Histoire naturelle
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Lamarck

Documents anciens d'histoire naturelle
tiré de "Feuille des jeunes naturalistes" 1870-1914
attention de nombreuses informations peuvent ne plus être d'actualité
 

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LAMARCK.

La pensée de Humboldt : « Celui-là seul travaille au riche tapis de l'humanité qui, plein d'énergie et de force intérieure, s'élève librement, » trouve son application dans la vie de ce modeste savant. Comme Linné et tant d'autres naturalistes, il eut à lutter contre les plus grands obstacles; comme eux aussi, il sut en triompher, grâce à son énergie et à son amour persévérant du travail.

Jean-Bapliste-Pierre-Antoine de Monet, chevalier de Lamarck, naquit le 1er août 1744, à Bargentin (Somme), d'une famille noble, mais peu aisée. Destiné d'abord malgré lui au sacerdoce, il entra, après la mort de son père, dans la carrière des armes, et fut nommé officier sur le champ de bataille de Willingshausen (guerre de Sept ans, 1761). Envoyé en garnison à Monaco, il éprouva un accident qui le força de venir à Paris pour s'y faire soigner. Pendant sa maladie, il prit goût à l'histoire naturelle, et c'est en 1769 qu'il embrassa la médecine. Il l'étudia pendant quatre ans au milieu des difficultés les plus grandes; puis il se rejeta sur la botanique. Il travailla sans relâche pendant dix ans, et publia, en 1779, son premier ouvrage : Flore française. Ce livre, patronné par Buffon et Daubenton, eut un grand succès. Lamarck essaya de concilier dans son système la méthode de Linné et celle plus rationnelle de Tournefort, de B. de Jussieu, etc. Les avantages de sa méthode dichotomique furent tout matériels; mais elle contribua beaucoup à populariser l'histoire naturelle. De retour d'un voyage scientifique qu'il fit de 1781 à 1782 dans le nord et l'est de l'Europe, avec le fils de Buffon, Lamarck, nommé adjoint de Daubenton à la garde des collections du Jardin-Royal, ne songeait qu'à continuer tranquillement ses études de botanique; mais le jardin fut, par décret de la Convention, rendu sur la proposition de Lamarck, transformé en Muséum d'Histoire naturelle; malgré ses nombreux mérites, Lamarck ne put obtenir que la dernière chaire, qui comprenait l'étude des animaux connus alors sous les noms vagues d'Insectes et de Vers. A l'âge de 50 ans, il fut obligé d'étudier à fond une matière qui lui était tout à fait étrangère. Grâce à d'héroïques efforts et à son génie, digne d'un sort meilleur, il fit si bien qu'il put donner, comme fruit de ses travaux, le Système des animaux sans vertèbres (1801). Dans ce bel ouvrage et dans l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, Lamarck renverse le système de Linné, divise tout ce rebut insignifiant en douze classes et montre combien l'histoire de ces petits animaux est intéressante et utile. Les coquilles et les polypiers furent l'objet de nombreuses observations de sa part; il étudia même les coquilles fossiles. Sa classification des animaux est basée sur les rapports naturels de forme, de structure, de proportions, etc. C'est lui qui introduisit dans la science la distinction des animaux en vertébrés et invertébrés. Enfin, il devança même Cuvier dans des idées de coordination qui naissaient instinctivement dans son esprit. Après ces trois grands ouvrages, le plus important est sa Philosophie zoologique, qui renferme les idées de Lamarck sur les plus hautes questions de physiologie, et qui contient, outre de nombreuses erreurs, des vues très importantes et très élevées.

Nous ne parlerons pas de ses travaux de physique, de météorologie et de chimie, qui annoncent un génie audacieux, mais qui renferment aussi des conceptions trop hardies, et malheureusement dénuées de fondement solide. Lamarck s'occupa aussi de philosophie; il publia même un ouvrage en ce genre : Système analytique des connaissances positives de l'homme (1820.)

La fin de la vie de Lamarck fut malheureuse. Il devint aveugle et ne put continuer ses études qu'avec le secours de sa fille, à laquelle Cuvier (1) a rendu un magnifique et juste éloge. Il supporta l'adversité sans faiblir, et mourut enfin le 18 décembre 1829. Son nom restera comme celui du savant malheureux, trop modeste pour s'élever lui-même, mais auquel le culte désintéressé de la science procura les plus nobles jouissances. Puisse son exemple exciter la jeunesse à l'amour persévérant du travail, au dévouement désintéressé à la science!

Mulhouse. A. COURVOISIER.
 

(1) Éloge de Lamarck.

 

 

 

  


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