Histoire naturelle
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Généralités sur les Hydrocanthares

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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GENERALITES SUR LES HYDROCANTHARES

Comme l'indique leur nom, les insectes de cette famille sont aquatiques. Leur taille varie beaucoup suivant les espèces : les uns n'ont en effet que deux millimètres, tandis que d'autres atteignent plus de trois centimètres; la forme du corps reste toujours à très peu prés la même : elle est ovale, amincie sur les côtés, assez aplatie en dessus et plus ou moins carénée en dessous. La tête est assez grosse, arrondie et emboîtée dans le corselet; les yeux sont gros, peu saillants, les antennes filiformes, les mandibules arquées, à troncature dentelée; les mâchoires très aiguës, munies d'une dent et ciliées intérieurement. Les palpes sont au nombre de six : les maxillaires externes de quatre articles, les maxillaires internes de deux et les labiaux de trois. La lèvre supérieure ou labre est plus large que longue et ordinairement échancrée; la lèvre inférieure ou languette est légèrement élargie à son extrémité et coupée presque carrément. Le corselet a la forme d'un trapèze dont le bord antérieur emboîte la tète; on remarque souvent sur le milieu du bord postérieur une saillie dirigée en arrière et qui, assez souvent, remplace ou recouvre l'écusson ; celui-ci, quand il existe, est assez petit, demi-circulaire ou triangulaire. Les élytres fixées au mésothorax sont très dures, de la longueur du corps et ont un rebord qui diminue de largeur depuis la base jusque vers l'extrémité; ce rebord est destiné à fermer hermétiquement l'espace compris entre les élytres et le dessus du corps; il est brusquement interrompu un peu avant l'extrémité, afin de permettre au dernier anneau de l'abdomen, rétractile, de s'allonger au delà des élytres. Les ailes inférieures sont membraneuses, soutenues par d'épaisses nervures et se plient sous les précédentes. Le prosternum est terminé par une pointe aiguë qui peut jouer dans une fossette correspondante du mésosternum; celui-ci est intimement soudé avec le métasternum qui est très grand. L'abdomen est composé de segments durs et cornés qui, à l'exception du dernier, sont peu mobiles. La première paire de pâlies dirigée en avant sert uniquement à la préhension; la seconde paire sert à la préhension et quelquefois aussi à la natation; elle est un peu ciliée : les hanches de ces deux paires sont libres et mobiles dans tous les sens; les hanches postérieures sont au contraire soudées au métasternum et ont chez les uns la forme de prolongements lamelleux très développés, et chez d'autres ressemblent à de petites spatules divergentes aiguës ou arrondies. Les pattes postérieures, spécialement conformées pour la natation, sont longues, larges, comprimées, très ciliées et robustes; en outre, comme leurs hanches sont immobiles, elles ne peuvent se mouvoir que d'avant en arrière.

A l'encontre de la plupart des autres insectes, les hydrocanthares vivent jusqu'à trois ans et même plus. Une autre faculté digne de remarque, c'est qu'en hiver ils ne s'engourdissent pas, même dans les plus grands froids. On les voit en effet nager sous une épaisse couche de glace, à la recherche de bulles d'air, et s'accoupler avec autant d'empressement que dans la belle saison.

Les femelles pondent ordinairement à la fin de l'hiver ou au printemps. Les larves qui sortent des oeufs sont aussi carnassières que les adultes; elles sont allongées, presque cylindriques, renflées au milieu; la tête est grosse, armée de puissantes mandibules très aiguës et percées d'un canal par lequel s'opère le succion. Les derniers segments du corps sont de plus en plus allongés jusqu'au dernier qui se termine par deux petits appendices divergents longuement ciliés qui s'étalent sur l'eau et au milieu desquels aboutit l'orifice des canaux aériens ou trachées destinés à revivifier le sang. Ces larves se meuvent avec les pattes, qui sont assez faibles et peu ciliées, ou plutôt avec tout le corps auquel elles font éprouver des ondulations brusques; les deux appendices du dernier segment leur servent beaucoup pour cela. Quand elles sont parvenues à toute leur grosseur, elles sortent de l'eau et s'enfoncent dans la terre humide du bord ; elles s'y creusent, à quelques centimètres, une cavité à parois lisses où elles se transforment en nymphes. Celles-ci montrent toutes les parties de l'insecte parfaitement enveloppées d'une mince pellicule et rabattues contre le corps. Enfin, la pellicule se fend sur le dos et l'insecte qui en sort tout mou, se sèche, se durcit et quitte sa demeure souterraine pour retourner dans l'eau sous sa forme parfaite. Les hydrocanthares sont donc essentiellement aquatiques à l'état de larve, essentiellement terrestres à l'état de nymphe et amphibies à l'état parfait. Ils peuvent en effet sortir de l'eau pour se transporter d'une pièce d'eau dans une autre, car ils volent tous parfaitement. Quand ils veulent s'envoler, ils commencent par gonfler d'air leurs trachées; les autres insectes le font en abaissant brusquement les élytres sur le corps à plusieurs reprises; ceux dont nous nous occupons s'y prennent tout autrement : après s'être placés sur un endroit sec, ils se dressent sur les pattes antérieures et font vibrer sous les élytres et sans les déployer les ailes inférieures. Ils produisent ainsi une sorte de chant au son clair qu'on pourrait rapprocher du bourdonnement de l'abeille; ils peuvent en varier l'intensité en abaissant plus ou moins les élytres. Lorsqu'ils se sentent suffisamment gonflés, ils sautent au moyen de leurs pattes-nageoires et s'envolent. Ce vol est très bruyant chez les grandes espèces. Trouvent-ils sur leur passage un fossé ou une mare qui leur convienne, ils s'y laissent tomber et plongent rapidement au fond.

Les hydrocanthares sont très carnassiers; ils dévorent les larves de phryganes, de libellules, etc., les mouches, les salamandres, les têtards et même les grenouilles déjà grosses; les mâles s'attachent souvent aux poissons avec les pattes antérieures et leur rongent la chair tout en se laissant entraîner. Les individus d'une même espèce se battent et se mangent souvent entre eux quand ils sont privés de nourriture. Si l'on saisit ceux des grandes espèces sans précaution, ils mordent jusqu'au sang. Dans un espace restreint où il y en a un assez grand nombre, si on leur jette une proie, ils se la disputent et se livrent des combats acharnés. J'ai vu souvent dans mon aquarium jusqu'à six dytisques attachés en même temps à des épinoches de quatre ou cinq centimètres. Ces insectes sont très agiles, et grâce à la forme elliptique de leur corps et a la force de leurs pattes-nageoires, ils fendent l'eau avec facilité et rapidité. Il n'en est pas de même sur terre, leurs mouvements y sont embarrassés et ils se traînent plus qu'ils ne marchent. Les petites espèces cependant courent assez vite.

Suivant les espèces, ils habitent les mares, les fossés d'eau stagnante ou les courants d'eau vive, tels que les rivières et les rigoles des prairies. Ils aiment à se cacher sous les pierres, les détritus et les racines submergées. Lorsque le temps est froid, ils ne remuent guère que pour aller respirer; si le temps est chaud, ils sont presque toujours en mouvement; ils sortent alors souvent de l'eau pour se sécher; car bien que, dans l'eau, leur corps soit enduit d'une sorte de sécrétion visqueuse, il n'en est pas moins sujet à être atteint par certaines moisissures qui se développent de préférence à la bouche, aux articulations des membres, sur les élytres et à l'extrémité de l'abdomen. L'air dessèche ces moisissures et les détruit en partie, sinon totalement. Voilà pourquoi on voit souvent au soleil des insectes d'eau perchés sur un corps sec y demeurer plusieurs heures de suite sans s'envoler. Pour respirer, ils montent à la surface de l'eau, ordinairement sans faire de mouvements; ils sont alors dans une position oblique, la tête en bas, les nageoires relevées et l'abdomen un peu écarté des élytres ; ils montent ainsi facilement, parce que l'air qu'ils ont déjà suffit pour les rendre plus légers que l'eau. Quelquefois, à peine ont-ils touché la surface qu'ils se précipitent au fond, entraînant un globule d'air relativement assez volumineux; ordinairement ils restent quelque temps immobiles, et rapprochant brusquement l'abdomen des élytres, ils regagnent le fond de l'eau.

Évreux. Maurice Régimbart.

 

 

 

  


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