Histoire naturelle
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Variations de l'espèce dans les végétaux

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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VARIATIONS DE L'ESPECE DANS LES VÉGÉTAUX.

L'espèce en général est la réunion de tous les individus présentant les mêmes caractères. Dans le règne organique, un signe important de l'espèce, c'est que les individus qui la composent peuvent se féconder mutuellement pour donner naissance à une suite d'individus semblables, pouvant à leur tour se reproduire avec les mêmes caractères indéfiniment. Selon MM. Naudin et Decaisne, l'espèce végétale est : « La collection de tous les individus qui se ressemblent les uns aux autres autant qu'ils ressemblent à leurs parents ou à leur postérité. » Et les mêmes auteurs ont ajouté : « Les caractères essentiels de l'espèce sont moins dans la ressemblance des individus qui la composent que dans l'impossibilité où elle se trouve de pouvoir donner, par son croisement avec une autre espèce, une série d'êtres capables de se perpétuer indéfiniment au moyen de semis. » Comme on le voit, par cette définition, la culture serait le meilleur guide pour arriver à la connaissance des espèces; malheureusement ce moyen n'est praticable que pour une bien faible partie des végétaux qui couvrent la surface de notre globe.

D'après ce qui précède, si l'on compare les individus d'une même espèce croissant dans des conditions identiques d'exposition de terrain, de climat et d'altitude, on reconnaîtra entre eux la similitude la plus parfaite. Mais sous l'influence de causes nombreuses et des plus diverses, cette similitude pourra parfois singulièrement se modifier et même se détruire complètement; c'est ainsi, par exemple, que les individus croissant dans des lieux secs et arides auront leurs parties, tant aériennes que souterraines, grêles et chétives, leurs fleurs diminueront et de nombre et de grandeur, leur pubescence s'exagérera et leur odeur deviendra plus pénétrante; tandis qu'au contraire ceux croissant dans des localités présentant réunis tous les éléments les plus favorables à la végétation, tels qu'un sol fertile et profond, joint à une chaleur et une humidité suffisantes, atteindront leur maximum de développement et présenteront des caractères diamétralement opposés. Il en sera de même pour les plantes aquatiques, et l'eau étant une des conditions indispensables à leur existence, elles offriront à l'observateur des caractères bien différents, suivant la profondeur. Ainsi, le Sagittaria sagittoefolia, si commun sur le bord des mares, s'il vient à croître dans une eau profonde, présentera, au lieu de feuilles en fer de lance, de longues feuilles rubanées, caractères que quelques auteurs ont jugé suffisants pour former la variété Valisneriifolia (G. et G.). Le Scirpus lacustris, le Ranunculus aquatilis présenteraient des modifications analogues non moins intéressantes. Si à ces différentes causes viennent encore se joindre les influences de climat et d'altitude, on atteindra le maximum de variations que puisse subir l'espèce. La plante des plaines tempérées, transportée sur de hauts sommets, diminue de grandeur au point que souvent ses tiges et ses feuilles excèdent à peine un décimètre; ses racines, au contraire, pénètrent dans le sol ou les fissures des rochers, à une profondeur considérable; ses fleurs augmentent comme grandeur et revêtent un coloris plus intense. Par contre, la plante des montagnes, croissant sur la limite des neiges éternelles, transportée dans les plaines, présente des modifications radicalement inverses.

Enfin, la culture n'est pas sans apporter son contingent de variations dans les caractères spécifiques d'un végétal; variations qui, peu profondes dans les végétaux indigènes soumis à son influence, peuvent dans les végétaux exotiques, surtout si on les multiplie au moyen de semis répétés, porter sur la presque totalité des caractères, et ces modifications venant dans quelques cas à se fixer, produire ce qu'on est convenu d'appeler races ou variétés. Les plantes ornementales, les arbres fruitiers, les céréales, etc., en offrent de nombreux exemples. Il faut donc reconnaître que plus on apporte de troubles dans les conditions naturelles d'existence d'un végétal, plus il s'éloigne de son type primitif.

Félix Chassagnieux,
Membre des Sociétés physiophile et botanique de Lyon.

 

 

 

 

  


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