Histoire naturelle
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Histologie végétale

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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HISTOLOGIE VEGETALE.

Dans ces courtes études d'histologie végétale, mon but n'est point de suivre une marche régulière et méthodique. Ce serait là le propre d'un cours, et ce n'est pas un cours que j'ai la prétention de faire. Mais il est dans l'histoire histologique des plantes des points obscurs laissés de côté par la plupart des micrographes, et qui cependant méritent d'être étudiés; ce sont ces points que je m'attacherai à éclaircir, aidé des meilleurs mémoires des savants modernes, et contrôlé par le microscope.

Jusqu'à présent, soit à cause de l'indifférence des naturalistes, soit plutôt à cause de l'imperfection des microscopes et autres instruments d'observations, les études micrographiques avaient été quelque peu éloignées du domaine de la science ordinaire, et on n'y avait eu recours qu'incidemment et comme à regret. Aujourd'hui, une réaction se produit dans tout le monde scientifique en faveur des études micrographiques; et guidés par les Allemands, il faut bien le reconnaître, des savants français ont marché hardiment dans le chemin nouveau et ont conquis à la science de véritables domaines. Des noms illustres s'attachent à la nouvelle méthode d'études, et au premier rang celui de Robin, qui nous a donné le Traité d"histologie végétale le meilleur et le plus complet.

Je demande pardon au lecteur de ces quelques détails historiques qui me serviront d'exorde et de préface.

Aujourd'hui, pour aborder immédiatement le sujet qui doit nous occuper, j'étudierai la structure histologique d'une tige de fougère. Cette étude est intéressante, en ce sens que d'abord elle fait connaître un type de plantes acotylédones nombreuses et importantes, et ensuite qu'elle éclaircit un point qui est longtemps resté dans l'ombre et qui a fourni le sujet de nombreuses polémiques entre Français et Allemands : Rencontre- t-on oui ou non, dans les tiges de fougères, des trachées déroulables? Disons tout d'abord que l'étude microscopique constate leur présence et ne laisse à ce sujet aucun doute

On sait que toute tige, qu'elle appartienne à une plante dicotylédone, monocotylédone ou acotylédone, se compose histologiquement de deux éléments principaux, j'allais dire primordiaux, ce qui serait une erreur. Ces éléments sont la moelle et le faisceau fibro-vasculaire. Je ne comprends pas ici l'écorce, qui participe à la fois de ces deux éléments ou plutôt de ces deux systèmes. La variable disposition de ces différentes parties caractérise d'une manière générale les tiges des trois types de végétaux.

Chez les dicotylédones, moelle plus ou moins développée, avec rayons médullaires divisés en primaires et en secondaires, faisceaux fibro-vasculaires régulièrement disposés autour de la moelle et séparés par les rayons médullaires.

Chez les monocotylédones, moelle peu ou point développée, plus de rayons médullaires proprement dits, faisceaux fibro-vasculaires irrégulièrement disséminés.

Chez les acotylédones enfin, deux sortes de tiges parfaitement distinctes et caractérisant du reste deux subdivisions importantes : les tiges cellulaires et les tiges vasculaires. C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les tiges de fougères.

Chez celles-ci, la moelle est surabondamment développée, et nous verrons bientôt qu'il est possible de distinguer aussi des sortes de rayons médullaires. Le faisceau fîbro-vasculaire qui, chez les dicotylédones et la plupart des monocotylédones, constitue l'élément principal de la tige, est ici peu développé et affecte les formes les plus bizarres et les plus variées (Pteris aquilina). Il est composé essentiellement par deux lames noirâtres singulièrement contournées, qui forment les limites du faisceau proprement dit, et entre les lames, par des fibres et des vaisseaux particuliers. Les lames sont formées de cellules allongées, épaisses, brunes, fortement serrées les unes contre les autres et formant une sorte de prosenchyme. Le faisceau fîbro-vasculaire est remarquable surtout à cause des vaisseaux qui le constituent presque exclusivement. Ce sont des vaisseaux rayés et plus spécialement des vaisseaux prismatiques scalariformes caractéristiques. J'ai dit que l'on y trouvait aussi des trachées déroulables. Ce genre particulier de vaisseaux se trouve surtout chez les jeunes fougères (Blechnum brasiliense, Aspidium) à la partie la plus extérieure du faisceau, où les trachées sont comme acculées aux parois internes des lames. Ces vaisseaux sont généralement composés de plusieurs fils spirales, et sont par conséquent analogues à ceux que l'on rencontre en grande quantité dans les feuilles de Nepenthes et de bananier.

Les faisceaux fibro-vasculaires, limités par les lames, peuvent être soudés entre eux, de telle sorte qu'à la coupe horizontale de la tige ils figurent un anneau, ou bien nettement séparés, ils laissent entre eux un espace plus ou moins considérable rempli par les cellules médullaires et que je considère comme une sorte de rayon médullaire.

On a voulu baser sur ces diverses délimitations des faisceaux fibro-vasculaires une classification des fougères, mais il a été bientôt reconnu que celle-ci était impossible, les faisceaux fibro-vasculaires ne conservant point entre eux les mêmes rapports aux différentes hauteurs de la tige.

On ne trouve dans les liges de fougères, ou du moins on n'a encore trouvé ni cellules libériennes, ni cellules grillagées (élément découvert dans les liges de dicotylédones, et notamment dans la vigne), ni cellules ligneuses véritables.

L'écorce des fougères est noirâtre, formée histologiquement des deux assises cellulaires : l'une formée de cellules proprement dites, et une autre plus interne, constituée par des cellules allongées, rappelant bien qu'imparfaitement les fibres libériennes.

En outre de l'épiderme qui recouvre la tige tout entière des fougères, on rencontre encore et surtout à sa base des cicatrices laissées par le pétiole des feuilles qui sont tombées, cicatrices très importantes en botanique fossile pour la détermination de genres et d'espèces.

Gabriel Roux. Société physiophile de Lyon.

 

 

 

  


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