midi de la France, on ne le connaît guère dans l'est. Pour ma part, je n'en ai vu qu'un seul; mais l'échantillon était des plus beaux. Il est très comestible. Sa chair est ferme, son goût d'une délicatesse exquise. Les Romains le connaissaient bien; aussi l'avaient-ils surnommé le prince des champignons. On dit même qu'Agrippine empoisonna Claude avec un de ces champignons, qu'elle avait fait accommoder d'une manière toute spéciale!

Un champignon avec lequel l'oronge a beaucoup de ressemblance, mais qui est loin de jouir des mêmes propriétés, c'est l'amanite fausse oronge (Am. muscaria). Elle diffère de l'oronge vraie par plusieurs caractères. Son chapeau, en général moins convexe, est visqueux, tandis que celui de l'oronge vraie est sec. C'est à la viscosité qui recouvre la surface du chapeau que sont dues les parcelles de la volve qui y restent adhérentes après la rupture et qui sont comme autant de taches blanches. La fausse oronge n'a pas la même volve que l'oronge vraie. Elle est, comme les autres agarics, enveloppée en partie seulement par cette membrane. De plus, au lieu d'être jaunes, ses lames et son pédicule sont blancs.

Ce champignon croît dans les bois, quelquefois à côté de l'oronge vraie. Il se montre vers la fin de l'été et au commencement de l'automne. Il est très commun dans l'est de la France.

Il est très vénéneux et a souvent donné lieu à de graves accidents par sa ressemblance avec l'oronge vraie. A première vue, on peut prendre ces deux oronges l'une pour l'autre; mais, lorsqu'on les examine toutes les deux et qu'on compare attentivement un à un tous leurs caractères, il devient facile de les distinguer l'une de l'autre.

Ed. DUVERNOY. Paris, 18 mai 1872.

 

 

 

  


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