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Crapaud commun
Chanson des crapauds

 

 

Crapaud commun
Chanson des crapauds

crapaud n. m. (anc. fr. crape «ordure», de escraper «nettoyer en raclant»).(éviter crapau ! crapaux !)
Nom vernaculaire* d'un grand nombre d'Amphibiens appartenant à divers sous-ordres d'Anoures.

Crapaud commun (Bufo bufo spinosus)
Très trapu, jusqu'à 15 cm pour la femelle. Activité crépusculaire, se nourrit d'insectes. Sa peau renferme des glandes muqueuses qui sécrètent des substances (bufaline et bufoténine) dont l'action sur le cœur et le système nerveux des autres animaux est paralysante. Hiberne d'octobre à mars. Chassé par la couleuvre à collier. Fréquente tous les milieux humides, jusqu'à plus de 2000 en Vésubie. Commun dans le Parc du Mercantour. Protégé sur toute la France.

Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans)
crapaudNe dépasse pas 5 cm. Recouvert de "verrues". Gris brunâtre. Crépusculaire. S'occupe des oeufs jusqu'à la sortie des têtards. Ils les enroule autour de ses jambes arrières et les humecte régulièrement. Jusqu'à 1700 m dans le Mercantour, près des lacs. Protégé sur toute la France.



Oeufs dans la végétation
Les oeufs des Crapauds Communs sont facilement reconnaissables par rapport à ceux des grenouilles. En effet, les grenouilles font un amas d'œufs alors que la ponte du crapaud est un long filet d'œufs



Crapaud mâle dans les feuilles mortes
Ne sachant pas sauter, le Crapaud Commun ne sait que marcher, et encore à faible allure

NOTES SUR LE CRAPAUD (Bufo vulgaris).
D'après "Feuille des jeunes naturalistes" 1870

I. Dégoût qu'il inspire. — Son venin.

Cet animal, jeu bizarre de la nature, qui semble un produit de l'humidité et de la pourriture, comme l'appelle le continuateur de Buffon, Lacépède, est un exemple frappant de la disposition des hommes à juger de l'intérieur d'après l'extérieur. Le crapaud n'est certes pas un idéal de beauté ; on ne peut retenir un mouvement involontaire de dégoût quand, sous quelque grosse pierre, sous quelque planche, dans un lieu sombre et humide, paradis de la moisissure, on aperçoit tout à coup une bête informe, à la peau visqueuse et couverte de verrues, aux yeux ronds et brillants, qui s'éloigne lentement par des sauts paresseux, pour fuir la lumière importune. Je comprends parfaitement la répugnance instinctive qu'inspire ce laid ténébreux, répugnance que partagent presque tous les hommes, et que nous retrouvons à toutes les époques.

D'ailleurs, le dégoût et même la crainte que le crapaud inspire à la plupart des hommes ne prend pas sa source seulement dans sa laideur. Si l'on essaye d'en saisir un, il tendra sa peau comme un tambour, grâce à son peu d'adhésion aux muscles, et protégé ainsi par une enveloppe élastique d'air, il résistera parfaitement aux coups de bâton ou aux pierres avec lesquelles on voudra l'assommer. Si maintenant on veut en prendre un dans la main, il se défendra au moyen de son urine, et aussi en faisant suinter de glandes et de pustules placées sur le dos et le cou une liqueur laiteuse et acre qui, sans être un poison véritable, peut produire une irritation de la peau. C'est cette humeur visqueuse qui a donné naissance à tous les contes dans lesquels le crapaud passe pour un animal presque uniquement composé de poison.

Ce venin du crapaud a été l'objet d'études sérieuses de la part d'un grand nombre de naturalistes, et la plupart sont arrivés à la conclusion suivante : le crapaud ne peut empoisonner sa victime en la piquanl, en la mordant, en crachant, en soufflant sur elle, ou en la regardant, toutes choses qui ont été assurées autrefois ; mais l'humeur acre, jaunâtre, lactescente, d'une odeur fétide, qu'il sécrète quand on le touche et surtout quand on le saupoudre de sel. produit sur la main une brûlure et même des éruptions. Gratiolet et Cloëz en ont inoculé à des oiseaux, qui après avoir chancelé pendant quelques minutes fermaient les yeux et mouraient sans convulsion. Deux milligrammes de cette humeur préalablement desséchée, puis introduite dans la circulation d'un verdier, l'ont tué en un quart d'heure. Vulpian a trouvé que le venin du crapaud commun (B. vulgaris) et celui du crapaud des joncs (B. calamita), introduits sous la peau des mammifères, tels que le cochon d'Inde, le chien, le bouc, les faisaient mourir en moins d'une heure. Ce fluide, paraît-il, agit en arrêtant les mouvements du coeur. Le sable même, imprégné de cette humeur, fait mourir les oiseaux quand on en introduit dans leur cage (Lenz). Fallas et d'autres observateurs parlent de chiens qui seraient morts pour avoir pris des crapauds dans la gueule, ce qui confirmerait les observations de Vulpian. Cependant d'autres animaux, tels que les canards et les buses, les mangent, sans éprouver le moindre inconvénient d'une pareille nourriture. White (Natural History of Selborne) parle d'un charlatan qui mangea un crapaud pour étonner les paysans; après quoi il but de l'huile. Du reste, certaines nations mangent cet animal. Reichenbach croit que lorsque le crapaud s'est nourri d'insectes dont les sucs sont acres (carabus? vésicants?), son venin en acquiert plus de force et d'âcreté.

II. Usage qu'on en faisait autrefois.

Nous avons vu que le crapaud, sans être à proprement parler un animal venimeux, produit une humeur irritante. Nous arrivons maintenant à une page curieuse de l'histoire naturelle d'autrefois : les nombreux emplois du crapaud en médecine et en sorcellerie dans les siècles passés. Il serait impossible de reproduire ici toutes les fables qu'on a débitées, autrefois surtout, sur ce malheureux batracien. Les calomnies odieuses dont il a été l'objet, les histoires merveilleuses dont il a été le héros, les propriétés médicinales (supposées) qui l'ont fait rechercher par les alchimistes, rempliraient des volumes entiers. Plusieurs de ces faits sont si curieux, si étonnants, si absurdes parfois, que je ne puis m'empêcher d'en citer quelques-uns. Ils serviront à illustrer la science de nos pères, cette science mystérieuse, objet d'effroi et de superstition pour les populations. En apercevant un crapaud, on est frappé de son aspect étrange et même hideux; il n'est donc pas étonnant que les alchimistes et les ancêtres de nos médecins aient donné une place si considérable au pauvre Bufo dans leurs opérations magico-médicinales et dans leurs expériences singulières. En effet, nous le voyons au premier rang, avec l'oiseau des ténèbres et la chauve-souris, parmi les animaux infortunés que martyrisaient les alchimistes ; car, dans ces sombres laboratoires où la lumière du jour ne pénétrait jamais, les pauvres animaux, doués pour leur malheur d'une physionomie étrange, subissaient un martyre dont les opérations déjà assez cruelles, que les physiologistes actuels font subir a leurs victimes, ne sauraient donner une idée. Jugez-en par quelques exemples :

« Bufo, Physalus, Rubeta(1), en français crapaud, est une espèce de grenouille terrestre grosse environ comme le poing, laide, hideuse, effroyable, couverte d'une peau dure grise, brune, parsemée de taches qui semblent autant de pustules ; sa tête est grosse, son dos est large, son ventre est enflé et ample; il habite les lieux humides, sombres, cachés, puants; il mange de l'herbe et des vers. On prétend que les herbes qu'il a touchées ou qu'il a humectées de sa bave soient empoisonnées. . . Il ne faut non plus craindre qu'il soit resté du venin dans le crapaud mort, que dans la vipère morte, mortua bestia, mortuum est venenum. On trouve dans les marais des crapauds aquatiques, mais ils n'ont pas tant de vertu que les crapauds terrestres, à cause qu'ils ne contiennent pas tant de sel volatil.. . On trouve quelquefois dans la tête des plus gros et plus vieux crapauds une petite pierre blanche ou d'autre couleur qu'on appelle ordinairement crapaudine ou pierre de crapaud : on l'enchâsse dans les bagues et on la porte au doigt, croyant qu'elle ait une grande vertu pour résister à la malignité des humeurs. . .; mais je n'ai guère d'estime pour les amulettes. . . » (Dictionnaire des drogues simples, par Nicolas Lemery, docteur-médecin, 1727). Titre oblige, et M. Lemery, de l'Académie des sciences, n'ose déjà plus mettre dans son dictionnaire les absurdités répandues à foison par ses prédécesseurs Cependant les couleurs sous lesquelles il peint le crapaud ne sont guère aimables, quoique le portrait ne manque pas de vérité. D'autre part, il y a encore bien des erreurs grossières, mais ce n'est rien en comparaison des écrits effroyables d'autres auteurs plus anciens, et même plus modernes. Voici, par exemple quelques extraits d'un Dictionnaire botanique et pharmaceutique de 1 790 (!) dont l'auteur garde l'anonyme. C'est qu'il n'est sans doute pas de l'Académie des sciences... : « On perce au mois de juillet des crapauds par la tête ou par le cou avec un bâton pointu, puis on les laisse sécher à l'air pour l'usage tant interne qu'externe. ..Il arrête immanquablement l'hémorragie du nez, si on l'applique derrière les oreilles, si on le tient serré dans la main jusqu'à ce qu'il s'échauffe, ou si on le pend au cou des malades. — La poudre de crapaud se fait par la trituration simple de l'animal desséché ; mais les crapauds calcinés sont meilleurs. Faites bouillir 3 ou 4 crapauds jetés vifs, pendant une heure, dans une livre et demie d'huile d'olive ; coulez l'huile et la gardez pour ôter les taches du visage. »

Voici maintenant une troisième recette. Libre au lecteur de l'essayer... s'il y croit :

« Pour empêcher que les oyseaux ne gâtent les semailles en mangeant le grain. Il faut avoir le plus gros crapaut que l'on pourra trouver, et on le fermera dans un pot de terre neuf avec une chauve-souris, et l'on écrira en dedans du couvercle du pot ce mot : Achizech, avec du sang de corbeau, et l'on enterrera ce pot dans le milieu du champ ensemencé, et ne faut pas craindre que les oyseaux en approchent : quand les grains commenceront à meurir, il faut ôter ce pot et le jeter loin du champ dans quelque voirie » (Secrets concernant les arts et métiers. Nancy, 1724).

Surtout, ami lecteur, si vous employez la recette, n'oubliez pas Achizech.

Celle-ci est plus ancienne encore, et vient d'Angleterre :

« On ne peut se procurer la pierre précieuse qui se trouve dans la tête du crapaud par la dissection de l'animal; il faut l'obliger a la rejeter de lui-même. Mais l'art consiste dans la façon de la faire rejeter, car il faut que l'animal soit en vie. Pour cela on met les crapauds sur un morceau de drap écarlate, qui leur plaît beaucoup, et sur lequel ils s'étendent tout de leur long, comme pour jouer; ils rejettent alors la pierre précieuse, mais ils l'avalent immédiatement, Si l'on ne parvient à la leur enlever par ruse ; et pour cela, il doit y avoir un trou dans le drap, pour que la pierre tombe dans un vase d'eau froide, où le crapaud n'ose pas la suivre... On fait l'épreuve de cette pierre en l'approchant d'un crapaud vivant : s'il tourne la tête vers elle, elle est bonne. »

Voici maintenant l'emploi que les médecins de cette époque faisaient de l'animal lui-même : «Le duc de Saxe, Frédéric, portait toujours sur lui un crapaud embroché dans un morceau de bois et entouré de toile. Lorsqu'il rencontrait quelqu'un qui saignait du nez, il lui faisait tenir le crapaud dans sa main jusqu'à ce qu'il eût acquis une certaine chaleur ; le sang cessait alors de couler. La seule explication que les médecins aient jamais pu donner de ce phénomène, c'est que l'horreur et la crainte obligeaient le sang à refluer à sa propre place, par crainte d'un animal aussi contraire à la nature humaine ! »

Que dites-vous encore de ceci ? Quiconque touche une feuille d'un arbre prés duquel un crapaud a habité est pris de crampes violentes. Cela tient au foie, qui est de nature extrêmement mauvaise ; heureusement que le crapaud en a un second qui fait office d'antidote. On se servait aussi, contre le venin de crapaud, d'une recette que je traduirai en entier, parce qu'elle montre les idées des anciens médecins sur les remèdes d'autant plus énergiques qu'ils étaient plus compliqués : « Prenez du plantain, de l'ellébore noire, des crabes réduits en poudre, du sang de la tortue de mer mélangé à du vin, des morceaux de langue de chien, la corne droite pulvérisée d'un cerf, du cumin, de la quintessence de mélasse et l'huile d'un scorpion. Mêlez et prenez ad libitum »

(1) De rubus, ronce, parce que le crapaud se trouve souvent sous cette plante. On trouve déjà ce nom dans Pline.

III. Superstitions modernes.

Nous avons vu des remèdes absurdes vantés encore il y a moins d'un siècle par un inconnu, il est vrai; mais comment s'en étonner quand Linné lui-même, le fondateur de l'histoire naturelle, laisse dans sa matière médicale des remèdes plus étranges encore ? .Mais ce sont là d'anciennes superstitions, dira-t-on, et aujourd'hui toute trace en a disparu. Pas tout à fait. — Le crapaud, si on ne l'emploie plus contre la peste, n'en a pas moins conservé sa réputation d'animal venimeux, et non seulement les paysans, mais encore les gens qui devraient savoir à quoi s'en tenir sur toutes les fables absurdes débitées sur des animaux que nous voyons tous les jours, ne peuvent voir un crapaud sans pousser les hauts cris et sans trembler qu'il ne saute sur eux. M. Wood, dans ses Common Objects of the Country, raconte d'une façon bien plaisante une promenade qu'il fil dans la forêt de Meudon, où il eut à défendre un infortuné crapaud contre les attaques des Français qui l'accompagnaient. Je regrette que ma place limitée m'interdise de reproduire celle petite histoire m extenso; je dirai seulement que d'après le naturaliste anglais, on croit en France aux dents qui poussent au crapaud lorsqu'il atteint l'âge de 50 ans. Quelqu'un, dit M. Wood, m'avait promis de m'en montrer une qu'il conservait chez lui dans une boîte, mais jamais je ne pus parvenir à la voir. Il est certain que si M. Wood a peut-être cru trop générales en France les superstitions concernant cet animal, elles existent parfaitement, et cela dans toutes les classes de la société. Il n'est donc pas superflu de répéter que le venin du crapaud, puisque venin il y a, est bien peu nuisible, et qu'on en est quitte pour un peu d'enflure.

Citer les idées populaires concernant le crapaud serait long et ennuyeux : prenons au hasard un ou deux exemples. M. Bétous m'écrit que, d'après les paysans des Landes, le crapaud et la taupe firent un jour un échange : le premier céda sa queue à la taupe, qui en retour lui donna ses yeux. Quand un paysan rencontre un crapaud, il s'empresse de le tuer, car s'il ne l'achevait pas, le crapaud viendrait l'étrangler pendant son sommeil. — Le naturaliste suisse Tschudi a entendu des personnes raconter de bonne foi avoir vu des crapauds grands comme une assiette, mais il doute avec raison de l'exactitude du fait. Dans la Suisse française, on croit assez communément à une haine mortelle entre le crapaud et l'araignée, et plus d'une personne prétend avoir vu le batracien mourir des morsures de son petit adversaire. Inutile d'observer que c'est là une fable, car si ces deux animaux ont quelque rapport l'un avec l'autre, c'est que l'araignée sert de nourriture au crapaud.

Nous arrivons maintenant à un fait des plus curieux, d'abord regardé comme une fable absurde, mais qui semble aujourd'hui, après de longues discussions et de nombreuses expériences, concorder presque entièrement avec la réalité. Bien souvent des ouvriers ont raconté avoir trouvé un crapaud vivant enfermé dans un bloc de pierre ou dans un tronc d'arbre; mais la plupart des naturalistes, jugeant du vrai d'après le vraisemblable, n'avaient presque pas fait attention à ce qu'ils regardaient comme une fable, ou comme quelques faits isolés et mal observés. Cependant les observations se multiplièrent peu à peu, et un examen plus approfondi, fait par de grandes autorités en matière d'histoire naturelle, changea la face de la question. Voici à peu prés les résultats auxquels on est arrivé aujourd'hui : on peut diviser les localités où l'on prétend avoir trouvé des crapauds ermites en deux groupes : celles qui ont toutes les apparences de la réalité, et celles qui sont très probablement le produit, soit d'une imagination un peu vive, soit d'un désir de mystification, soit d'observations incomplètes. Parmi les premières nous rangerons les morceaux de bois, les blocs de plâtre, etc.; parmi les secondes, le coeur des arbres, les pierres extraites du fond des carrières, la houille, les géodes. Voici comment on explique les faits de la première catégorie : la vie est peu active chez le crapaud, et, conséquence habituelle, elle est très tenace. Son action peut beaucoup diminuer dans l'hibernation, sans être entièrement détruite. On suppose que dans un tronc d'arbre creux par exemple, le crapaud, à un moment où sa taille le lui permettait encore, se sera glissé par une fente restée inaperçue ou bouchée depuis, et aura vécu là, pendant des mois, des années même, dans un état de torpeur où le contact d'un peu d'air sur la peau suffisait pour prolonger son existence. Il en est de même pour les blocs de plâtre; ce corps est poreux, et c'est l'air qui pénètre par les pores qui empêche le crapaud de mourir et de se dessécher. Ce fait a été prouvé en 1817 par M. Milne-Edwards, qui mit des blocs de plâtre contenant des crapauds vivants sous l'eau; au bout de quelque temps, l'air ne se renouvelant plus dans la cavité, le crapaud fut trouvé mort. Un naturaliste anglais, le Dr Buckland, fit une série d'expériences qui semblent à première vue prouver le contraire. En effet, dans les blocs artificiels destinés à imiter aussi fidèlement que possible ceux dans lesquels avaient été trouvés des crapauds, ceux-ci furent trouvés desséchés au bout de peu de mois; mais de ces expériences il faut conclure simplement que les conditions n'étaient pas les mêmes; on aurait dû prendre des animaux très jeunes, sur le point d'entrer dans leur engourdissement d'hiver, et laisser d'abord une ouverture qu'on aurait rétrécie peu à peu. Quant à trouver des crapauds renfermés dans un creux ayant exactement la forme de leur corps, au fond d'une carrière ou d'une mine, ce qui supposerait que la pierre se serait formée autour de l'animal, cela est évidemment impossible. Le crapaud peut vivre fort longtemps, cinquante ans et plus peut-être, mais non des milliers d'années. Ce qu'il est plus raisonnable de supposer, c'est encore que l'animal sera entré par quelque fente, quelque crevasse, qui aura échappé à l'observation. Ces faits-là, d'ailleurs, sont presque toujours dénaturés par les observateurs, sans qu'ils s'en doutent; les ouvriers stupéfaits de voir sortir un animal vivant du sein de la terre, crient au miracle sans se donner la peine d'approfondir ce mystère.

IV. Les pluies de Crapauds.

Il y a encore certains faits qui ont fortement intrigué le monde : ce sont les pluies de crapauds. Souvent on voit le sol jonché, après un orage, de quantités innombrables de petits crapauds; certaines personnes ont prétendu même en avoir vu tomber sur leurs maisons ou sur elles-mêmes. Nous retrouvons encore ici le fabuleux mêlé à la vérité : après la pluie, les jeunes crapauds, métamorphosés depuis peu, quittent en foule les mares qu'ils ont habitées jusque-là, pour aller se choisir un domicile sur la terre ferme. Quant aux personnes qui prétendent avoir vu, de leurs propres yeux vu, des pluies de crapauds, ou bien elles veulent nous mystifier, ou bien elles ont été induites en erreur par le désir de trouver une explication à celle abondance subite de crapauds jonchant la terre; une troisième explication possible, si elle ne semble pas très probable, c'est celle d'une trombe enlevant ces animaux de leurs marais, et les faisant retomber par terre, loin de toute eau.

Je suis obligé de renvoyer ceux de mes lecteurs qui voudraient connaître avec plus de détails les faits dont j'ai parlé, aux Animaux à métamorphoses, de M. Victor Meunier, ouvrage intéressant, mais dont j'ai eu, malheureusement connaissance trop tard pour pouvoir en faire usage ici. On y trouvera une foule de faits sur les crapauds ermites et les pluies de crapauds; quant aux conclusions, que chacun les tire pour lui-même.

J'aurais à dire quelques mots d'un fait singulier, observé récemment, et communiqué, il y a quelques mois, à l'Académie des sciences; mais je n'ai pu encore réunir les matériaux nécessaires, et je me vois forcé de passer outre, en le réservant pour une autre fois.

V. — Utilité du Crapaud.

Il nous reste une question importante à traiter. Doit-on détruire le crapaud comme un animal venimeux, doit-on le protéger comme un animal utile? Venimeux, il ne l'est pas, à proprement parler; utile, il l'est très certainement. Mais d'abord, je vais vous étonner en vous disant que cette triste bête est d'un caractère doux et obéissant; elle est très facile à apprivoiser, et apprend en peu de temps à reconnaître son protecteur et à obéir à son appel. M. Bell possédait un crapaud qui avait coutume de venir s'asseoir sur sa main.

Outre les animaux domestiques, l'homme possède encore de nombreux et précieux auxiliaires, dont trop souvent il récompense les immenses services par une injuste persécution. Le crapaud est un de ces animaux méconnus. Proposez à un de nos jardiniers de le délivrer de cette race terrible des limaces, des chenilles, des insectes phytophages, qui rongent ses légumes, ses fleurs, qui le poursuivent sans lui laisser ni trêve ni repos; il vous regardera d'un air incrédule. Et cependant le miracle est possible, au moins jusqu'à un certain point; et le sauveur des choux et des roses, ce sera encore le crapaud. Promenez-vous dans un champ de luzerne, par une soirée de mai, et donnez-y quelques coups de filets. Vous serez étonnés de la quantité de limaces qui se trouveront dans le sac, avec une foule de coléoptères. C'est que la nuit est surtout le moment de la destruction. Mais c'est alors aussi que Bufo sort de sa sombre retraite, et je vous assure que tout paresseux qu'il semble, il n'y va pas de main morte. Sa langue, qui est conformée d'une façon particulière, est lancée avec la vitesse de l'éclair sur la victime; puis elle rentre dans la bouche, portant l'insecte qui y adhère. Et ce manège-là continue toute la nuit, car le crapaud est un vorace animal, et il a beaucoup à faire à vider le jardin des limaces, des larves, des vers, des insectes qui y pullulent. Les jardiniers anglais, et même ceux des environs de Paris, plus sages en cela que les nôtres, ont compris l'utilité du crapaud, et aux alentours de Londres et de Paris on en fait un petit commerce, dans le seul but de protéger les cultures maraîchères contre les ravages des ennemis de l'agriculture.

Les entomologistes (ces gens là ne reculent devant rien) ont profilé de la voracité du crapaud pour en faire un auxiliaire bien involontaire. Ils tuent ces animaux et les ouvrent; l'estomac est rempli d'insectes souvent en parfaite conservation, parfois même encore vivants, et très rares. Mais c'est là un moyen qu'il ne faut pas employer systématiquement; c'est détruire un précieux auxiliaire de l'agriculture, et en même temps tuer sans utilité un animal qui souffre bien plus que les insectes.

Je ne sais s'il est vrai que l'on fasse quelquefois manger aux amateurs de cuisses de grenouilles des cuisses de crapauds; je l'ai entendu dire de différents côtés, et M. Meunier l'affirme positivement; cela n'a, du reste, rien d'impossible. A ce propos, je hasarderai un mot on faveur des grenouilles. On les pêche à la ligne, et souvent, séance tenante, sans les tuer, on leur tranche la partie postérieure du corps, puis on les laisse où elles sont tombées, en s'imaginant que les pattes repousseront. Il n'en est rien, naturellement, et les pauvres batraciens ont à subir une lente et affreuse agonie, qui dure des heures, des jours même, avant d'amener la mort.

E. DOLLFUS.

Crapaud commun
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