Histoire naturelle
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Influence de la lumière sur la végétation

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LA VÉGÉTATION
III. — Son rôle sur quelques phénomènes physiologiques.

La nutrition consiste, comme on le sait, dans l'absorption des matières dissoutes dans l'eau du sol auquel les végétaux sont fixés. Cette eau qui, chargée de principes nutritifs, pénètre par endosmose dans le tissu des racines et de là s'élève dans la tige en changeant de plus en plus de nature n'est pas encore propre à la nutrition. Elle ne devient capable de nourrir les organes qu'après avoir subi des transformations dans les feuilles où elle est amenée par les ramifications du système vasculaire qui compose les nervures de ces membranes. C'est après s'être mise en contact avec l'air atmosphérique et s'être dépouillée d\me partie de son eau que cette sève, dite ascendante, peut concourir à la formation de nouveaux produits et de nouvelles cellules qui, venant s'ajouter aux anciennes, déterminent l'accroissement en hauteur des végétaux.

Tous ces phénomènes sont soumis à l'influence de plusieurs agents, parmi lesquels on peut ranger la lumière.

A. Circulation. — Les données relatives au rôle de la lumière sur la circulation de la sève sont encore incomplètes et très peu précises. Depuis l'époque de Senebier, à qui l'on doit les premières expériences faites sur ce sujet, peu de physiologistes ont dirigé leurs recherches de ce côté ; aussi nos connaissances sur ce point sont-elles peu nombreuses.

C'est Senebier qui, le premier, observa que la sève monte avec plus de rapidité le jour que la nuit. Pour constater ce fait cet illustre savant transporta d'abord à la lumière et ensuite dans l'obscurité des plantes dont l'extrémité des tiges ou des rameaux chargés de feuilles était plongée dans une quantité déterminée d'eau contenue dans des bouteilles qui présentaient à leur partie supérieure des cols longs et étroits, afin d'empêcher toute évaporation de liquide.

En pesant les plantes après l'expérience pour se rendre compte du poids d'eau absorbée, il put reconnaître que l'absorption, qui est assez considérable pendant le jour et se ralentit singulièrement pendant la nuit, est d'autant plus active que l'intensité de la lumière est plus grande.

Quelques végétaux, comme l'areng à sucre et le marronnier d'Inde, présentent un phénomène tout opposé. Ainsi de Labillardière et Mirbel se sont convaincus, par des entailles faites à ces arbres d'embranchement tout différent, que la sève qui s'en échappe goutte à goutte est beaucoup plus abondante la nuit que le jour.

Bien que la circulation de quelques plantes semble s'activer dans l'obscurité, on peut dire que la lumière favorise cette fonction qui, comme l'a encore fait voir Senebier, dépend aussi de l'état hygrométrique de l'atmosphère et du nombre des feuilles dont la tige est munie. Il résulte, en effet, des observations de ce botaniste, que l'ascension de la sève qui, la lumière restant la même, s'effectue avec plus de rapidité dans les rameaux chargés de feuilles que dans ceux dépourvus de ces organes, se ralentit d'autant plus que l'atmosphère s'approche de son point de saturation de vapeur d'eau.

Ces derniers faits tendraient à faire supposer que l'activité de la circulation ne dépend point de l'action directe et immédiate des rayons du soleil, mais de la transpiration à laquelle elle est intimement liée, et qui considérable à la lumière se produit avec lenteur dans l'obscurité

Ainsi, comme on le voit, on n'est point encore arrivé à la solution du problème du rôle de la lumière sur la circulation. Pour posséder des notions plus exactes sur ce sujet, il serait nécessaire de rechercher quelle action peuvent exercer sur ce phénomène les différents rayons du spectre, et de tenir compte, d'un côté, de l'influence des agents extérieurs, comme l'humidité et la chaleur; de l'autre, de la transpiration qui joue un rôle immense sur l'absorption des matières situées dans le sol.

B. Transpiration. — La lumière exerce une assez grande influence sur l'exhalation aqueuse qui se produit à la surface des feuilles. Senebier et Guettard ont démontré ce fait en plaçant à l'action directe des rayons solaires et ensuite dans un endroit obscur des plantes feuillées contenues dans des ballons de verre. Ces deux physiologistes ont pu remarquer par ce moyen que la quantité d'eau évaporée est beaucoup plus considérable dans le premier cas que dans le second.

De Candolle a de plus observé qu'une feuille de papier, ou que tout autre corps opaque placé entre les plantes et les rayons lumineux, suffit pour rendre moins active la transpiration qui se produit aussi, mais avec moins d'énergie, il est vrai, à la lumière des lampes.

La lumière agit donc d'une manière favorable sur l'évaporation, puisque celte fonction se ralentit dans l'obscurité, sans toutefois devenir nulle, comme l'ont prétendu quelques physiologistes.

C'est M. Duchartre qui, par ses recherches sur la véronique frutescente, l'hortensia, a en effet démontré, contrairement à l'opinion de Triviranus et de de Candolle, qu'il s'opère à la surface des feuilles une transpiration appréciable pendant la nuit.

Bien que la lumière joue un très grand rôle sur l'exhalation aqueuse, elle n'est pas cependant le seul agent qui influe sur cette fonction remarquable. La chaleur agit aussi avec une très grande puissance sur ce phénomène. C'est pour cette raison que, lorsqu'on veut s'occuper de recherches délicates sur ce sujet, il faut vaincre de nombreuses difficultés. I1 faudrait pour arriver à des résultats positifs, faire en sorte que la température de la plante et l'humidité atmosphérique ne changent pas, et l'on pourrait atteindre ce dernier but en renfermant des plantes dans un récipient très étroit.

M. Sachs a surmonté une partie de ces obstacles dans ses expériences relatives au rôle de la lumière et de la chaleur sur la transpiration. Le procédé qu'employa ce docteur à cet effet consistait à exposer d'abord aux rayons directs du soleil, puis à la lumière diffuse, et enfin à l'obscurité, des plantes qui, végétant dans des vases de verre auprès desquels étaient suspendus des thermomètres, étaient placées sur les plateaux d'une balance, dans une chambre chauffée. Il suit des observations faites par ce physiologiste sur le Brassica oleracea que cette plante qui, abritée des rayons solaires depuis cinq heures du soir jusqu'à huit heures du matin perdit seulement 1 gr. 10 centig. d'eau à la température de 14° à 8° Réaumur, et qui, transportée à la lumière diffuse, accusa, dans l'espace d'une heure et demie, une perte de 1 gr. 66 à 4° — 3.5°, de 4 gr. 50 à 14,5° et de 7 gr. 6 à 15,2°, exhala au contraire en plein soleil et à la température de 16,6° une quantité de liquide égale à 17 grammes.

C. Sécrétions. — C'est un fait généralement admis que le défaut de lumière empêche la formation de certains sucs (latex, cire, résines, huiles essentielles, etc.) que sécrètent intérieurement un grand nombre de végétaux, comme les conifères, les crucifères, beaucoup de synanthérées et d'ombellifères.

Tout le monde sait, en effet, qu'une plante qui doit à des huiles ou à des substances analogues sa propriété aromatique perd de son parfum lorsqu'on l'expose à une obscurité trop prolongée. C'est en se fondant sur ce principe que les jardiniers rendent plus agréables au goût des plantes potagères qui, soumises à l'action de la lumière, posséderaient des sucs d'une odeur trop forte et d'une saveur trop amère, et quelquefois d'un usage dangereux. Ils couvrent, à cet effet, de terre la portion inférieure de leurs plantes. Ils leur font perdre par ce moyen la couleur verte, ils les blanchissent ; mais en même temps que ces végétaux s'étiolent, leur âcreté disparaît plus ou moins complètement.

La lumière favorise donc les sécrétions; mais comment arrive-t-elle à les former? L'explication de ce fait est très simple. La cire, les résines, etc., étant en grande partie composées de carbone et d'hydrogène, éléments qui sont le résultat de la décomposition de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau sous l'influence des rayons solaires, il est évident que ces corps, et par suite les matières résineuses qui abondent principalement dans les feuilles, l'écorce, c'est-à-dire dans les organes frappés par la lumière du soleil, ne pourront se produire si l'on met les plantes à l'abri de cet agent.

Nancy. Ad. Lemaire. (A suivre).

 

 

 

  


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